20.03.2009
06 - Histoire littéraire du XIXe siècle
Histoire littéraire du XIXe siècle (séance six)
Quelques mots sur les romanciers de la seconde partie du XIXe.
Jules Barbey d’Aurevilly (1808-1889) :
C’est un normand qui naît dans une famille d’origine noble. Il monte à Paris, fréquente les salons, les milieux littéraires et vit de façon assez mondaine, c’est un dandy. Il fait du journalisme. Dans la première partie de sa vie, il est très libéral et s’adonne aux plaisirs de l’existence.
Il connaît par la suite une sorte de conversion au catholicisme de façon radicale, le plus légitimiste. Il devient alors très conservateur. C’est un personnage qui est toujours en rébellion avec son milieu. C’est un personnage étrange. Ce qui compte, c’est qu’il a écrit une œuvre assez variée, pas toujours très cohérente sur le plan idéologique. Sur la première partie de sa vie il écrit des vers et des nouvelles : Le cachet d’onyx ; la bague d’Hannibal. Tout ceci reste assez parnassien. Il publie de nombreux articles politiques et progressivement il se tourne vers la critique littéraire. Sous le second Empire, il publie ses œuvres les plus importantes qui sont soient des recueils de longues nouvelles soit des romans.
Son roman le plus connu est « L’ensorcelée », publié en 1865. Ensuite, il publie un recueil de nouvelles, ce sont « Les diaboliques » en 74. « Un prêtre marié » en 65, etc.
Ce qui caractérise ses titres est une très grande violence héritée de son ton de journaliste polémique. Dans ses romans on a toujours des duels, des insultes, des crimes, des empoisonnements. L’œuvre de Barbey se nourrit de cette violence sans l’orienter dans une perspective moralisante. C’est la raison pour laquelle on a parfois parlé du satanisme de Barbey. Façon de prendre en compte la domination dans son univers des couleurs noires et rouges. C’est un univers assez amoral. En particulier dans Les Diaboliques, l’une des nouvelles s’intitule « Le bonheur dans le crime ». Elle évoque de façon assez scandaleuse l’histoire d’une jeune femme qui tue sa rivale qui est une comtesse et qui vit parfaitement heureuse ensuite avec son amant, le compte de Savigny.
Les frères Goncourt (Edmond : 1822- 1876 ; Jules : 1830 – 1870) :
Ils ont fondés un prix qui porte leur nom mais ont tout de même laissés une œuvre qui n’est pas de tout premier ordre mais qui mérite d’être connu. Ce sont deux vieux garçons qui écrivaient ensemble et vivaient ensemble. Ils font de bonnes études et vivent de leur fortune personnelle et s’intéressent à tous les arts (dessin, peinture, gravure, littérature…).
Ils commencent par s’intéresser à l’histoire de la société française durant la révolution. Ils sont d’abord historiens. Petit à petit, ils vont se lancer dans le roman réaliste. Parmi leurs romans réalistes, on note « Germini Lacertaux ». Ils vont cultiver l’aspect réaliste avec parfois un peu de trivialité ; mais cela leur permettra de rencontrer Zola. Celui-ci les prendra pour ses maîtres. Une fois que Jules disparaît, Edmond va continuer à écrire, mais il va surtout publier leur journal. Il publie le journal des deux frères. C’est un journal de critique littéraire qui a beaucoup mieux vieilli que leur prose romanesque. C’est le réalisme qui les intéresse au premier plan. Ils s’intéressent au peuple, les passions du peuple, les dépressions, les mélancolies ; on retrouve des personnages typiques. Ils vont faire un roman sur une bonne, un autre sur un écrivain drogué. Ils abordent cette réalité avec parfois une certaine complaisance un peu cruelle, un peu rebutante.
Sur le plan du style, il y a parfois un certain maniérisme concernant le lexique qui correspond à leur goût pour le bibelot.
Emile Zola (1840 – 1902) :
On a toujours retenu de lui l’image d’un individu courageux car c’est lui qui avait rédigé le fameux article « J’accuse » dans lequel il avait pris la défense de Dreyfus.
Mais ceci montre que Zola avait accès aux journaux et qu’il menait une vie de journaliste, mais ce n’est pas l’essentiel de sa carrière ; au contraire il a écrit une œuvre romanesque très importante. Il est né en Provence, du côté d’Aix, et c’est un ami du peintre Paul Cézanne. Il monte à Paris, il fait des petits métiers dans le domaine des Lettres, dans la publicité, il rencontre des artistes, dont des impressionnistes.
Tout d’abord, il se lance dans la rédaction de contes. (Les contes à Ninon (64)). Ensuite, il se tourne vers le roman. Son premier grand succès est Thérèse Raquin, mais son gagne-pain est le journalisme qu’il pratique comme une école d’observation. Il devient un assez grand journaliste, en particulier, et travaille pour de grands journaux. Mais en 69, il décide de se lancer dans une grande saga : l’histoire d’une famille sous le Second Empire. Cette famille sera les Rougon-Macard ; il cumule une vingtaine de romans dans lesquels, un peu à la mode de Balzac, il y aura des relations de généalogies entre les personnages. Chaque roman est centré autour d’un personnage dont on sait les ascendants et descendants.
Quelques titres connus : l’infortune des Rougon ; La curé (72) ; Le ventre de Paris (73) ; L’assommoir (77) …
Il gagne bien sa vie et achète une magnifique maison dans la banlieue parisienne. Il devient le Pape du naturalisme comme les Goncourt, Malarmée, Flaubert, Maupassant, etc.
On note aussi Au bonheur des dames ; Germinal (85).
Son article « J’accuse » date du 13 janvier 1898. Il meurt en 1902 en pleine affaire Dreyfus parce que, puisqu’il a prit la défense de Dreyfus, il a des procès contre le ministre de la guerre ; on ne sait pas s’il s’agit d’un assassinat. On a longtemps soupçonné un assassinat du gouvernement afin de le faire taire.
Jules Vallès (1832 – 1885) :
Son père est instituteur. Sa mère, d’origine paysanne. Il naît du coté de St. Etienne. C’est un élève assez turbulent qui va se lancer dans la révolte de 48. Il s’insurge contre toutes les autorités, celles de son père, de l’école. Son géniteur décidera de le faire interner. C’est un rebelle qui finit d’ailleurs par être arrêté par la police. Il finit par obtenir le baccalauréat, il fait du droit, un peu de journalisme, et il publie une petite œuvre qui s’intitule « L’argent ». Il a un style très virulent, très polémique. Sous le second Empire il multiplie les petits emplois, et est en permanence hostile au régime de Napoléon III. Il collabore avec des journaux d’opposition et va avoir un rôle important pendant la guerre de 70 et sous la commune. Pendant la commune il est élu à la mairie du XVe arrondissement et va participer à l’enseignement. En tant qu’ancien communard il va devoir s’expatrier.
On lui reproche d’avoir été très proche d’un journal des communards : le cri du peuple.
Après la commune il s’exile à Londres, à Bruxelles, et c’est le moment où il écrit ses textes les plus importants. Il écrit une trilogie : l’enfant (69), Le bachelier (79), et l’insurgé (82).
Il va rentrer en France dans les années 80 mais il va mourir du diabète. Ses livres sont écrits sous le signe de la révolte et les trois livres cités précédemment parlent d’un personnage appelé Jack Vingtras.
Ses romans sont des conseils aux jeunes révoltés. Jules Vallès propose trois romans qui sont à la fois très vigoureux, très proches du peuple, et très engagés.
03:52 Publié dans Fac - Histoire de la littérature française du XIXe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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