26.02.2009

03 - Méthodologie disciplinaire (Les Misérables)

Méthodologie disciplinaire (séance trois)


Etude du texte de Victor Hugo, Les misérables (1862), IV, La mort de Javert.
Il s'agit d'un extrait des Misérables publié en 62. C'est son roman le plus connu qui a obtenu un succès populaire et qui a été très largement lu et étudié dans les écoles. Sous la IIIe République, notamment. Nous sommes dans la cinquième et dernière partie des Misérables qui s'intitule Jean Valjean, c'est un extrait du livre quatrième qui porte le sous-titre : « Javert déraillé ».
Javert était le fils d'un gardien du bagne de Toulon, il a connu Jean Valjean quand celui-ci était bagnard à Toulon. Il avait été frappé par le fait que Jean Valjean avait réussi à sauver un camarade en soulevant une charrette. Il possédait une force colossale. Lorsque Javert deviendra policier, Valjean sera libéré et changera d'identité. Dans la nouvelle ville où il vivra, Javert voit le maire soulever à nouveau une charrette : il retrouve sa proie. 
Aura lieu à Paris une émeute, et Jean Valjean sauvera Javert, il lui sera donc redevable. Comme il aura une dette vis-à-vis de lui, quand Javert pourra mettre la main sur lui, il aura un problème de conscience et ne pourra l'attraper. Conflit de devoir d'individu et de devoir professionnel. Il se débrouille pour qu'il s'enfuit et, ne supportant pas la faute de trahir son devoir de policier, il se jette dans les flots de la Seine, mettant fin à sa vie.


Commentaire composé du texte.
Nous sommes en pleine nuit. L'écume provoque des bruits de clapotements, pétillants, imperceptibles. La lumière se reflète sur les vagues, elle scintille telle une couleuvre sur les éclats de l'eau. « L'immensité » à valeur métaphysique de l'au-delà, de la mort. « Du gouffre » modifie l'emploi du mot « gouffre », créant une nouvelle entité indisecable. C'est valeur de vide. 
« Le mur du quai » est « confus », à cause de l'absence de lumière.
Un escarpement est un chemin irrégulier, « escarpement de l'infini ».
« L'odeur fade » : contradiction.


On a un texte qui se présente du début à la fin comme la description d'une scène nocturne. Cette obscurité permet dans en second temps l'étrange. Dans le domaine de la création artistique, on la désignerais plus par le fantastique. Ce fantastique est condionné par l'obscurité. 
La mort de Javert est aussi présentée. On a une sorte d'écrin qui présente la mort avec une certaine solennité, une certaine noblesse, emphase, et en même temps, une certaine sobriété. On a ici quelque chose de retenu.
On a donc :
1.L'obscurité
2.Le fantastique
3.La mort


On peut rappeller que l'inspecteur Javert dont la reconnaissance l'a contraint de laisser partir Jean Valjean, ne supporte pas d'avoir commis une faute professionnel, il a donc décidé de se tuer. 
Annonce du plan :
Dans ce texte, Hugo nous présente une scène tragique en créant une atmosphère singulière. D'abord il nous plonge dans l'obscurité. Il nous présente le texte de façon aussi limpide. Cette obscurité étant par définition propice aux fantasmes, Hugo peut nous communiquer une sorte de frisson surnaturel, et sur ce fond obscur et fantastique se déroule alors le drame proprement dit où l'évocation du suicide se fait à la fois de manière dépouillé et noble. 
1.L'obscurité.
Tout d'abord, on a un effet de profondeur, l'impression d'être nous-mêmes penchés en même temps que Javert vers l'eau noire du fleuve, car le pronom « on » choisit par l'auteur nous met aux premières loges du drame. Nous sommes plongés dans la nuit et cette nuit s'approfondie, elle prend du volume grâce aux bruits du fleuve et grâce à la lueur fugitive. Par instant, une lueur apparaissait. 
On a une perte des repères qui crée une sorte de vertige. En effet, l'obscurité noie les reliefs, dissout les points de repères et empêche l'esprit de s'arrêter, de se distraire sur un objet quelqu'il soit. Donc le gouffre prend un caractère fascinant, se transforme en ouverture, en au-delà, et le gouffre suscite l'idée d'une chute ; effet de vertige grâce aux idées vertigineuses et à l'ouverture aux ténèbres, auquel s'ajoute l'idée de la chute mentalement anticipée. (Le vertige est provoquée par l'imagination qui nous place en position de chute, provoquant l'étourdissement.)
On a un lexique surchargé. Quelques éléments du décor apparaissent mais ils sont tout de suite dérobés (mur du quai, arche du pont) ; mais d'autres parts on a énormément d'indications qui soulignent les ténèbres de façon emphatique, pléthorique. On a : « tout était noir », « on ne voyait pas la rivière », « on ne distinguait rien », « tout redevenait indisctinct », « ce vide sombre », « toute cette ombre », « cette ouverture de ténèbres », « l'ombre fut dans le secret », « cette forme obscure ». On a bien une douzaine d'occurences qui suggèrent les ténèbres. On a ici une surcharge relative à l'ombre.

