26.04.2009
? - Mythologies comparées
Mythologies comparées (séance ?)
Actéon est un jeune homme dont le plaisir est la chasse. Il a chassé un certain nombre de chiens qui lui permettent de rabattre le troupeau. Mais alors qu’il sortira de ses sentiers de chasse privilégiés, il tombera sur Diane, la Déesse Chasseresse, en train de se baigner.
La métamorphose ici d’Actéon est un renversement total de la situation ; il est chassé par ses propres chiens ; par-là même, l’être humain découvre la condition de l’animalité, et il devient sa proie. Il garde la raison humaine, sans qu’on nous dise que les animaux soient sans raison. Tous ses chiens ont un nom propre, en leur reconnaissant une identité, il parle d’eux comme des personnes ; il perd son identité et est victime de ses chiens qui ont en une. Finalement, il meurt de la non-reconnaissance et précisément le jeu des métamorphoses est un jeu sur les masques, sur la reconnaissance. La forme animale ne change pas l’identité mais la reconnaissance ; les métamorphoses montrent que le véritable passage est plutôt entre le social et le non-social. Les chiens qui déchirent le cerf, c’est des animaux qui déchirent un autre animal. Du point de vue grec, la métamorphose se fait plutôt de l’animal sauvage à l’animal domestique. Enfin, dernière remarque sur ce texte : devenu cerf, Actéon comprend enfin ce qu’il a fait subir au cerf. Sa souffrance n’est ni plus ni moins que n’importe quel animal chassé par un chasseur. C’est un point important des métamorphoses, car on reconnait l’équivalence des souffrances et des sentiments produits. Des deux côtés, il y a bien échange du regard, mais il y a perte d’identité ; il meurt dévoré par ses compagnons.
On peut se demander aussi si Diane ne se venge pas au-delà de sa pudeur offensée, mais le châtie d’avoir empiété sur ses terres. Dès que les êtres ont un nom, ils acquièrent par-là même une personnalité.
à Deux sœurs, une ainée et une cadette décident de quitter leur terre pour remonter une rivière – elles quittent leur espace – et par hasard, deux fruits tombent dans leur épuisette. Elles goûtent et mangent ces deux fruits, et l’une comme l’autre se révèlent enceinte de ces deux fruits, et chacune accouche d’un enfant, un garçon, qui vont chacun devenir un redoutable guerrier. Et par leurs frondes et leurs sagaies, ils chasseront. Mais leurs mères leur demande de ne jamais aller dans la région dont elles sont originelles ; ils iront et tueront les familles des mères. Quand ils reviennent, leurs mères les blâmes, et eux retournent à leur lieu d’origine et reprennent une forme végétale.
Nous ne sommes pas dans une métamorphose, mais dans un jeu ou du végétal donne de l’humain et ou l’humain redevient du végétal. Les passages du végétal à l’humain, avec ou sans retours, dans les mythes locaux, est fréquent. Ces deux fruits sont étrangers au clan d’origine, deux étrangers qui n’ont aucune relation avec le clan en question. L’alliance se fait en dehors des normes sociétales. On note aussi que les deux sœurs n’accouchent pas dans leur lieu d’origine ; sauf qu’au lieu de se lier à leur clan et leurs parents utérins, ils seront en conflits. Puis, lorsqu’ils seront en dehors de leur clan, ils redeviendront des fruits, symboliquement, ils redeviendront des étrangers ; on parle d’une intégration ratée. La thématique est celle de celui qui est à l’extérieur par le biais de l’alliance il « intègre » un groupe. Quand on regarde les histoires locales, souvent l’étranger pourra recevoir le statut d’intégration de chef. Cette histoire correspond au fondement réel et d’une intégration ratée. On ne confronte pas ici des dieux, nous sommes dans un récit qui raconte un itinéraire qui raconte l’échec de l’intégration et de l’alliance finalement ratée. L’étranger reste étranger et est marqué par le côté végétal. On est aussi dans un clivage végétal-animal-humain, mais plutôt dans un réseau humain, son extension, et tout ce qui est hors-réseau. Nous sommes devant un mythe qui raconte une histoire qui décrit les rapports entre les clans et l’implication du végétal à l’être humain. C’est un texte limite fondateur qui privilégie les alliances.
