12.02.2009
Le dragon d'argent.
Majestueux sous ses écailles d’argent, son museau aux deux narines béantes était encore tâché du sang de la dernière créature dévorée. Au dessus de son cou, reliant ses orifices sonores, son collier de chair d’éventail blanc surplombait ses yeux perçants, tous deux plus grands qu’une orange. Son corps s’allongeait en de millions d’écailles argentées tel un lézard aux dimensions extraordinaires, le soleil s’y reflétait, s’y semblant en des milliers de miroirs. Sa queue, énorme, gigantesque, imposante, lourde, dangereuse, magnifique était ornée de pics tous plus destructeurs les uns que les autres ; le membre terminait en une pointe terrible dont les écailles reluisaient de sang, frais, séché, d’hier et d’avant. Il dominait les plaines arides, sous sa gueule aux centaines de dents pointues craquaient les os d’innombrables créatures imprudentes. Ses pattes étaient ornées de griffes ressemblant davantage à des crochets déchiqueteurs de viande, et semblaient usées par le temps et la terreur qu’elles infligeaient au quotidien. Ses ailes longues et déployées augmentaient à sa noblesse ; elles s’étendaient vers les cieux, prêtes à soulever la masse gargantuesque. Seigneur des lieux, rien ne lui résistait, la terre se courbait sous son pas et sa faim n’avait pour seule limite l’étendue de son existence.
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05.02.2009
Vide.
Le mercenaire, de la cime d'un pin, vit au loin un pont branlant. Ses pensées convergèrent toutes alors, vers une peur croissante du vide. Que faire dans telle situation, quand la cible est au-delà de l'étendue de notre témérité ?
- Je ne peux franchir ce pont. Qu'arrivera-t-il si je tombe ? La peur du vide n'est point non-commune. D'autres l'ont franchis avant moi, d'autres le franchiront plus tard, que faire ?
L'esprit troublé, la peur aux semelles, il descendit de son arbre et se présenta devant le pont. Là, il s'agenouilla, ferma les yeux, et se prit d'une violente réflexion.
- Puis-je le faire ? Ou pas ? Suis-je assez fort ? Ais-je vaincu assez d'ennemis pour que les dieux m'autorisent à franchir ce pont dangereux ?
Méditant sur la question, il faisait les cent pas, fixant intensément le pont, ne se décidant pas à le franchir. Il ne savait quoi faire, se rongeait les sangs, l'anxiosité le gagnant, ses mains suintantes.
Soudain tomba la pluie, qui en s'écrasant à l'entité terrestre, rendit les planches du pont si glissantes que les clous ne savaient plus tenir les pans de bois communément. Il en advint que sous la force du vent et les caprices du ciel, de nombreux fragments s'en détachèrent, rendant alors la tâche du mercenaire bien plus ardue qu'il ne semblait au départ. Las et fatigué, lui sortit son épée, cracha sur la lame et l'essuya, utilisant salement sa tunique. Puis il se retourna, cracha à nouveau au sol. Découragé, mais néanmoins, apaisé, remerciant les dieux pour le cadeau qu'ils lui avaient fait.
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17.12.2008
Poursuite entre les mondes
Les quais étaient sombres ; une atmosphère de terreur semblait planer. L'eau était noire comme de l'encre et ses clapotis tendaient à augmenter l'ambiance funeste des lieux.
Le jeune homme s'avançait dans l'obscurité, cherchant à se prouver qu'il y avait bien quelqu'un présent ici. Des bruits de chaîne entrechoqués provoquèrent un frisson glacé sur son dos. Sur le qui-vive, Orion se retourna. Sans qu'il puisse expliquer quoi que ce soit, une armure de chevalier que l'on portait très probablement autour du XIIIe siècle se tenait debout, devant lui. Elle était étincelante, comme neuve, et à travers les fentes du casque scintillait une lueur verte.
Courir. Maintenant.
Il se retourna et commença à détaler. Entendant le grondement métallique sonner derrière lui comme les derniers bruits avant la fin de son existence, l'adrénaline, dans son organisme, fusa comme une injection létale, et il couru plus rapidement qu'il n'avait jamais couru de sa vie. Du haut de sa jeunesse sportive, il pensait pouvoir rivaliser avec son adversaire, mais lui ne ressentait aucunement la fatigue, car jamais humain il n'était : âme maléfique dans une armure humanoïde.
Merde, merde, merde ! Où est ce fichu bouquin ?
Dans des gestes désordonnés et pendant sa folle course, à travers les quais, il saisit le petit livre qui pendait à sa taille. Au moment où il l'ouvrit, il se sentit défaillir. Une chute. Brève. Impartiale justice de la gravité, il venait de tomber et c'était dans cette eau noirâtre et sans aucun doute pollué à l'excès avec qui il allait entrer en communion. Comme si le temps freinait sa course, à elle, il leva le livret à la hauteur de ses yeux et lu : "chapitre 04 : la forêt des Elfes blancs".
Au moment même où ses pieds entrèrent en collision avec l'eau, il retomba, masse inerte, sur un sol de mousse verte et de terre fraîche. Autour de lui, plus de quai, plus d'armure, mais des buissons, des arbres, et des chants elfiques qui enchantaient la forêt. Aux cris d'oiseaux et à l'ambiance naturelle se mêla un autre bruit incongru plus connu : les claquements répétés d'une armure qui se relevait lentement...
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30.07.2008
Vous avez dit "titre" ?
"Tout ce que désirait Jacob était l'atteinte du volupté. Lorsqu'il embrasserait ses lèvres humides et d'un regard ardent, provoquerait l'incendie neurologiquement impossible au sein de son esprit. Il l'attendait, cet instant, depuis des lustres. Et ce fut là, à la découverte du lieu, que s'envola toutes ses pensées. L'impitoyable réalité venait de s'abattre sur lui : elle venait de quitter ce monde sans avoir fait ses adieux. Rien de plus tragique de voir partir sa belle d'un cancer, sans s'en être douté un seul instant. Et c'était là, avec tout son amour, qu'il lui trouva l'opposé. Il décida de ne plus jamais aimer, de ne plus jamais souffrir, et pour ainsi dire, de posséder la haine comme il possédait un amour absolu auparavant. Jacob était devenu l'incarnation de l'amertune et la haine inhumaine envers son semblable. Il décréta dès lors que ce monde ne valait plus la peine d'être regardé sans le regard de sa tendre, et, en cela, ce fut une promesse envers l'Univers qu'il fit. "Tu m'as pris mon être le plus cher, j'ignorerais tes beautés jusqu'à la mort comme tu as pris, sans coeur, le sien, et le mien." Commença alors pour Jacob, l'élévation de son rang d'homme à celui de..."
Eh oui tout le monde, j'ai enfin contacter une maison d'éditions. Comble : j'ai reçu la réponse tout à l'heure, et ils n'acceptent plus les manuscrits littéraires. On se demande bien ce qu'ils acceptent, si personne sur ce foutu Caillou ne publie quoi que ce soit...
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