01.03.2009
03 - Stylistique (Versification)
Cours non-relu stop présence de fautes possibles stop débrouillez-vous si jamais vous en trouvez stop je ne suis pas sûr de posséder la fin du cours étant donné que je me souviens avoir décroché stop possibilité de rattrapage occasionnel plus tard stop merci à tous stop
Stylistique : versification (séance trois)
Diérèse et la synérèse.
La diérèse vient du grec « division ». Définition : c'est la séparation syllabique de deux voyelles en contact dans un même mot. Le contraire, c'est la synérèse. Exemple : dans le mot « rien », on le prononce en une seule syllabe : « je ne veux rien savoir ». Il s'agit de la prononciation normale, courante. Dans une diérèse, on prononcera « rien » en deux syllabes : « je ne veux ri-en savoir ». Si on ne fait pas de diérèse sur « ri-en », on ne fait pas non plus de synérèse. Ca ne veut pas dire que si l'on ne fait pas de diérèse on a forcément de synérèse le mot « rien » se prononce d'une seule syllabe. La synérèse est le contraire de la diérèse de la manière suivante : il arrive que des mots comportement deux voyelles qui se suivent et il arrive que l'on doive les prononcer séparement. Exemple : « Il y a un nuage dans le ciel ». On pourrait rattacher les syllabes « nu » et « a » ensemble. Autre exemple : « Je fais une louange ». « Louange » est prononçable en une seule syllabe « ouan ». L'effort consiste à synthétiser les deux syllabes en une seule.
Voici un distique de Beaudelaire tiré d' « Elévation ».
« Envole-toi/ bien loin de ces mia/smes morbi/des,
Va te purifier/ dans l'air supérieur/. »
On a des diérèses dans l'univers pur et pas dans l'univers sale. Concluons qu'elles sont plutôt utilisées d'embellir et de magnifier les mots. Leur absence se trouve dans la poésié prosaïque.
Normalement, le poète est un peu obligé d'utiliser la diérèse selon le mot qu'il utilise. On pourrait croire que selon le contexte, il modifie la règle. En théorie, la règle est la suivante : quand on a un mot dont étymologiquement les deux voyelles sont distinctes, normalement, dans ce cas là, il utilise deux syllabes. Il utilise donc une diérèse. On latin on a « Leonem », le lion. Puisqu'on disait « Leo », on doit utiliser une diérèse et se débrouiller pour prononcer « Li-on ». Mais paradoxalement lorsque le poète utilise le verbe « suer », il serait normalement obligé de l'utiliser en diérèse. Le verbe « suer » vient du latin « sudare », le « u » et le « are » (er) sont dans le terme, un poète devrait donc utiliser une diérèse. Il s'agit d'un cas limite.
« Calme sous ton vaisseau, la vague ionienne. »
La diérèse mets en vague le terme « ionienne ». C'est une astuce qui permet d'utiliser l'apparence des mots pour en renforcer le sens. C'est une dimension ludique ; l'auteur joue avec les mots.
La césure.
La représentation conventionnelle de la césure est la double barre verticale. C'est le point où se fait la répartition entre les deux mesures d'un vers au système binaire qui peut lui même se subdécomposer.
On a deux types de césures fixes, une pour l'alexandrin classique (six six), une pour le décassylabe commun en quatre six.
Les vers de neuf syllabes disposent d'une césure mobile. Exemple : trois six ou quatre cinq ou cinq quatre ou six trois. Dans le vers libre moderne, la césure s'installe de manière aléatoire.
Question : les césures sont-ils toujours des pauses ? Le principe essentiel du vers classique veut que la séparation des hémistiches se forme en harmonie avec une articulation de la syntaxe à l'intérieur du vers.
« Vous nourrissez un feu qu'il vous faudrait éteindre. »
On a une sorte de cohérence de chacun des deux hémistiches. Le premier comporte un verbe, complément d'objet direct : cet ensemble est cohérent du point de vue syntaxique. « Qu'il... » est une relative, une autonomie marqué par le fait que « que » est le premier terme de cet hémistiche. Chacun des deux hémistiches fait sens, chacun semble autonome du point de vue syntaxique. Si on a deux hémistiches relativement autonomes, quand on lit le vers, aurions-nous une césure ? On a une « dépression », c'est-à-dire un arrêt après « feu » ; dépression au sens, moins de pression, mélodie moins intense.