Cette nuit implacable qui noie toutes les formes permet en même temps de libérer l'imagination. Ce simple pont sur la scène devient un décor fantastique, une scène de théâtre où va se jouer un drame.

II.Au moment où le drame se précise, Hugo adapte le texte, la description, les ressources littéraires employées, au thème, soulignant le caractère lugubre de la scène.
On a beaucoup de retenue, de pudeur, le ton n'est ni pathétique ni déclamatoire, ce qui permet de traduire solennellement ce suicide. Cette pudeur va finir par créer une ambiance un peu fantastique. De très nombreuses phrases sont courtes comme si l'on avait besoin d'évoquer le silence pour pouvoir reprendre haleine, ou comme si le narrateur voulait que se prolonge l'émotion de nombreuses fois après chaque phrase. On peut observer que le ton un peu spécial est obtenu car les mots importants sont placés à des endroits stratégiques. Ils ont une valeur sémantique forte, ils sont généralement placés en tête de phrase ou bien en position finale, devant des point-virgules ou des points. Ce qui leur donne un relief particulier, permet d'augmenter leur valeur propre. Parmi tous ces mots qui relaient bien l'ambiance du fantastique nous avons : « couleuvre », « immensité », « gouffre », « infini », « abîme », « horreur », « ténèbres » devant un point-virgule. On trouve aussi dans ce lexique des mots comme « fantôme » ou « invisible » qui complètent l'évocation de l'atmosphère surnaturelle. D'une certaine manière nous ne sommes plus vraiment dans un paysage parisien, plus plutôt devant un gouffre insondable, devant l'entrée des enfers, au bord d'un puis infini qui mène à l'inconnu. Quand il se suicide, Javert semble entrer dans une autre dimension, un tourbillon du néant, une sorte de Maëlstrom, qui n'a plus rien à voir avec le décor parisien. Ce phénomène est évoqué de façon subtile mais tout à fait repérable. L'eau est devenue gouffre ; la vie à la mort.
La vie sourde des éléments. Hugo semble communiquer aux éléments du décor (l'eau, la pierre, l'air), une vie intrinsèque, un peu menaçante, comme une sorte de conscience. On observe que le décor n'est pas totalement impassible, il a l'air obscurement animé. Par exemple, l'eau est doué de puissance. Elle est alchimiste, elle change la lumière en couleuvre. On parle de la froideur de l'eau, or, on pourrait aussi parler de celle de l'individu. C'est un terme qui est aussi moral. On dit que « l'eau est hostile », là encore, c'est un terme moral. « Farouche » aussi est signe de personnification, qui relève d'un caractère, d'une conscience. Les arches du pont sont lugubres et font parties d'un décor qui semble leur conférer un caractère psychique. Plus loin encore : « l'ombre est dans le secret », « le flot chuchotte ».
Le point de vue adopté par Hugo, la nature des phrases, le ton, la place des termes, l'animisme, tout ceci contribue à la création d'un climat à la fois tragique et fantastique naturellement complice à l'accomplissement du geste suprême : le suicide de Javert.

