06.04.2009
01 - Culture du Pacifique
Culture du Pacifique (séance une, au cas où vous ne l'auriez pas compris. Bande de moules plasmiques de l'espace !)
Tous les peuples de l’humanité développent des techniques, des pratiques, des coutumes, des valeurs, une forme de transmission de savoir intérieur de la société ; et c’est ce savoir sur lequel els anthropologues et sociologues, en observant ce peuple, qu’ils étudient les dérivent des cultures sur une sorte de typologie raciale. Aujourd’hui, avec le brassage culturel, on arrive à ce rappeler les formes d’empreintes des cultures antérieures, où dans les langues locales on retrouve des mots de cultures différentes et anciennes.
Les langues sont issues de quelque chose qui est commun ; dans le Pacifique, on va retrouver des restes à l’intérieur de certains lexiques.
Toutes les sociétés à un moment donné laissent un certain héritage qu’on va identifier à travers soit la langue, soit des techniques, comme les poteries Lapita, soit par l’outillage, et aussi tout moyen technique qui puisse aider cette population à conquérir des espaces plus lointains. Un élément qui est assez propre au territoire du Pacifique c’est la pirogue. Les hommes se sont posés à un moment en se demandant « Pourquoi les hommes ne sont-ils pas habillés » ? L’homme va s’adapter. Une forte adaptation à l’intérieur de l’environnement. Ce qu’on verra plus tard dans notre cours, car il va accomplir des actes pour pouvoir s’implanter. Le deuxième élément qui va le différencier est sa faculté à vouloir se connecter. On essaye de chercher comment dominer le chef dominant. Quand on va se brancher à un autre groupe on va commercer, échanger des femmes ; la femme est au centre de nombreux échanges à de nombreuses coutumes. Troisième point : se retrouve à travers la facilité à l’individu à se transformer et créer des outils nécessaires pour essayer de dompter cette nature qui est là, qu’il ne peut pas dominer, mais qu’il peut contrôler certaines parties de cette nature. Et de ce développement intellectuel et technique va naître le concept de culture. Et ce concept est né d’une pratique fondamentale pour l’homme, d’une pratique qui reste indispensable pour l’homme et d’une pratique de cultiver la terre.
C’est pour ça que Marshall Sahlins, anglophone qui observe les sociétés du Pacifique, dit : « Les choses doivent conserver une part de leur identité à travers leur transformation, faute de quoi, le Monde ressemblerait à un asile d’aliénés. » Citation reprise par Alban ? « La fin de l’exotisme », essai d’anthropologie critique. Quel est le cadre qui s’avance à travers les trois concepts que nous avançons ? Toute société s’inscrit toujours dans une dynamique historique. Et l’histoire retraduit et retranscrit les faits qui marquent l’évolution de la société à travers des périodes plus ou moins longues. Ce qui montre que le développement d’une société s’inscrit dans l’histoire. Et on ne peut l’écarter lorsque nous sommes amenés à étudier telle ou telle société. Deuxième élément de cadre que nous allons poser après l’anthropologie : la sociologie : chaque société est toujours en rapport avec… Des groupes, des objets… Le rapport à l’objet, au vivant, au mot, est ici d’une importance capitale, c’est ce phénomène de relation. C’est pour ça que la sociologie étudie toute sorte d’interaction avec les objets, les groupes, etc. On ne peut pas étudier ces relations sans étudier la société, et on parle alors d’anthropologie. Du coup, il est de notre intérêt d’étudier les sociétés à travers une anthropologie sociale historisée.
Tout objet dans un milieu subit des contingences, tout paramètre sociologique (les coups de force, bluffs, on essaye d’avoir plus que l’autre)…
Au niveau de la Grande Terre et des îles. Si on approche pas l’aspect qualitatif de la société, c'est-à-dire le rapport que l’on établit par rapport à l’histoire, comment les gens vont s’établir dans la société, on oublie d’étudier certains points de vue sociologiques des organisations, comme étudier la rentrée des chefs dans les tribus canaques.