Un deuxième exemple : « J'ai déclaré ma honte aux yeux de mon vainqueur. »
Il arrive au contraire que la structure sémantique, syntaxique du vers soit en total décalage avec la césure. Un exemple de Rimbaud :
« J'ai vu des archipels sidéraux. Et des îles. »
On a trois cas : on a ce qu'on appelle le vers concordant, quand la forme correspond au sens.
On a les vers discordants, quand la forme ne correspond pas au sens.
Puis on a les vers libres, où la question ne se pose pas.
Pour résumet, selon qu'on a un vers concordant ou discordant, on aura une césure qui correspond à une petite pause ou pas. Si le vers est concordant, on aura une dépression ou une pause, ou on peut avoir, quand le vers est discordant, une absence de pause. Donc la césure n'est pas obligatoirement synonyme d'interruption de sens et de paue syntaxique.
« Ce siècle avait deux ans. Rome remplaçait Spartes,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte. »
Âge classique pour la versification : 1820-1880.
Première règle : la césure est interdite à l'intérieur d'un mot car l'accent tonique est à la fin d'un mot et la césurez doit toujours se trouver après l'accent.
Puisque la césure est interdite et ne dois pas couper les mots en deux, on ne pourra pas avoir un mot terminé par un « e » à la césure. Elle est interdite devant un « e » muet qui compte comme syllabe.
Règle trois : la césure est interdite après un « e » muet à valeur syllabique. Par exemple, on ne peut pas avoir le vers suivant : « Quel secret obstacle trouble notre bonheur.* » Le vers authentique est : « Quel obstacle secret trouble notre bonheur. »
Règle quatre : Interdiction à la césure d'une syllabe muette en surnombre. Interdiction à la césure de l'apocope du « e » muet. « A son lit, à son trône, daigna l'assaut cillé.* » On ne va pas mettre la césure avant le « e », ni après le « e », on ne va donc pas prononcer le « e », on fait son apocope. Le vrai vers est : « A son trône, à son lit, daigna l'assaut cillé. »
La conséquence pratique de ces quatre règles, est que lorsqu'on a à la césure un mot qui finit par un « e », on pose un mot qui commence par une voyelle ensuite.
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23.02.2009
02 - Stylistique (versification)
Stylistique : Versification.
Dans la prose on peut trouver des vers, car les vers sont des unités rythmées. Pour peu que dans une phrase de prose on trouve un rythme, on pourra considérer la présence de vers.
"Le désert/(3) déroulait/(3) maintenant/(3) devant nous/(3) ces solitudes/(4) démesurées/(4)."
On a un dodécasyllabe (du pointde vue des syllabes), et un tétramètre.
Puis un octosyllabe, du point de vue du rythme est un dimètre. Ce morceau de prose présente donc deux vers.
Dans des morceaux de proses élégants, surtout chez les romantiques tel Chateaubriand, on peut trouver des vers.
Les anglais appellent les vers cachés dans la prose des "blank verse" (des vers blancs).
Petite précision concernant les mètres.
Le type de vers ternaire (à trois accents principaux) le plus prestigieux est celui qu'on nome "trimètre romantique". Exemple : "toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir." (Corneille - Tragédie surénale) Il s'ahit d'un trimètre romantique. Ils en avaient assez de l'alexandrin. Ils ont décidés de privilégier un nouveau dodécasyllabe : ce trimètre romantique, qui se décompose en trois mesures principales de quatre syllabes. On a aucune césure et aucune hémistiche.
Hugo : "J'ai/ disloqué/ ce grand niais/ d'Alexandrin/." C'est un dodécasyllabe qui n'est pas un alexandrin mais un trimètre romantique.