III.Le drame
Cet homme qui a longtemps contemplé l'obscurité et auquel nous avons été associé et qui a ressenti l'aspiration du gouffre basculera dans le vide. Or, Victor Hugo n'utilise absolument pas le pathétique pour le décrire. Au contraire, il utilise la litote, la pudeur, la discrétion. Donc, ce refus du pathétique se voit dans les périphrases par les convulsions du suicidé. C'est un terme un peu décalé qui ne décrit pas l'agonie du condamné. Tout se passe en dehors de notre vue. L'ombre seule fut dans le secret. Deuxième élément : on peut observer une certaine admiration de Victor Hugo pour son personnage est obtenu parce que le personnage se comporte à la fois avec détermination et une certaine grandeur. En effet, celui qui se jette dans le fleuve est celui qui reste jusqu'au bout un agent de l'état scellé, déterminé, il ne cède absolument pas à la panique, il reste maître de lui-même jusqu'au bout. On observe que sur le plan des verbes, on a un passage de l'imparfait au passé simple. « Il considérait », « apparut », « redressa ». Le passé simple exprime des actions brèves et sèches qui ne durent pas. De plus, on a un homme très maître de lui-même qui se tut, jusqu'à poser son chapeau sur le bord du quai avant de se tuer. Il pense au moindre détail, il est méthodique, calme, méticuleux. Quand il se jette dans l'eau, il semble se transformer déjà en un spectre, en une figure haute et noire. Il s'est déjà dématérialisé, il a pris le caractère extraordinaire d'un fantôme. La trajectoire est droite, et pas un cri, juste un clapotement sourd. Il tombe à pic. La véritable agonie de Javert est confié à notre imagination. Le texte est très pudique de ce point de vue là.

Hugo, ici, a réussi à conférer à un fait divers une dimension dramatique. A la base nous avons la mort d'un fonctionnaire de police dont la conscience est torturé. La scène est évoqué dans une ambiance fantastique, évoquant les puissances de la nuit, suggérant une animation des choses mais en bridant cette évocation grâce à l'inexistence du pathétique et de l'éloquence, ce qui le rend sobre. Cela permet alors de transfigurer Javert, le policier certes efficace et légaliste, mais il met une telle animosité traquer Jean Valjean qui est pourtant un modèle de réinserton sociale, qu'il semble transcendé par la bonne volonté de Jean.


Les misérables est un roman en cinq volumes baptisé le « Poème de la conscience humaine » qui tient de la fresque historique, sociale, avec des descriptions assez forte du social humain, garni d'analyses psychologiques bien réalisées. La structures du roman est complexe, s'entrecroisent les destins personnels, les forces de la société et les mouvements de l'histoire. Les personnages du roman ont souvent une valeur stable, ils incarnent une idée. Jean Valjean est le symbole de l'énergie morale. Monseigneur Myriel lui, incarne la grandeur spirituelle. Jean Valjean a été libéré du bagne, mais est aussi soumis à une indexation : tout est mis en oeuvre pour le faire plonger à nouveau. Il traîne en Provence et est accueilli par Myriel l'êveque. Mais pousser par une pulsion satanique, Jean part en volant des couverts en argent. Il est par la suite attrapé par la gendarmerie et ils découvrent les couverts en argent. L'êveque mentira alors, et offrira par suite deux autres chandeliers. Il lui faisait confiance, à été trahi, mais quand Valjean revient, au lieu de le punir, il redouble les compliments, il le gratifie comme s'il s'était bien conduit, ce qui rend la dette de Valjean encore plus forte, c'est une manière de l'aliéné au bien. A partir de là, il va devenir bon, il luttera contre les tentations et choisira toujours la voie du bien, ce qui le conduira à devenir le maire d'une petite ville.
Les Ténardiers incarnent la misère sociale. 
On a pas encore reprocher à Hugo de présenter une vision des choses trop manichéenne, un peu naïve. Il y a évocation de grands tableaux historiques, exemples : la bataille de Waterloo, un tableau sur l'année 1817, un sur les barricades. Les Misérables est un réservoir de passages symboliques qui ont été transmis et retransmis dans la tradition scolaire et littéraire. Arriver à produire un roman qui contient des images qui deviennent des clichés culturels tient du génie propre.