Dans certaines tribus, des écoles ont été construites en face des églises pour défier l’Eglise, l’emprise religieuse, et prôner la laïcité. Quand on regarde les tribus sur le territoire, les religions prennent plus de place, d’où la difficulté de définir ce que c’est le citoyen. Dans toues les sociétés, chaque société édifie des stratégies propres. Autre particularité, parfois l’école est installée près d’un cimetière, ce qui montre que les pratiques et les stratégies qu’adoptent les gens ne sont pas toujours les mêmes mais présentent des ressemblances. Il y a trois typologies de positionnements de l’école.
Premier type : l’école est placée à la sortie ou à l’entrée de la tribu.
Deuxième : à côté du cimetière.
Troisième : à la limite de la tribu pour établir un consensus avec une autre tribu.
Les grecs vont déformer un type d’intelligence appelée la Mètis : une utilisation du contexte et de ses éléments avec un esprit fin pour arriver à des résultats escomptés avec des moyens du bord. Connaissant le milieu, on développe des stratégies différentes. C’est cette forme d’intelligence différente qui montre que chaque peuple développe un outillage conceptuel nécessaire adéquat. Au niveau des stratégies, pour appréhender ainsi le monde, il faut connaître les lieux. Toujours est-il que des pratiques se développent dans les cultures et créent ainsi l’expert, une sorte de savoir spécialisé : les chamans chez les indiens, les sorciers, etc. On a des clans spécialisés dans ce domaine, le clan du kava par exemple. Si on observe bien, le rituel du kava consiste en des gestes particuliers. Pour pouvoir conserver certaines pratiques, ces savoirs sont retransmis de pratiques en pratiques à des groupes spécialisés. Lorsque cet héritage-là n’est pas donné, la situation devient critique car si l’individu concerné meurt, le savoir disparaît. Ce qui a sauvé les langues du Pacifique, c’est tout de même les religions, à travers les traductions différentes des bibles en langue du Pacifique.
Les trois typologies montrés tout à l’heure montrent que l’école est situé selon les conceptions de telle ou telle société, et ces formes de stratégies que les gens développent à l’intérieur, crée quelque part, le phénomène d’handicap culture.
1er élément : adaptation, intégration
2e élément : la connexion
3e : transformation
4e : l’handicap culturel
Pour nous situer un peu : quand on dit que tout système fabrique toujours, si on a pas inventé l’école, on aurait pas inventé l’échec scolaire. C’est parce qu’on a inventé le premier qu’on a créé le second. Dans tout système, on crée quelque part l’envers. Sans banque, pas de crédits, etc.
Chapitre I : Un creuset commun, exemple : la Nouvelle- Calédonie
Le 05 avril 1946 : abolition des textes liés à l’indigénat. La France instaure une politique d’assimilation. Dès le 07 mai 46, le terme de Colonie est caduc, mais il sera conservé comme un mot historique, et qui sera remplacé un peu plus tard par le terme TOM. A partir de ce moment là, une espèce de creuset commun commence à apparaître : un brassage timide, ponctuel. En même temps ce qu’il faut savoir c’est que les indigènes commencent à acquérir le statut de citoyen. Le 26 octobre, avec la constitution de la IVe République, sur le territoire, deux grosses associations canaques « Union des Indigènes Calédoniens Amis de la Liberté dans l’Ordre » et « Association des Indigènes et Loyalciens Français ». Ces deux associations ont été imputées par deux grandes églises catholiques et protestantes, elles marquent le désir des indigènes à s’ouvrir au monde qui les entoure, refusant tout système clos. Mais paradoxalement, veulent conserver les territoires issus des réserves : des tribus. La réserve a été enlevée mais les tribus vont demeurer. Les tribus sont des espaces non-canaques. De ces deux associations se profilent les deux partis politiques qui vont rester majeurs en Nouvelle-Calédonie : l’UC et le RPC. De 1946 à 1956, toutes les évolutions se mettent en place au niveau du territoire. Couronné par la loi cadre de Phfferre du 26 juin 56 instituant une assemblée territoriale, un exécutif de sept ministres, présidé par le gouverneur devenant haut-commissaire de la République ou simplement le haussaire, cette loi favorise la constitution d’un premier gouvernement Calédonien. Ce qu’il faut savoir c’est que l’insertion de certains kanaks, dans le monde socio-politique, affermit le désir d’intégrer le système contrôlé par les grandes familles. Il y a les grandes familles qui dirigent les grandes infrastructures.
