05.02.2009
Vide.
Le mercenaire, de la cime d'un pin, vit au loin un pont branlant. Ses pensées convergèrent toutes alors, vers une peur croissante du vide. Que faire dans telle situation, quand la cible est au-delà de l'étendue de notre témérité ?
- Je ne peux franchir ce pont. Qu'arrivera-t-il si je tombe ? La peur du vide n'est point non-commune. D'autres l'ont franchis avant moi, d'autres le franchiront plus tard, que faire ?
L'esprit troublé, la peur aux semelles, il descendit de son arbre et se présenta devant le pont. Là, il s'agenouilla, ferma les yeux, et se prit d'une violente réflexion.
- Puis-je le faire ? Ou pas ? Suis-je assez fort ? Ais-je vaincu assez d'ennemis pour que les dieux m'autorisent à franchir ce pont dangereux ?
Méditant sur la question, il faisait les cent pas, fixant intensément le pont, ne se décidant pas à le franchir. Il ne savait quoi faire, se rongeait les sangs, l'anxiosité le gagnant, ses mains suintantes.
Soudain tomba la pluie, qui en s'écrasant à l'entité terrestre, rendit les planches du pont si glissantes que les clous ne savaient plus tenir les pans de bois communément. Il en advint que sous la force du vent et les caprices du ciel, de nombreux fragments s'en détachèrent, rendant alors la tâche du mercenaire bien plus ardue qu'il ne semblait au départ. Las et fatigué, lui sortit son épée, cracha sur la lame et l'essuya, utilisant salement sa tunique. Puis il se retourna, cracha à nouveau au sol. Découragé, mais néanmoins, apaisé, remerciant les dieux pour le cadeau qu'ils lui avaient fait.
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