23.02.2009

02 - Méthodologie disciplinaire (Le Misanthrope)

Méthodologie disciplinaire
Molière : Le Misanthrope (1666)

Au sujet des personnages :
Oronte est un grand seigneur qui se plaît aux mondanités et qui se croît grand poète. Clitandre, lui, est un jeune marquis prétentieux, superficiel, narcissique ; un freluquet de bal. Célimène est la femme dont s'est épris Alceste le misanthrope ; elle possède de nombreux courtisans et se plaît à plaire aux hommes sans pour autant s'offrir à eux.

Quelques remarques au sujet du texte.
« Sort » : par quelle bizzarerie, par quel hasard.
« L'heur » : la chance.
« Fonds »: bases (quelles sont les bases de son mérite ? Qu'est-ce qui lui permet de recueillir son estime ? )
« Vous êtes vous rendue... » : Avez-vous succmbée au mérite.
« Eclatant »: ambigüité de sens.
« Grands canons » : perruquesubstitution phallique.
« Appats de sa vaste rhingrave » : grande veste anglaise.
« En faisant votre esclave » : à la mode féodale, ils se devaient de leur obéir, d'être servil.
« Ou sa façon de rire et son ton de fausset » : féminisation de Clitandre et caricature.

Proposition de commentaire composé concernant le texte étudié.

Introduction.
Lorsque s'ouvre l'acte II du Misanthrope, Alceste a été considérablement échauffé par une discussion avec son ami Philinte ainsi qu'avec la rencontre avec le peudo-poète Oronte qui lui a récité un sonnet abominable. Au début de l'acte II, Célimène fait son entrée dans l pièce et se rend compte que le misanthrope l'aime et reçoit alors une volée de bois vert de la part d'Alceste qui lui reproche de toléter autour d'elle des soupirants et de ne jamais les décourager. On est au coeur de l'invective au sujet d'un petit marquis : Clitandre.
Molière nous offre par le biais de son perso le portrait féroce d'un homme à la mode. On observera que ce portrait n'est point fait par un observateur détaché et objectif. Au contraire, un deuxième portrait se profile en creux : celui d'un homme jaloux. Enfin, il est bien certain que Clitandre n'est pas la seule cible d'Alceste ; ces propos sont aussi prononcés en tant que leçon à sa bien-aimé à qui il reproche d'être coquette.

Le portrait de Clitandre.
Le personnage qui nous apparaît à travers l'évocation d'Alceste est purement et simplement une sorte de mannequin, un porte-manteau. Et si à la fin du portrait n'était évoqué la voix et le rire du personnage on pourrait conclure que Clitandre se résume à quelques caractéristiques liées uniquement à l'apparence et à la parure. Clitandre n'a pas de pronfondeur. Exemple : il porte un ongle long au petit doigt, une perruque blonde, de grands canons, un amas de rubans, une vaste rhingrave. Une fois les détails exposés, on a l'impression qu'il a fait le tour du personnage, et qu'il n'y a plus rien à en dire. A la limite, le rire et le ton de fausset qui devaient donner de la vie en fin de tableau à ce porte-manteau ne font que le transformer en marionnette.
Alceste le présente comme une nullité grâce à un jeu d'opposition. On observe en effet que, à chaque attribut extérieur du courtisant est opposé une qualité ou une notion qui font éclater le caractère grotesque de ce pantin. Exemple : l'ongle long est opposé à l'estime. La perruque blonde, associée au mérite ; les grands canons, au verbe « aimer ». L'amas de ruban, au verbe « charmer » ; la rhingrave, à l'âme. Le ton de fausset, associé au « toucher » (émouvoir). On peut donc conclure que Molière ici fait un portrait-charge de ces prétentieux inutiles qui occupaient le devant de la scène sous Louis XIV.
Alceste paraît bien engagé dans cette satire ; trop, ce misanthrope concentre sa rage contre un rival : Clitandre.