à Ce que dit Montaigne s’oppose absolument à ce que dit Descartes et Malebranche. Ce qui montre que les cultures sont complexes et les points de vus divergents.
Dans le cadre de Montaigne, nous n’avons pas un manichéisme humain/animal, mais il confond les deux dans la même réflexion.
Descartes. Avoir un corps est une expression curieuse puisqu’elle indique une possession, que nous ne sommes pas ce corps, c’est déjà un parti prit culturel. Nous ne sommes pas ce qu’on possède. Descartes pense que pour exister il suffit d’un esprit et que le corps n’est pas indispensable, il sépare le corps et l’esprit. L’âme peut penser sans le corps. Il reconnaît tout de même que si le corps va mal, on a plus de difficulté de penser. Il suffit que le corps se détracte pour qu’on se rappelle qu’on est un corps. Le corps se fait oublier de la conscience quand il va bien mais la conscience n’est que conscience du corps quand il va mal.
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? - Mythologies comparées
Y a une putain d'erreur de chronologie dans mes cours publiés en fait en cette catégorie. Fuck off ?
Dans le monde judéo-chrétien, l’homme étant posé comme absolument distinct du reste du vivant, il ne peut pas avoir de points communs avec les animaux. On en déduit de toute l’étymologie : la croyance biblique a retiré des animaux, l’âme. On dénie aux animaux ce qui les fait souffrir. Les pensées monstrueuses sont les produits de pensées savantes et cultivées qui proviennent de la culture. L’animal éprouve des sensations similaires à celles de l’homme, il peut souffrir. L’histoire des cultures est un déni de réalité.
Réflexion au sujet de l’éloge de la folie (Erasme)
La folie en tant que tel n’est pas forcément pensée. Dans les cultures européennes, on définit l’homme par sa raison et également dans une culture où du point de vue religieux on définit l’homme par son libre-arbitre, il est difficile de définir le fou car il semble privé de raison et de libre-arbitre. Or, il est défini et par la raison et par le libre-arbitre, donc on peut se poser la question : le fou est-il tout à fait humain ? Dans la tragédie de l’antiquité on a beaucoup d’histoires en rapport avec la folie. Chez Euripide et Sophocle, des pièces où tout d’un coup, un héros ou un dieu devient fou. Mais si on regarde Don Quichotte, il raconte aussi une folie. Shakespeare aussi, parle de folie de façon moderne. Egalement de la Renaissance, Eloge de la folie d’Erasme. Aussi, Michel Foucault, Histoire de la folie. Dans le vocabulaire psychiatrique, on ne parle plus de fou, mais de psychoses. La psychose est la caractéristique d’un individu qui est coupé du monde réel et vit dans un monde relativement imaginaire. Dans son monde se produit des choses qui n’existent pas dans le réel. La psychose peut avoir des origines psychologiques, cérébrales.
La folie d’Héraclès
L’épouse légitime de Zeus est Héra ; Héraclès est le fils d’Achmed et de Zeus. Héra donne le sein au bébé, mais il est tellement vigoureux qu’il mort le sein. Héraclès aura toujours comme ennemi, Héra. Héraclès a été voulu par Zeus pour avoir quelqu’un de très fort afin de combattre les titans.
Quand il revient des Enfers, après avoir cherché Cerbères, un tyran qui s’appelle Lycos s’est installé à Thèbes ; c’est un ennemi de Créon est forcément l’ennemi d’Héraclès. Et la femme, le père et les enfants d’Héraclès seront sacrifiés par le tyran. C’est à ce moment là qu’Héraclès revient et il massacre Lycos. Mais comme il a accompli les douze travaux, Héra décide de se venger, et le frappe alors de folie. Il payera le prix fort de sa férocité en tuant ses propres enfants. C’est un personnage excessif.