On peut avoir plus de trois accents dans un dodécasyllabe. A deux, il s'agit d'un alexandrin (six & six, donc une seule césure; éventuellement, deux troisdeux trois, etc). Si on n'a pas d'accent sur la syllabe six et la syllabe douze ce n'est pas un alexandrin.
Exemple avec ce pentamètre : "Saignant/, morne/, il songeait/ à Moscou/ qui brûla/." De Victor Hugo, décrivant la défaite de la Russie. On a un premier hémistiche de trois plus trois, deux fois. Ce vers est donc un alexandrin.
Vers de Hugo : "Fuyards/, blessés/, mourants/, caissons/, brancards/, civières/." Il s'agit d'un alexandrin composé de deux hémistiches de six syllabes. Généralement, les alexandrins sont des dimètres, trimètres ou tétramètres. On ne peut pas trouver plus de trois groupes par membres. Les heptamètres n'existent pas car on ne peut pas trouver de vers à plus de six accents. Si on se retrouve avec sept accents dans un vers, c'est logiquement que l'on a deux vers.
Ce qui spécifie un vers n'est pas le contenu ni la forme, ni ce qu'il évoque avec plus ou moins d'élégance ou de prestige, mais son rythme ; voyons ceci avec deux exemples de vers.
Le premier est tiré du Bourgeois Gentilhomme de Molière:
"Nicole/, apportez-moi/ mes pantoufles/
Et me donnez/ mon bonnet de nuit/."
Le deuxième exemple est tiré de l'Art poétique de Verlaine :
"De la musique/ avant toute chose/,
(Et pour cela préfère l'impaire)
Plus vague/ et plus solu/ble dans l'air/
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose."
Le statut métrique d'un énoncé ne dépend absolument pas d'un contenu. Sur le plan du rythme, les vers étudiés précdemment sont tous deux très beaux, mais l'un est trivial, l'autre est noble. Il existe des énoncés en vers libres, dans lequel on a des vers qui s'affichent comme étant de la poésie et qui ne sont pas versifiés au sens où l'on aurait un retour à la ligne à chaque fois, des rythmes, etc. Qui ne respectent pas la contrainte de la rime, de l'isométrie.
Exemple tiré de l'oeuvre de Claudel, et qui correspond à une sous-catégorie de vers libres, sans rythme ni retour. On appelle cette sous-catégorie, les versets.
"Mon Dieu/(2), qui au commencement/(6) || avait séparé/(5) les eaux supérieures/(5) des eaux inférieures/(5) ?" On l'apelle un verset car c'est un bloc autonome qui utilise une longue phrase, mais il s'affiche comme étant poétique.
Soit on considère un vers de quinze syllabe car nous sommes en vers libres, soit on considère qu'on a trois décasyllabes flottants.
(On ne peut pas avor des strophes avec des vers de quinze syllabes.)
Pour résumer tout ceci, ce qui permet au mètre et au rythme de se définir l'un par rapport à l'autre, c'est l'aptitude qu'ont les syllabes accentuées à s'allonger pour s'opposer aux autres dans un système de syllabes longues et brèves. C'est parce que la syllabe est maléable que le rythme existe. Dans la langue française, on parle de vers syllabiques (système de vers français). Car on compte les syllabes (unité de base) et ce sont elles qui créent le rythme en fonction de leur allongement et de son raccourcissement.
Quatres règles à respecter. Pour la prosodie (manière dont en appréhende la "e" muet).
1) Un "e" muet en fin de vers suivit ou non d'une consomne ne compte jamais.
2) Un "e" muet devant une voyelle n'est jamais compté même si les deux mots en contact sont séparés par une ponctuation.
3) Un "e" muet devant une consomne est toujours compté.
4) Un "e" muet après voyelle et devant une consomne est interdit dans le vers classique.
Exemple de cette dernière règle :
*"Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne." Il s'agit d'un vers d'Appolinnaire qui ne respecte pas les règles de la prosodie. Du point de vue de nos règles, cet énoncé est interdit car il présente un hiatus. Or le hiatus est prohibé dans la poésie car il est considéré come étant laid pour des raisons mimiques ; prononcer un hiatus obligeait d'ouvrir la bouche longtemps, ce qui était inconcevable aux temps de la poésie clasique.