Un jaloux qui s'exprime.
On peut considérer que si le portrait est aussi précis et cruel, c'est sans doute qu'Alceste observe sa victime avec beaucoup d'attention, allant jusqu'à l'ongle du petit doigt. Ce qui trahis évidemment le regard névrotique d'u jaloux. Ensuite sa jalousie se reconnaît du fait de son agresivité qui s'étale avec l'usage d'adjectifs hyperboliques. Exemple : le mérite de la perruque est exposé comme éclatant ; le terme « amas » pour les rubns est manifestement excessif. Donc cette intensité des adjectifs trahis chez Alceste une agressivité sous-jacente. Cette agressivité se repère également dans l'emploi des effets de surprises rhétoriques. Le fait d'antéposer les adjectifs sous des formes introogatives : « Sont-ce ces grands canons » alors qu'on pourrait s'attendre à « mérites ». Deuxième effet de surprise « vaste rhingrave » ; effet de chute cocasse qui induit une certaine agressivité. En employant le ton interrogatif il donne l'impression qu'il s'interroge honnêtement. Il mime une attitude objective, ce qui n'est pas le cas. Enfin, le portrait se termine par une insulte avec l'occurence « esclave », non neutre ; c'est un jugement extrêmement dévalorisant. De même que la stigmatisation du rire et de la voix jette un doute sur la virilité de son rival.
Transition : si c'est un jaloux qui parle, il réserve également quelques pics à la femme aimée.

Un procès de Célimène.
D'abord, le ton interrogatif choisit par Alceste montre qu'il se place par rapport à elle en position supérieure : cele du maître qui fait la leçon. En plus des suppositions liées à ces interrogations, celles-si sont assez insultantes. En effet, comment sans être la dernière des sottes, pourrait-elle trouver du mérite pour de grands canons, et se pâmer devant une rhingrave et des rubans ? Être séduite par un ton de fausset ? Cete opposition de l'énonciation ressenti par Célimène et le caractère ridicule de Clitandre est évidemment carcastique.
On observe que Alceste associe Clitandre à Célimène par le recours au pronom personnel et adjetif possessif de deuxième personne ; « Votre Clitantre », « Chez vous », etc. Non seulement Alceste associe les deux dans une sorte de couple verbal, mais en plus l'usage de la deuxième personne montre qu'il s'agit bien d'une sorte de procès de Célimène vu qu'il l'interpelle tout le long de sa tirade.

Conclusion.
Molière nous parle avec humour et férocité de l'un de ses petits marquis qui infestaient la cour de Louis XIV (critique sociologique) mais Moliière ajoute plus ubtilement une analyse psychologique de la jalousie chez l'homme amoureux, de même qu'il égratigne la cruauté des coquettes, se vengeant peut-être des infidélités que l'on prêtait à sa très jeune épouse Armande Béjard.

12.02.2009

Méthodologie disciplinaire, analyse du texte "Beams" de Verlaine.

Méthodologie disciplinaire

Analyse littéraire du texte « Beams » de Verlaine, tiré de la section « Aquarelle ».

On note en premier lieu qu’il a été écrit durant la traversée Douvres-Ostende. Il part d’Angleterre et a pour destination la Belgique en avril, donc durant le printemps.

Le titre est déjà un hommage à la culture d’Angleterre.

Diverses remarques et éléments d’analyse.

Le titre « Beams » évoque les rayons du soleil. On note un décor de printemps très favorable, avec « vent bénin », pour un vent léger, et le terme « embellie » pour désigner le moment propice et favorable du tempérament météorologique. « Calme et lisse » indiquent un ciel immaculé.