Ajax
Héra se venge d’Héraclès sur une faute qu’il n’a pas commise et il commet ainsi l’irréparable. Héraclès mérite toute la compassion qu’on peut avoir pour lui. Ajax, lui, est fou afin de lui éviter une faute encore pire. Si Athéna n’était pas intervenu il aurait commit une faute bien plus grave, il pleure alors sur le ridicule qui pèse sur lui. Déjà sur le fait qu’il n’a pas accepté le choix des Athéniens à cause d’une jalousie stupide, et comme grand exploit de grand guerrier, il n’a fait que tuer des moutons. On a deux types de folies différentes : une folie qui est l’acte de vengeance d’une déesse sur une homme qui n’a commis aucune faute, et une folie qui préserve un homme d’une faute, il perd ce qu’il a de plus précieux aussi : la gloire. Qu’il s’agisse d’Héraclès et d’Ajax, tous deux massacrent avec violence.
Phèdre
Phèdre est la fille du roi Minos et de Pasiphaé. Pasiphaé elle-même est la fille du soleil et d’une autre entité féminine qui s’appelle Créta. Hélios, père de Pasiphaé, avait dévoilé les amours d’Aphrodite et d’Arès. Du coup, Aphrodite a voué une haine implacable au soleil, Hélios, et surtout à sa descendance. Ici, la fille de Pasiphaé est Phèdre. Elle a épousé Thésée qui est déjà âgé. C’est un héros, avant d’épouser Phèdre il avait déjà eu plusieurs aventures dont une notamment avec une amazone. Et de cette aventure il a un fils qui s’appellera Hyppolite. Du coup, Hyppolite deviendra le beau-fils de Phèdre.
Hyppolite a toujours été fanatique d’Artémis, qu’il aimait une femme vierge en tant que femme vierge et chasseresse. C’est Arianne qui a permis à Thésée de tuer le minotaure, en lui donnant un fil qui lui permettra de ne pas se perdre dans le labyrinthe.
Elle aime Hyppolite non pas par affinité mais par destin. Elle va immoler un très grand nombre de victimes en se disant qu’elle recouvrera la raison. On peut se demander : comment peut-on différencier la folie de la passion ? Aux yeux des grecs, la passion est la folie. On est possédé par une passion, on est pas un sujet amoureux. Pour que la passion devienne positive, il faudra attendre le XIXe siècle. Jusque là, la passion est de l’ordre du destin, on est possédé par quelque chose qui nous est étranger. C’est une tumeur, un corps étranger. Les passions ne sont séparées de la folie qu’à partir du Romantisme. Elle fait des sacrifices à Aphrodite pour chasser son amour. Comment ne pas aimer qui on aime ? Constatons qu’aimer son prochain est une aberration : on ne peut pas contrôler ses sentiments, mais on peut se forcer à faire semblant d’aimer.
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05 ? 06 ? - Mythologies comparées
Dans la Naissance de la tragédie de Nietzsche, Dionysos est le Dieu de la démesure. Comment Dionysos, lui-même, est né ? C’est le fils de Zeus et d’une mortelle, Sémélé. Era est jalouse de cette histoire d’amour avec Sémélé, elle a donc une ruse. Elle dit à Sémélé de demander à Zeus de se montrer dans toute la splendeur ; à ce fait, Sémélé meurt et Zeus arrache l’embryon du ventre de la femme et il l’implante dans sa cuisse. C’est, entre autres, le dieu de l’ivresse et de la vigne ; et dans les mythes dionysiaques, c’et un dieu qui concerne beaucoup les femmes. Ses cortèges sont composés des Ménades qui sont possédées par leur dieu pendant les fêtes. Elles ont tendance dans le cadre de leur cortège, à déchiqueter, tuer, dépecer, tout ce qui tombe dans leurs mains.
Autre personnage intéressant : Penthée. Penthée est le roi de Thèbes, mais quand Dionysos arrive, Penthée refuse de reconnaître le caractère divin du dieu ; il se vengera. Sa mère est Agavé, à Penthée, elle fera partie du cortège des Ménades. Quand Dionysos part avec son cortège, Penthée veut surveiller et observer si Dionysos est vraiment un dieu. Mais les Ménades le voient et le font descendre de l’arbre où il se cache. Pour les Grecs il est pire de mourir sans sépulture que de mourir ; Penthée n’aura pas de sépulture puisque son corps a été déchiqueté et de nombreux morceaux. Sa mère, Agavé, a cru tué un lion, même si elle avait reçu l’ordre de tuer toute espèce vivante. C’est la vengeance de Dionysos qui le fait mettre à mort Penthée par sa propre mère. Il sera mort, n’aura aucune sépulture et sa mère aura commis le pire des infanticides.