Les religions vont fonctionner avec la coutume.
En 1774, Cook capitaine de la marine britannique aborde sur une île qui sera « baptisée » Nouvelle-Calédonie. A partir de 1830 les contacts entre Kanak et Occidentaux se multiplient. Le 24 septembre 1853n le contre amiral Fébvrier Despointes, prend possession de l’île au nom de la France impériale. Progressivement la société coloniale se met en place. Jun embryon d’école missionnaire s’implante dès l’arrivée des religieux et l’installation avec son cortège de micro institutions. Des « écoles du dimanche » et des lieux de catéchisme sont créés.
Missionnaires.
Chez les protestants, la bible devient l’instrument principal d’enseignement de la lecture et de l’écriture auprès des enfants de tribus. Cependant, comme le souligne Pierre Clanché « Ce n’est que bien plus tard que certaines écoles privées catholiques et surtout protestantes deviendront quasi officiellement les « écoles des kanaks » reconnaissant d’abord la dignité de leur culture, telle celle fondée par le Pasteur Leenhardt à Houaïlou, le mythique collège Do Néva, qui avant de devenir le point de passage obligé de générations de jeunes kanak, n’était à l’origine (1904), qu’une petite école pastorale formant les futurs diacres ».
Les religions s’attaquent au symbole et étendent le culte chrétien à Tahiti (implantation d’églises pour supplanter les totems). Et c’est tous ces systèmes qui fonctionnent à moment donné dans l’histoire qui gèrent l’environnement social des individus.
Tout système qui domine instaure en même temps ses propres microstructures de dominations. La religion, le marchand (système commercial), et l’armée. La théorie des troisièmes : missionnaire, marchand et militaire. Les conquêtes qui ont eu lieu à partir de cette époque-là à la recherche de nouveaux territoires pour agrandir l’occident ont toujours été mis en avant. Les missionnaires pour dompter les sauvages, les politiques pour gérer les sauvages, et l’armée en cas de répression pour calmer les ardeurs des luttes possibles, et c’est partout la même chose. Les religions ont pu sauver certains élément des sociétés insulaires en important des prix auprès des populations, en formant des élites autochtones, que ce soient ici, Vanuatu, ou en Papouasie Nouvelle-Guinée… Il n’y en a pas beaucoup, mais il y en a. L’Eglise a conservé aussi des langues du Pacifique. Bien entendu, le système administratif s’implante aussi sur le territoire. Et particulièrement pour la Nouvelle-Calédonie, la découverte du Nickel par Jules Garnier va orienter le pays vers une dimension d’exploitation minière internationale et cela depuis 1880. L’une des premières usines se situait à Thio. Entre la découverte du minerai et la réalisation, il faut attendre quand même une dizaine d’années. Chaque pays dominant crée ses archipels dominant au contrôle du nouveau contexte. C’est un détail intéressant car on voit que les territoires s’organisent.
Accords de Matignon : 88 ; Accords de Nouméa : 98. Ces accords redéfinissent un nouveau schéma de gestion politique, économique, et de développement au niveau du territoire. A côté de la Calédonie, Tahiti demande aussi une révision statutaire, plus d’autonomie, on commence à penser à une forme de coopération régionale, une croissance économique, mais aussi au sens insulaire avec ce qu’on appelle le Pacific Way, où se prolonge la coutume. Les clivages qui vont exister, souvent issus de découpages arbitraires de l’espace : Mélanésie, Micronésie, Polynésie, arrangent cette disparité spatiale au sens des techniques géographiques, mais pose des problèmes relationnels, et de communication entre ce micro groupe insulaire. La recherche identitaire commune : ce qu’on appelle l’Océanien, à travers l’aspect différentiel des groupes dans le milieu. Différentiel car malgré la disparité des populations intérieures, les gens arrivent quand même à se retrouver dans une même culture spatiale du fait qu’ils sont issus d’une même population : les austronésiens. Lorsqu’il y a des échanges au niveau coutumier, ils se retrouvent, donc c’est une mécanique différentielle bien huilée. Cette recherche d’identité commune n’enlève en rien le mécanisme différentiel. Elle conserve des formes particulières de la culture. C’est cette dynamique historique que nous devons étudier. Tout système se dégrade et n’attend pas pour ça l’intervention de l’homme. Bien entendu, les rapports humains dans le milieu ne sont pas toujours aussi propres comme on le croît.