Il subsiste une certaine ambiguïté, concernant les « cheveux blonds », par exemple, qui peuvent être une image du bateau. Le poète suit les pas de « elle ». On peut parler d’une jeune femme ou de la figure de prouve, on ne peut véritablement se prononcer à ce sujet ;

Les varechs sont entraînés, les pieds glissent sur l’eau, déduisons que le bateau vire légèrement de bord.

Proposition de commentaire.

A l’origine du texte il y a un évènement présente comme vécu et daté qui est transfiguré dans le souvenir et qui est modifié par la création poétique. Cet évènement va donner naissance à un splendide paysage marin et en même temps provoquera l’entrée dans le lecteur dans une aventure peu banale.

I. Ce poème décrit un paysage marin lumineux. En effet, les éléments qui composent ce paysage procurent un sentiment d’immensité heureuse, aussi bien dans le choix des mots que dans la cadence du vers. L’eau est désignée par les flots de la mer en vers un, par une périphrase. Le poète désigne directement la mer. Les voiles qu’on voit au loin et les grands varechs sont des moyens indirects de désigner l’eau.

Deuxième élément de l’œuvre : l’air ; évoqué de façon directe par un vent bénin soufflé d’une embellie, le ciel calme et lisse ; le ciel est évoqué indirectement par « les oiseaux blancs volaient alentours mollement », « les voiles au loin s’inclinaient ».

Troisième élément : la lumière ; elle unifie l’ensemble du tableau. Cette lumière est présente dans le mot « embellie », dans la formule « le soleil luisait haut ». Et enfin dans la métaphore « dans ses cheveux blonds, c’était des rayons d’or ». La lumière est évoquée par la blancheur des oiseaux, également par la blancheur des voiles. « Beams » évoque les rayons du soleil.

II. On a un poème qui suggère une ambiance de rêve. Ce qui est fréquent dans le rêve : réalisation des désirs immédiatement, dès le début : « elle voulait aller sur les flots de la mer nous nous prêtâmes tous à sa belle folie ». On a également la reprise de cette réalisation : « Nous voila marchant par le chemin amer. » Deuxième élément : on a un univers assez paradisiaque où toutes les contraintes et obstacles du monde réel sont abolis. En effet, on a l’impression que les personnages du poème sont délivrés de l’apesanteur. Ils prennent plaisir à s’abandonner librement à des sensations oniriques de glissement, de bercements, et de mouvements doux et ralentis. Cette idée est évoquée aux vers 7, 8, 14. On a une grande fluidité à l’ensemble.

III. Le poème se charge de signification allégorique. Au delà de l’impression de bonheur immédiat que transmet ce poème, on peut observer que sa signification profonde possède une part de mystère. L’identité des personnages désignés par elle et par nous demeure indéfinie. Ainsi, plusieurs interprétations peuvent se superposer autour de ces différents thèmes que sont la fascination, le miracle, le bonheur teinté d’une légère inquiétude.

Première signification : évocation d’une aventure amoureuse. Le miracle ici naît de l’attraction, si bien que nous suivons son pas. Nous avons une belle description faite par le poète. Cette figure féminine est entourée d’admirateurs, joyeux d’être ses préférés.

L’aventure poétique : en effet, cette atmosphère fabriquée dans le poème nous transporte dans un univers de rêve, et nous donne l’image d’une muse. La muse qui entraîne ce qu’elle a élu. Ce chemin est à la fois une belle folie car le poète vit une expérience proche de la folie.

On a un poème qui s’inspire de la thématique du voyage mais il y a ici un pouvoir de suggestion lié à l’évocation d’une grande sensibilité et à la fois à celle de la musique verbale.

Méthodologie disciplinaire, analyse du texte "Beams" de Verlaine.

Méthodologie disciplinaire

Analyse littéraire du texte « Beams » de Verlaine, tiré de la section « Aquarelle ».

On note en premier lieu qu’il a été écrit durant la traversée Douvres-Ostende. Il part d’Angleterre et a pour destination la Belgique en avril, donc durant le printemps.

Le titre est déjà un hommage à la culture d’Angleterre.