La République, de Platon (livre VII)
On semble être dans le cas d’une personne qui détient une raison supérieure. Dans le premier paragraphe, Socrate imagine une sorte de fable dans lequel les hommes sont enchaînés, le dos tourné à l’entrée. Ils ne voient que le fond de la caverne éclairé par un feu. Symboliquement, cet enchaînement représente la condition humaine. Sur le fond de cette caverne, nous voyons des ombres ; ce ne sont pas les ombres de la réalité mais de marionnettes. Non seulement nous ne sommes pas dans la réalité, mais nous voyons les ombres d’un semblant de réalité : l’ombre des marionnettes. Ils sont donc persuadés que ceci est la seule réalité. Puis il imagine un homme qui se délivrerait de ses chaînes. Quand il se tourne vers la lumière, il souffre, il est aveuglé. Arrivé à l’extérieur, enfin, l’homme qui s’est échappé (le philosophe), petit à petit, il commencerait à observer le monde réel. Il passerait de l’ombre du vrai arbre, à l’arbre, puis de la lumière, puis du soleil. Tout ceci selon Platon parce qu’il y aurait des degrés d’illusions. Celui qui serait entré dans le monde réel n’aurait pas du tout envie de retourner dans la caverne, il le ferait à ses risques et périls. L’idée de Platon est la suivante : il y a le monde des apparences, la dimension sensible. Or, pour Platon, tout ce qui est apparence est forcément illusion, c’est ce qui ne change pas. Il y a dans le monde des apparences des choses vraies. Quand la fleur fane, ce n’est pas la beauté qui fane, mais la fleur ; pour lui il y a donc une beauté indépendante de la fleur. Il y a donc au-delà du monde sensible ce qu’il appelle des vérités intelligibles. Bien entendu si on veut arriver au vrai monde, il faut impérativement se tourner vers le monde sensible. Avec l’idée liée à la croyance de Platon que l’homme se détache du corps à sa mort et rejoins le monde des idées, la connaissance est en nous et la seule façon de l’atteindre est de se détourner complètement du monde sensible.
La science, n’est rien d’autre que l’observation du monde sensible. Elle ne pourrait apparaître que si l’on observe des objets qui sont dans le temps et dans l’espace ; le scientifique fait le contraire de Platon. Il n’y a de réalité que ce qui se trouve au fond de la caverne. Platon dit : tout ce que vous prenez pour la réalité n’est pas la vérité. Qui est fou ? Celui qui dit que pour une qu’une chose soit connaissable il faut qu’elle apparaisse, ou celui qui croît aux réalités derrières les apparences ? Celui qui passe pour le sage n’est pas le dernier des fous ; ce n’est pas parce qu’il prétend que tout le monde est fou est qu’il a raison. Celui qui prétend que le monde que nous voyons n’existons pas ou celui qui prétend que le vrai monde existe ailleurs ; lequel est fou ? La question de se demander qui est fou est pertinente. Lorsqu’on suit une logique d’idées sans tenir compte de ce qui permet les idées à savoir d’abord la présence au monde, on est dans la définition de la folie. C’est la négation du réel, c’est la définition de la folie. Or, à chaque fois qu’on a un concept dogmatique, on a une question de folie.
Lorsqu’on construit des idées sans tenir compte du réel, on tombe dans la folie. Les fous ont une logique. Être fou, c’est partir d’un postulat et construire sur lui, sur une base qui ne repose sur rien si ce n’est sur du vide. On construit sur quelque chose qui est faux, de manière logique. Celui qui se prend pour un sage n’est pas si sage que ça. Le fou le plus dangereux est sans doute celui de Platon plus que celles des Ménades.
Le nouveau testament.