Souvent, les relations et les rapports humains sont difficiles voir alambiquées, entretenus longtemps, sont solder par des évènements douloureux. Il ne faut pas se voiler la face et se cacher, à un moment donné arrive un rapport de force. L’homme est un être intensionnel. Il y a une forte relation entre l’intention et l’action.
Aujourd’hui, l’affirmation identitaire devient un enjeu politique. Dans cet enjeu politique et cette quête d’identité se dessine un espace où des spécificités s’expriment. Le piège est d’entretenir le particularisme au sens d’une particularité identitaire.
Les années 70.
Elles sont marquantes pour les territoires. Suite au retour des métropoles des quelques étudiants et militaires kanak et Calédoniens ayant séjourné en France durant la période 68, la contestation du système scolaire accusé de colonial devient vive. Elle est relayée par quelques coopérants de la même génération venus pour faire leur service en tant que VAT et affectés dans les écoles de brousse. Le discours sur l’échec scolaire mes kanak devient un support prépondérant dans la contestation du système politique en général.
Les kanaks vont se servir d’une arme dont les européens ne maîtrisent pas : le forcing. Les codes de communication, les forces de connexion entre les groupes, les structures liées au pouvoir, les conventions politiques, et en dernier lieu, les aires, qui vont devenir les aires coutumières. Et c’est tous ces éléments qui composent cet espace culturel.
L’histoire à une prépondérance d’étude car il nous permet d’avoir un cadre d’évolution des choses qui évoluent au sein de la société. L’histoire a son importance. Cet aspect lié à l’histoire, à l’évolution est aussi importante que l’évolution d’un seul outil. Quand ils avaient maîtrisés le verre qui a ensuite permis qu’on fasse du commerce avec met en avant le commercial de la société, le développement économique. C’est pour ça que naissent aujourd’hui à notre époque une forme d’écologie, pour préserver l’environnement. L’histoire, non l’histoire chronologique, mais l’histoire de l’évolution des choses, est plus intéressante à étudier. L’espace réticulaire est souvent jalonné d’éléments symboliques qui créent une cohésion sociale, des limites invisibles se dessinent, des bornes limitrophes apparaissent ; il ne faut pas oublier qu’en Océanie, les relations internes et intrafamiliales sont encore fortes. On est face à une sorte de densité de relation, etc. Difficilement, on peut parler d’espace neutre.
Adaptation, intégration, et système d’intégration.
Toutes les stratégies développées par l’homme ou façonnées sur l’espace et aussi pour s’implanter et créer un environnement viable, profitable, à son émancipation…
« L’acteur social est loin d’être un idiot culturel. » Cet acteur social produit constamment pour des raisons pratiques, stratégiques, des discours au lieu des actes, des ethnométhodologues, affirment, en suivant de près les actions de l’homme, le social se construit localement et continuellement. On voit finalement les acteurs sociaux que nous sommes, placés dans notre dynamique historique. Les hommes façonnent leur environnement, et dans cette forme de transformation se démontre aussi leur forme d’adaptation à penser les choses. Avant même l’arrivée et les premiers contacts avec les premiers occidentaux, ils avaient conçu une gestion de l’espace qui leur est propre. Exemple : chez les kanak, le chef est étranger. Ceci montre que les sociétés sont dynamiques dans leur développement et permet de combler les carences lorsqu’elles sont identifiées mais aussi d’optimiser les options liées à son développement ; on identifie ici une sorte de plasticité dans le développement de ces sociétés (capacité à s’auto-gérer et aussi capacité à s’auto-réguler et aussi à s’adapter).
13:38 Publié dans Fac - Culture du Pacifique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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