22.09.2009

Angoisse enroulée.

Par où commencer. Beaucoup de choses se sont passées. J’entends surtout par là un camping en bord de rivière avec quelques personnes de bonne grâce et de confiance. N’est-ce pas ce pauvre Chactas, croyant voir arriver la vierge des derniers jours qui énonça : « Les mouvements d’un cœur qui va bientôt cesser de battre répondraient mal aux mouvements du vôtre » ? J’ai toujours compris la réaction de ce pauvre Chactas. Je suis moi-même sujet à des mouvements de cœur émotionnels qui troublent mon esprit par l’amour que je puis porter à ma conjointe. Mais dans ce monde où rien n’est toujours tout rose ni tout noir, que devrais-je penser quant à l’avenir qui s’avance ? Car l’avenir semble être deux et non un. Or, je n’aurais jamais pensé que je pouvais être à ce point si délicat – ceci semble être le mot – mais concevoir un avenir sans elle ne serait pas un avenir. Mais, en est-il de même pour elle ? Ce pourrait-il que nous divergions en des points qui soient des plus importants et affabuleraient alors des conséquences faramineuses que l’empreinte même du lien qui nous unit et fait de nous les amants qui s’enlacent sous un clair de lune distinct jusqu’à l’incendie de nos ailes sous un soleil ravageur et jaloux ? Je ne puis en réalité dissoudre mes rêves sans tenter de les souder à mon propre réel, mais je ne saurais survivre à leur destruction. Et de ces mouvements de cœur émanent alors logiquement une peur. La peur, la crainte, l’angoisse, même, celle de la disparition, de perdre ce que je possède, ce que j’ai, ce à quoi je tiens. Parfois, j’imagine, je nourris mon esprit de réalités virtuelles et de sombres pensées. Alors j’ai l’impression qu’au fond de moi, quelque chose pleure, se meurt doucement, mon humanité se délaissant au profit d’une bestialité contenue depuis tout ce temps. Détruire, détruire, détruire ou plus simplement, me détruire avant que je ne fasse quoi que ce soit. C’est sans doute de ces effets que je tire la violence dont je fais preuve lorsque la colère me gagne. Je ne veux faire de mal autour de moi ; je préfère ainsi souffrir pour ça. Je me sens incapable de lui faire du mal et je refuse de faire quoi que ce soit ainsi. Je m’accorde mon propre refus ; ce n’est en aucun cas paradoxal, juste une façon de penser divergente qui, je l’accorde aussi, n’est pas des plus compréhensibles. Mais je préfère me noyer dans mes sombres pensées que rendre sombre l’extérieur qui m’accueille. Plus encore, que se passerait-il si je lui faisais part de mes craintes et de mon désarroi ? De nombreuses pensées plus ténébreuses encore s’emparent de moi. Devrais-je orienter mon amour de façon différente ? Devrais-je reconsidérer mon point de vue ? Devrais-je redevenir l’être insensible que jadis je fus, qui n’éprouvais d’affection que pour la Mort et qui bénissait le mal au grand dam de cette humanité tant détestée ? Le misanthrope n’aime que lui et ignore le monde ; le sociopathe ne s’aime pas et veut nuire au monde. Je ne suis pas ce sociopathe ; du moins, je ne veux pas le redevenir. Mais qu’allons nous faire ? Je lui ais permis de partir, mais je me connais. Connais-toi toi-même et tu connaitras les cieux et les dieux. Je connais ces cieux et, hélas, je me connais que trop bien. Jamais je ne la laisserais partir de mon vivant sans m’accorder une mort à la douce monnaie. Comme je l’eus dis, mourir m’importe peu, tant que la mort me berce. Ais-je vraiment compris le sens de la vie ? Ca aussi, peu importe. Ce qui est important est l’immortalité et je l’aurais laissé dans les cœurs d’êtres humains. Peu importe ce que l’on pense de moi, mes craintes ne sont pas injustifiées. En ces sombres heures de chaos, je ne demande qu’une chose, la paix méritée d’un profane, la providence de celui qui réclame l’ordre, la volonté nécessaire pour toucher le fond. Car ce n’est que lorsque l’on a tout perdu que l’on est libre de faire ce que l’on veut. Renaître pour mieux vivre. Mourir pour renaître. La renaissance, dernier sacrilège de l’humanité, sera le berceau de mes peurs et la terminaison de mes angoisses qui, finalement, trouveront en cette fin, le repos qui devrait depuis longtemps m’être accordé. Lui existe encore, il est muet mais il confirme ce que je pensais. Quand vous vous regardez dans un miroir, faites attention : ce n’est peut-être pas vous qui vous observe. Il est malin, s’incarner en vous est la meilleure solution pour vous approcher. Vous êtes faibles, lui aura votre âme.

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