Ce qui paraît fou aux yeux des hommes est la sagesse de Dieu. L’idée ici est qu’il y aurait une intelligence supérieure à la notre, une folie apparente. Ce n’est pas original : la pythie est considérée comme une sagesse supérieure. Dans cette première lecture, la folie n’est qu’un masque. L’interprétation de profonde théologie est plus intéressante : quand Dieu fait le monde, il le fait sans raison. S’il le fait pour de bonnes raisons, ça signifierait qu’il serait soumis à une logique qui le précède, soumis à un raisonnement. La création de Dieu ne peut être que folle, elle ne peut être que sans raison. C’est un pur caprice immotivé comme le geste d’un fou. C’est lourd de conséquence, car si le monde est caprice de fou, ne nous étonnons pas que le monde soit fou et qu’Abraham n’hésite pas à sacrifier son fils. Tout est folie, tout est histoire de folie et si on croît en Dieu, rien n’est véritablement sage. Quand Descartes a voulu prouver l’existence de Dieu, il a été fustigé par l’Eglise puisque c’était un péché capital. Mais est-il bien raisonnable de croire en un Dieu fou ? La thématique de la folie n’est pas inintéressante, peut être la folie n’est-elle pas induite uniquement dans la folie de personnages, mais également dans des textes (Platon) et dans la Religion.
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01.03.2009
03 - Mythologies comparées.
Mythologies comparées (séance trois)
Dans cette version de la création d'Eve, le rapport avec le signifiant et le signifié n'est pas arbitraire, car Dieu nomme les choses, et chaque chose à un nom. Les langues interprétent le monde, mais dans cette version, la langue est transparente : Adam nomme les choses et le nom désigne la chose comme elle est. Ce qui explique que, dans l'histoire de la tour de Babel, les hommes décident de construire une immense tour, et sous la réaction de colère de Jéhovah, il crée le plurilinguisme. Sous l'effet des plusieurs langues, les hommes ne se comprennent plus et ne peuvent finir la construction. Les langues particulières, au lieu d'être transparente, deviennent alors compactes. Si on en était resté au Jardin d'Eden, nous n'aurions donc qu'une seule langue. C'est un idéal : une seule langue transparente au monde.
Ce monde est un monde masculin : c'est l'homme qui donne, et non la femme. Un Dieu masculin qui crée un homme qui nomme les choses.
La femme est issue de l'os surnuméraire d'Adam, elle dépend de l'homme.
Réflexion : la logique veuille que le premier homme soit né d'une première femme, mais la première femme est née d'un homme : on renverse l'ordre naturel des choses. De plus, Dieu est immatériel mais il est masculin. Appuyant le fait que les sociétés qui se développeront son patriarcales.
Dieu la pousse vers Adam, comme un pion d'échiquier. Elle est issue de la chair d'Adam, elle lui doit tout. Dans cette vision, on a un Dieu créateur qui crée la procréation.
Une autre version de la création.
Texte de Teura Henry. Petite fille du révérend Osmond qui va récupérer des récits traditionnels religieux. Sa petite-fille, aussi religieuse que lui, elle aura tendance à faire des interprétations bibliques du manuscrit de son paternel avant de le publier. Il s'agira d'une autre version de la « Création » mais qui ne présentera pas directement de « création ».
Ces récits ont été écrits l'époque où l'évangélisation était effective. Ces récits sont tenus de grands chefs évangélisés qui ont racontés ces histoires à des pasteurs. Les religions de la Bible se présentent comme des religions universelles et tolérantes.
Ne pas avoir de jugement de valeur face à une violence, ce n'est pas être tolérant. La question de la tolérance ne se pose pas. Dans une religion polythéiste, les adeptes de plusieurs dieux sont prêts à connaîre les dieux des autres ; ils sont curieux des autres croyances. Mais un individu monothéiste pense que son Dieu est le bon, et pense que les autres sont des faux dieux. Le jugement de valeur est donc du côté monothéiste ; l'intolérance est bien du côté des discours qui se veuillent comme tolérants.
Lorsqu'un monothéiste rencontre un polythéiste : le premier part du principe qu'il n'y a qu'un seul Dieu créateur, il voit donc les autres comme des superstitions, ou pense que les autres ont eut une « intuition » et parmi les dieux se trouve Dieu. On fait une interprétation très biblique des religions. Si on prend la religion catholique, c'est bien une des religions les plus polythéistes.
