26.04.2009
05 ? 06 ? - Mythologies comparées
Dans la Naissance de la tragédie de Nietzsche, Dionysos est le Dieu de la démesure. Comment Dionysos, lui-même, est né ? C’est le fils de Zeus et d’une mortelle, Sémélé. Era est jalouse de cette histoire d’amour avec Sémélé, elle a donc une ruse. Elle dit à Sémélé de demander à Zeus de se montrer dans toute la splendeur ; à ce fait, Sémélé meurt et Zeus arrache l’embryon du ventre de la femme et il l’implante dans sa cuisse. C’est, entre autres, le dieu de l’ivresse et de la vigne ; et dans les mythes dionysiaques, c’et un dieu qui concerne beaucoup les femmes. Ses cortèges sont composés des Ménades qui sont possédées par leur dieu pendant les fêtes. Elles ont tendance dans le cadre de leur cortège, à déchiqueter, tuer, dépecer, tout ce qui tombe dans leurs mains.
Autre personnage intéressant : Penthée. Penthée est le roi de Thèbes, mais quand Dionysos arrive, Penthée refuse de reconnaître le caractère divin du dieu ; il se vengera. Sa mère est Agavé, à Penthée, elle fera partie du cortège des Ménades. Quand Dionysos part avec son cortège, Penthée veut surveiller et observer si Dionysos est vraiment un dieu. Mais les Ménades le voient et le font descendre de l’arbre où il se cache. Pour les Grecs il est pire de mourir sans sépulture que de mourir ; Penthée n’aura pas de sépulture puisque son corps a été déchiqueté et de nombreux morceaux. Sa mère, Agavé, a cru tué un lion, même si elle avait reçu l’ordre de tuer toute espèce vivante. C’est la vengeance de Dionysos qui le fait mettre à mort Penthée par sa propre mère. Il sera mort, n’aura aucune sépulture et sa mère aura commis le pire des infanticides.
La République, de Platon (livre VII)
On semble être dans le cas d’une personne qui détient une raison supérieure. Dans le premier paragraphe, Socrate imagine une sorte de fable dans lequel les hommes sont enchaînés, le dos tourné à l’entrée. Ils ne voient que le fond de la caverne éclairé par un feu. Symboliquement, cet enchaînement représente la condition humaine. Sur le fond de cette caverne, nous voyons des ombres ; ce ne sont pas les ombres de la réalité mais de marionnettes. Non seulement nous ne sommes pas dans la réalité, mais nous voyons les ombres d’un semblant de réalité : l’ombre des marionnettes. Ils sont donc persuadés que ceci est la seule réalité. Puis il imagine un homme qui se délivrerait de ses chaînes. Quand il se tourne vers la lumière, il souffre, il est aveuglé. Arrivé à l’extérieur, enfin, l’homme qui s’est échappé (le philosophe), petit à petit, il commencerait à observer le monde réel. Il passerait de l’ombre du vrai arbre, à l’arbre, puis de la lumière, puis du soleil. Tout ceci selon Platon parce qu’il y aurait des degrés d’illusions. Celui qui serait entré dans le monde réel n’aurait pas du tout envie de retourner dans la caverne, il le ferait à ses risques et périls. L’idée de Platon est la suivante : il y a le monde des apparences, la dimension sensible. Or, pour Platon, tout ce qui est apparence est forcément illusion, c’est ce qui ne change pas. Il y a dans le monde des apparences des choses vraies. Quand la fleur fane, ce n’est pas la beauté qui fane, mais la fleur ; pour lui il y a donc une beauté indépendante de la fleur. Il y a donc au-delà du monde sensible ce qu’il appelle des vérités intelligibles. Bien entendu si on veut arriver au vrai monde, il faut impérativement se tourner vers le monde sensible. Avec l’idée liée à la croyance de Platon que l’homme se détache du corps à sa mort et rejoins le monde des idées, la connaissance est en nous et la seule façon de l’atteindre est de se détourner complètement du monde sensible.
La science, n’est rien d’autre que l’observation du monde sensible. Elle ne pourrait apparaître que si l’on observe des objets qui sont dans le temps et dans l’espace ; le scientifique fait le contraire de Platon. Il n’y a de réalité que ce qui se trouve au fond de la caverne. Platon dit : tout ce que vous prenez pour la réalité n’est pas la vérité. Qui est fou ? Celui qui dit que pour une qu’une chose soit connaissable il faut qu’elle apparaisse, ou celui qui croît aux réalités derrières les apparences ? Celui qui passe pour le sage n’est pas le dernier des fous ; ce n’est pas parce qu’il prétend que tout le monde est fou est qu’il a raison. Celui qui prétend que le monde que nous voyons n’existons pas ou celui qui prétend que le vrai monde existe ailleurs ; lequel est fou ? La question de se demander qui est fou est pertinente. Lorsqu’on suit une logique d’idées sans tenir compte de ce qui permet les idées à savoir d’abord la présence au monde, on est dans la définition de la folie. C’est la négation du réel, c’est la définition de la folie. Or, à chaque fois qu’on a un concept dogmatique, on a une question de folie.
Lorsqu’on construit des idées sans tenir compte du réel, on tombe dans la folie. Les fous ont une logique. Être fou, c’est partir d’un postulat et construire sur lui, sur une base qui ne repose sur rien si ce n’est sur du vide. On construit sur quelque chose qui est faux, de manière logique. Celui qui se prend pour un sage n’est pas si sage que ça. Le fou le plus dangereux est sans doute celui de Platon plus que celles des Ménades.
Le nouveau testament.
Ce qui paraît fou aux yeux des hommes est la sagesse de Dieu. L’idée ici est qu’il y aurait une intelligence supérieure à la notre, une folie apparente. Ce n’est pas original : la pythie est considérée comme une sagesse supérieure. Dans cette première lecture, la folie n’est qu’un masque. L’interprétation de profonde théologie est plus intéressante : quand Dieu fait le monde, il le fait sans raison. S’il le fait pour de bonnes raisons, ça signifierait qu’il serait soumis à une logique qui le précède, soumis à un raisonnement. La création de Dieu ne peut être que folle, elle ne peut être que sans raison. C’est un pur caprice immotivé comme le geste d’un fou. C’est lourd de conséquence, car si le monde est caprice de fou, ne nous étonnons pas que le monde soit fou et qu’Abraham n’hésite pas à sacrifier son fils. Tout est folie, tout est histoire de folie et si on croît en Dieu, rien n’est véritablement sage. Quand Descartes a voulu prouver l’existence de Dieu, il a été fustigé par l’Eglise puisque c’était un péché capital. Mais est-il bien raisonnable de croire en un Dieu fou ? La thématique de la folie n’est pas inintéressante, peut être la folie n’est-elle pas induite uniquement dans la folie de personnages, mais également dans des textes (Platon) et dans la Religion.
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