26.04.2009

? - Mythologies comparées

Mythologies comparées (séance ?)

Actéon est un jeune homme dont le plaisir est la chasse. Il a chassé un certain nombre de chiens qui lui permettent de rabattre le troupeau. Mais alors qu’il sortira de ses sentiers de chasse privilégiés, il tombera sur Diane, la Déesse Chasseresse, en train de se baigner.

La métamorphose ici d’Actéon est un renversement total de la situation ; il est chassé par ses propres chiens ; par-là même, l’être humain découvre la condition de l’animalité, et il devient sa proie. Il garde la raison humaine, sans qu’on nous dise que les animaux soient sans raison. Tous ses chiens ont un nom propre, en leur reconnaissant une identité, il parle d’eux comme des personnes ; il perd son identité et est victime de ses chiens qui ont en une. Finalement, il meurt de la non-reconnaissance et précisément le jeu des métamorphoses est un jeu sur les masques, sur la reconnaissance. La forme animale ne change pas l’identité mais la reconnaissance ; les métamorphoses montrent que le véritable passage est plutôt entre le social et le non-social. Les chiens qui déchirent le cerf, c’est des animaux qui déchirent un autre animal. Du point de vue grec, la métamorphose se fait plutôt de l’animal sauvage à l’animal domestique. Enfin, dernière remarque sur ce texte : devenu cerf, Actéon comprend enfin ce qu’il a fait subir au cerf. Sa souffrance n’est ni plus ni moins que n’importe quel animal chassé par un chasseur. C’est un point important des métamorphoses, car on reconnait l’équivalence des souffrances et des sentiments produits. Des deux côtés, il y a bien échange du regard, mais il y a perte d’identité ; il meurt dévoré par ses compagnons.

On peut se demander aussi si Diane ne se venge pas au-delà de sa pudeur offensée, mais le châtie d’avoir empiété sur ses terres. Dès que les êtres ont un nom, ils acquièrent par-là même une personnalité.

à Deux sœurs, une ainée et une cadette décident de quitter leur terre pour remonter une rivière – elles quittent leur espace – et par hasard, deux fruits tombent dans leur épuisette. Elles goûtent et mangent ces deux fruits, et l’une comme l’autre se révèlent enceinte de ces deux fruits, et chacune accouche d’un enfant, un garçon, qui vont chacun devenir un redoutable guerrier. Et par leurs frondes et leurs sagaies, ils chasseront. Mais leurs mères leur demande de ne jamais aller dans la région dont elles sont originelles ; ils iront et tueront les familles des mères. Quand ils reviennent, leurs mères les blâmes, et eux retournent à leur lieu d’origine et reprennent une forme végétale.

Nous ne sommes pas dans une métamorphose, mais dans un jeu ou du végétal donne de l’humain et ou l’humain redevient du végétal. Les passages du végétal à l’humain, avec ou sans retours, dans les mythes locaux, est fréquent. Ces deux fruits sont étrangers au clan d’origine, deux étrangers qui n’ont aucune relation avec le clan en question. L’alliance se fait en dehors des normes sociétales. On note aussi que les deux sœurs n’accouchent pas dans leur lieu d’origine ; sauf qu’au lieu de se lier à leur clan et leurs parents utérins, ils seront en conflits. Puis, lorsqu’ils seront en dehors de leur clan, ils redeviendront des fruits, symboliquement, ils redeviendront des étrangers ; on parle d’une intégration ratée. La thématique est celle de celui qui est à l’extérieur par le biais de l’alliance il « intègre » un groupe. Quand on regarde les histoires locales, souvent l’étranger pourra recevoir le statut d’intégration de chef. Cette histoire correspond au fondement réel et d’une intégration ratée. On ne confronte pas ici des dieux, nous sommes dans un récit qui raconte un itinéraire qui raconte l’échec de l’intégration et de l’alliance finalement ratée. L’étranger reste étranger et est marqué par le côté végétal. On est aussi dans un clivage végétal-animal-humain, mais plutôt dans un réseau humain, son extension, et tout ce qui est hors-réseau. Nous sommes devant un mythe qui raconte une histoire qui décrit les rapports entre les clans et l’implication du végétal à l’être humain. C’est un texte limite fondateur qui privilégie les alliances.

à Ce que dit Montaigne s’oppose absolument à ce que dit Descartes et Malebranche. Ce qui montre que les cultures sont complexes et les points de vus divergents.

Dans le cadre de Montaigne, nous n’avons pas un manichéisme humain/animal, mais il confond les deux dans la même réflexion.

Descartes. Avoir un corps est une expression curieuse puisqu’elle indique une possession, que nous ne sommes pas ce corps, c’est déjà un parti prit culturel. Nous ne sommes pas ce qu’on possède. Descartes pense que pour exister il suffit d’un esprit et que le corps n’est pas indispensable, il sépare le corps et l’esprit. L’âme peut penser sans le corps. Il reconnaît tout de même que si le corps va mal, on a plus de difficulté de penser. Il suffit que le corps se détracte pour qu’on se rappelle qu’on est un corps. Le corps se fait oublier de la conscience quand il va bien mais la conscience n’est que conscience du corps quand il va mal.

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