18.08.2009

Steamheart II

Steamheart II, Tales of a Steampunk Heroes.

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Derrière son œil se trouvait un ensemble de mécanismes directement connectés aux parties gauche et droite de ses hémisphères cérébraux. Ne demandez pas d’où viennent ces mécanismes complexes et intrinsèques, ils sont les fruits d’une expérience ratée et d’un savant aux allures délurées qui vous ferait peur rien qu’à l’entendre et mourir à le voir. Ainsi, cette pauvre créature qui n’est plus tout à fait humaine et aux fragments mécaniques nourrit une ambition sanguine des plus cruelles. Il traque, chasse, tue, élimine, détruit, s’empare des cœurs de ses victimes. Il les saisit de ses doigts humains et observe l’organe d’un œil inquisiteur par son œil pendulant : son œil gauche, où derrière réside ces mécanismes fluides et cliquetant, n’est pas un globe blanc orné d’une pupille délicate et humide ; c’est un pendule qui ne cesse de se balancer, continuellement, sans ambigüité aucune et sans motivation de mouvement. Après tout, personne ne su vraiment pourquoi cet homme abritait en son œil gauche une pendule et personne ne su qui il était avant. Maintenant, tous se demandent à quoi sert cette pendule et s’il peut réellement voir avec ? Mais, avec tout ce qui se passe, tous pensent que oui. Il est doué d’une inextricable précision à l’usage des armes à feu ; d’un coup de fusil à double canon il pointe et détruit ce qu’il peut voir avec le plus simple des réflexes. Pour lui, rien n’est plus facile que la destruction. Mais sa passion des cœurs l’oblige à utiliser sous toutes ses formes son plus fidèle compagnon. Anima, un Démon qui a la forme d’une épée, peut s’incarner en l’objet métallique de son choix ; sans lui et ses multiples incarnations chirurgicales, il ne pourrait jamais obtenir ces cœurs et sa passion morbide du sang ne pourrait être assouvie. Oh, on ne sait pas vraiment d’où lui vient le désir d’arracher et de collectionner les cœurs de ses victimes. Mais ces victimes, qui sont-elles vraiment ? Des criminels, des bandits, des terroristes, des violeurs, des pédophiles, des tueurs. Mais aussi des pères de familles, des prêtres, des hommes politiques, des gardiens de prison et des professeurs. Pourquoi toute cette diversité, cette macabre passion et son insaisissable discrétion ? Pas même son nom ne résonne dans les bouches des familles ; tous l’ignore. Il incarne le mystère, l’étrangeté, la violence, la haine, la passion et la miséricorde pour tous ceux qu’il ne tue pas. Pourtant, personne ne sait qui il est mais une chose est sûre : les cliquetis sonores qui émanent de son crâne sont annonciateurs d’une mort violente. Croiser son chemin est croiser celui d’un démon. Vous me demandez qui il est ? Ce n’est plus un homme, ce n’est pas une machine : c’est le Diable lui-même qui a prit ce corps meurtri. Et par-delà les souffrances qu’il a pu vivre, les souffrances qu’il inflige, si vous connaissez son visage, c’est que vous êtes déjà mort.

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