En Océanie, les premiers arrivés étaient plutôt protestants que catholiques.
--> Le Ciel ne naît pas à partir de rien. De son corps, il fait le monde, d'une certaine façon, son corps est le monde ; le monde est fait de matière divine. Nous sommes dans un système immanent : le divin n'est pas en dehors du monde, il est constitutif du monde. Par opposition au Dieu de la Bible, il façonne le monde, ce dernier, le crée. C'est la différence entre l'immanent et le transcendant. Du point de vue polynésien, rien de ce qui est n'est privé de sacralité, tout l'est plus ou moins. Dans la Genèse, on frabrique les animaux et la Terre pour l'homme. Un point important est que pour les polynésiens, l'endroit le plus sacré du corps est la tête. On n'y touche pas, on ne passe pas dernière, d'autant plus s'il s'agit de quelqu'un d'important.
Pour eux, ce qui est féminin est premier. On a ici la primauté du féminin, ce qui est à rapprocher à la société grecque.
Quand les missionnaires débarquent, ils voient qu'il y a des répartitions entre les hommes et les femmes, ils sont séparés culturellement. Les femmes ont des interdits. Interprétation faite par les bibliothèques (biblique) : l'homme est privilégié par rapport à la femme car elle est impure. Ils vont interprétés ces clivages entre l'homme qui serait pur et la femme qui serait impure. Ils vont distinguer le sacré et le profane alors que dans les sociétés océaniennes il n'existe que des niveaux de pureté. Le pouvoir organisationnel est prit par les hommes tout en reconnaissant la priorité du féminin. Quand il y a des interdis, c'est uniquement parce qu'on juge qu'elles possèdent un pouvoir sacré supérieur et qu'elles ne devraient pas user de leur sacré. En Polynésie est sacré ce qui est touché par un grand chef, mais les femmes aussi, il faudra de longues cérémonies pour désacraliser un enfant afin de le faire rentrer dans la société (en extrayant de lui des forces divines incontrôlables). Quand il y a des périodes de famine et de disette, on sacrifiera des femmes après qu'elles aient été resacralisées. Elles représentent la sacralité première, elles possèdent le pouvoir de vie. Le dieu polynésien lui même est né d'une matrice. On retrouve « ça » partout. C'est une antithèse de la Bible.
Dans cette version le mot « créer » n'existe pas, on parle principalement de la notion de fabrication. On a de nombreux mythes, mais en Océanie, celui de la création n'existe pas. La plupart des sociétés humaines sont fondamentalement masculines, mais non patriarcales. Les religions sont toujours articulées sur ce que sont la mort et la vie ; les dieux la donnent. Ils bénissent les femmes parce qu'elles donnent la vie. On trouve dans les mythologies la tentation de faire remonter le pouvoir masculin. Il faudra attendre les dieux olympiens pour que Dieu soit matérialisé par un « vrai » dieu masculin : Zeus.
Texte de Têa Kanake.
Ce texte situe le « début » dans une aire géographique particulière. On part dès le début d'une sorte de procréation. Il y a probablement une symbolique importante entre la spirale, la lune... On retrouve le mythe que les premiers hommes avaient une peau de Dieu. Un héros aurait enlevé cette peau humaine pour découvrir le physique de l'homme, et l'aurait alors rendu mortel. Ces textes étaient récits de chef de clan qui racontaient comment leurs ancêtres occupaient leur espace. On privilégie leur présence ancestrale sur des terres humaines particulières. Ca fonde leur société sur des récits humains particuliers qui glorifie leur ancienneté. On parle de pérogative sociopolitique au sein des clans. D'une certaine façon, le texte, le récit ici est une sorte de légétimisation des clans dans l'espace. Dans le texte, ce qui est en rapport étroit, c'est une terre, des hommes, une histoire. Si l'histoire des hommes change, l'histoire va changer. Les variantes ne sont faites qu'à partir des versions faites par ceux qui racontent les histoires. La mythologie kanake est encrée dans la réalité humaine. D'une certaine façon, elle est comtemporaine. Elle décrit la société d'ici et maintenant telle qu'elle est faite. C'est qu'il y a une part de politique dans les récits mythologiques kanakes, et une part de sacré dans leur structure. Le fonctionnement des récits est totalement variable selon les cultures. Le fonctionnement des mythologies grecques ne présente aucune structure sociale, par exemple.