"J'admire tout et de rien ne me chaut
Je me délace, et puis je me relie." (Ronsard)
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12.02.2009
01 - Stylistique - Versification.
Stylistique : Versification.
On ne définit point un vers par le nombre de syllabes, la rime ou la mise en page. Un vers est avant tout un énoncé rythmé.
En poésie, il existe le principe de l’accent tonique, qui régit certaines fonctionnalités du vers. Tout mot français porte un accent sur sa dernière voyelle ; les consommes ont besoin d’une voyelle pour être entendu. Le « e » ne porte jamais d’accent. On accentue la syllabe précédente en cas de « e » prononcé. Le « e » est prononçable mais jamais accentuable.
Quand on a des mots monosyllabiques, ils ont tendance à « s’agglutiner » phonétiquement selon le son, soit avec le mot avant, soit avec le mot après.
On appelle clitiques les mots courts qui s’appuient sur un mot avant (on parle d’an-clitiques) ou après (de pro-clitiques) qui ne portent pas l’accent.
Quand on a un groupe de mots, on a une hiérarchie naturelle qui se crée, celle des accents. L’accent de groupe frappe la dernière voyelle non muette d’une série cohérente.
Au moins un accent par vers quand les vers sont cours, par ailleurs, un vers présente habituellement deux accents. Afin d’obtenir un rythme, il est nécessaire d’avoir un contraste entre unités lexicales et verbales. Dans la chaîne verbale, c’est la répétition des accents toniques qui provoque l’effet de rythme. On peut donc mesurer les intervalles qui séparent les accents de groupe dans une syntaxe. On regarde combien il y a de syllabe non-accentuées avant la syllabe accentuée.
Entre les différentes mesures d’un vers il existe des équivalences et des proportions. Le système du vers français est de nature rythmique. L’unité de mesure de ce rythme est la syllabe.
Exemple : « Et des chansons pour les sirènes. » Ce vers compte deux mesures de quatre syllabes. Deux mesures font un membre. Les chiffres suivants entre parenthèses indiquent le nombre de syllabe de chaque mesure.
Autre exemple : « Les bois (2) à contre-jour (4) sont gorgés (3) de nuit chaude (3). » Quatre mesures. Deux membres. Ces membres composés ne le sont pas de la même manière. Ils sont hétérogènes l’un par rapport à l’autre.
Exemple suivant : « Fantô(2)me laiteux (3) se désespérant (5). » Notons que le nom avant son adjectif garde son accent.
Dans un système binaire, les deux membres sont des hémistiches. Deux mesures font un hémistiche. Les deux hémistiches se trouvent de part et d’autres de la césure. On ne possède qu’une seule césure par vers. Il existe des systèmes ternaires sans césure et hémistiches.
Exemple : « C’est aujourd’hui que le présent est éternel. » On distingue trois membres de quatre syllabes. Ou encore : « Et c’est (2) le soir (2), et c’est (2) la nuit (2), et c’est (2) novembre (2). » Un alexandrin comporte deux hémistiches et une césure.
Dénominations des syllabes.
Ø Une syllabe : monosyllabe.
Ø Deux syllabes : dissyllabe.
Ø Trois : trisyllabe.
Ø Quatre : tétrasyllabe.
Ø Cinq : pentasyllabe.
Ø Six : hexasyllabe.
Ø Sept : heptasyllabe.
Ø Huit : octosyllabe.
Ø Neuf : ennéasyllabe.
Ø Dix : décasyllabe.
Ø Onze : hendécasyllabe.
Ø Douze : dodécasyllabe.
Ø Treize : tridécasyllabe.
A ne pas confondre avec un monogroupe (membre simple, un vers). Ne pas confondre le dimètre et le distique, le tétramètre et le quatrain, le pentamètre et le quintile, l’hexamètre et le sizain.
On désigne par « hétéromètre » un groupe de vers qui entre eux, diffèrent. Isomètre, un groupe de vers uniformément construit.
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