Diverses remarques et éléments d’analyse.

Le titre « Beams » évoque les rayons du soleil. On note un décor de printemps très favorable, avec « vent bénin », pour un vent léger, et le terme « embellie » pour désigner le moment propice et favorable du tempérament météorologique. « Calme et lisse » indiquent un ciel immaculé.

Il subsiste une certaine ambiguïté, concernant les « cheveux blonds », par exemple, qui peuvent être une image du bateau. Le poète suit les pas de « elle ». On peut parler d’une jeune femme ou de la figure de prouve, on ne peut véritablement se prononcer à ce sujet ;

Les varechs sont entraînés, les pieds glissent sur l’eau, déduisons que le bateau vire légèrement de bord.

Proposition de commentaire.

A l’origine du texte il y a un évènement présente comme vécu et daté qui est transfiguré dans le souvenir et qui est modifié par la création poétique. Cet évènement va donner naissance à un splendide paysage marin et en même temps provoquera l’entrée dans le lecteur dans une aventure peu banale.

I. Ce poème décrit un paysage marin lumineux. En effet, les éléments qui composent ce paysage procurent un sentiment d’immensité heureuse, aussi bien dans le choix des mots que dans la cadence du vers. L’eau est désignée par les flots de la mer en vers un, par une périphrase. Le poète désigne directement la mer. Les voiles qu’on voit au loin et les grands varechs sont des moyens indirects de désigner l’eau.

Deuxième élément de l’œuvre : l’air ; évoqué de façon directe par un vent bénin soufflé d’une embellie, le ciel calme et lisse ; le ciel est évoqué indirectement par « les oiseaux blancs volaient alentours mollement », « les voiles au loin s’inclinaient ».

Troisième élément : la lumière ; elle unifie l’ensemble du tableau. Cette lumière est présente dans le mot « embellie », dans la formule « le soleil luisait haut ». Et enfin dans la métaphore « dans ses cheveux blonds, c’était des rayons d’or ». La lumière est évoquée par la blancheur des oiseaux, également par la blancheur des voiles. « Beams » évoque les rayons du soleil.

II. On a un poème qui suggère une ambiance de rêve. Ce qui est fréquent dans le rêve : réalisation des désirs immédiatement, dès le début : « elle voulait aller sur les flots de la mer nous nous prêtâmes tous à sa belle folie ». On a également la reprise de cette réalisation : « Nous voila marchant par le chemin amer. » Deuxième élément : on a un univers assez paradisiaque où toutes les contraintes et obstacles du monde réel sont abolis. En effet, on a l’impression que les personnages du poème sont délivrés de l’apesanteur. Ils prennent plaisir à s’abandonner librement à des sensations oniriques de glissement, de bercements, et de mouvements doux et ralentis. Cette idée est évoquée aux vers 7, 8, 14. On a une grande fluidité à l’ensemble.

III. Le poème se charge de signification allégorique. Au delà de l’impression de bonheur immédiat que transmet ce poème, on peut observer que sa signification profonde possède une part de mystère. L’identité des personnages désignés par elle et par nous demeure indéfinie. Ainsi, plusieurs interprétations peuvent se superposer autour de ces différents thèmes que sont la fascination, le miracle, le bonheur teinté d’une légère inquiétude.

Première signification : évocation d’une aventure amoureuse. Le miracle ici naît de l’attraction, si bien que nous suivons son pas. Nous avons une belle description faite par le poète. Cette figure féminine est entourée d’admirateurs, joyeux d’être ses préférés.

L’aventure poétique : en effet, cette atmosphère fabriquée dans le poème nous transporte dans un univers de rêve, et nous donne l’image d’une muse. La muse qui entraîne ce qu’elle a élu. Ce chemin est à la fois une belle folie car le poète vit une expérience proche de la folie.

On a un poème qui s’inspire de la thématique du voyage mais il y a ici un pouvoir de suggestion lié à l’évocation d’une grande sensibilité et à la fois à celle de la musique verbale.