Notons que dans la cas de la Bible, elle se veut une religion qui est donnée à tout être humain, quelque que soit son ethnie. Tandis que le mythe kanake possède des fondements sociaux et une structure sociale qui ne sont valables que localement.
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23.02.2009
02 - Mythologies comparées
Mythologies comparées (séance deux)
Au sujet de la Bible.
L'occurence « créer » est la mention importante. Par étymologie : créer > creare > crescere = croissance (intransitif). « Creare » induit la notion d' »ex nihilo nihil », c'est-à-dire « faire à partir de rien ».
Le terme « fait » déclare la création de la lumière : le mot fait la chose. Dieu crée le peuple après avoir mis le décor en place. Du point de vue biblique, Dieu est immatériel ; il confère à Adam le pouvoir du libre-arbitre, le pouvoir de choisir.
Avant le péché originel, on est dans un monde qualifiable de végéarien où toute bête se nourrit de végétal. Notons par ailleurs que la notion de déluge revient également. Dieu, malgré son inexistence matérielle est Dieu le Père ; tout ce qu'il crée est masculin.
Avant la Bible existait deux figures féminines : l'une inutileet l'autre péjorative. On ne peut pas confondre le libre-arbitre du créateur et de la créature.
Le libre-arbitre fut le plus grand cadeau que Dieu fit à Adam. Quand Eve, la femme que Dieu créera pour tenir compagnie à l'homme, péchera, ils quitteront l'Eden. D'un certain point de vue, ils en étaient satisfaits, car ils ne voulaient pas êre heureux : ils aspiraient à devenir heureux. D'après Philippe Val, philosophe de nos temps et auteur du « Traité de savoir-survivre par temps obscurs », Adam et Eve étaient l'incarnation de toute volonté humaine et du souhait commun des hommes : devenir heureux plutôt que de l'être sans agir
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11.02.2009
01 - Mythologies comparées
Mythologies comparées
La comparaison est la condition de la réflexion. Apprendre, c’est accepter d’être dérangé.
Un mythe est une histoire fabuleuse non réfléchie populaire. On peut y voir une pure constitution de l’esprit, une idée de représentation irréalisée. Le mythe occupe une place essentielle dans les récits de la Fondation du monde. Il s’agit du tout premier genre de récit, avant que l’écriture ne soit capable de retranscrire les légendes de l’histoire primordiale, qui racontait les Premiers Temps.
Mythe vient de mythos, qui signifie parole. Par opposition, logos signifie raison, discours, savoir.
Par définition, une histoire est fausse. Les mythes racontent une histoire profonde, ancestrale. Derrière ce type de récit se cache l’expression d’une culture particulière. Ils consistent en des visions différentes du monde. L’essentiel des mythes sont ceux de la fondation. Le « mythe de la création » est une expression particulière.
La mythologie gréco-latine est essentiellement grecque. A noter que le commencement d’un monde n’est pas nécessairement celui de l’Humanité.
Texte d’Hésiode, au sujet des Premiers Temps de l’Univers.
On part de ce qui existe déjà : le chaos. On est dans un processus de procréations, de générations successives. On parle de cosmogonie. On est dès le début dans un monde de guerre, où la procréation à valeur d’alliance.
Première générations des Dieux : les Titans. Dernier né : Chronos.
Deuxième génération : Cyclopes et Géants, qui furent enfermés dans le Tartare.
On divinise le fer pour avoir été la première création technologique.
Dieux sont des représentations des forces cosmiques de l’univers (Océan, Nuit, etc). Chacun cherche son intérêt dans le domaine du possible. Cette idée dépend de la culture où évolue l’individu.
Ce monde, décrit par Hésiode, est absurde, soumis à un destin, et sous domination féminine.
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