20.03.2009

03 - Géographie du Pacifique

Géographie du Pacifique (séance trois)

La mise en valeur de la forêt.

Il ne s’agit pas à proprement parler d’agriculture, on parle de syviliculture (exploitation forestière pour le bois d’usage). Aujourd’hui les forêts tropicales de bois dur abondent en Océanie, principalement dans les îles mélanésiennes, au Salomon, et au Vanuatu. En Nouvelle-Calédonie aussi, même s’il n’existe pas d’exportation. Ces forêts tropicales du pays du Pacifique font parties des dernières zones forestières relativement vierges de la planète. L’équivalent d’un stade de foot disparaît toutes les minutes. Ces forêts sont convoitées par les grandes compagnies étrangères qui sont essentiellement asiatiques et Malaisiennes. Bien que nous ayons une prédominance de compagnies australiennes. Dans ce sens, on comprend bien que l’exploitation du bois constitue donc les principales sources de certains pays mélanésiens. Encore une fois, les recettes profitent essentiellement à des compagnies étrangères autres que ces pays hôtes.

Les exportations mélanésiennes de produits forestiers (en millions de dollars américains et en pourcentage du total des exportations) : îles Salomon : 100 M/60% ; PNG : 355 M/15% ; Vanuatu : 3M/13% ; îles Fidji : 32 M / 5%.

La PNG n’a pas qu’une mono activité sur l’exploitation du bois. C’est une question de volumes des forêts.

Les compagnies étrangères qui ont obtenu des droits de concessions et d’exploitations effectuent les prélèvements sévèrement sur les pays hôtes. Car les gouvernements locaux ont réalisés des contrats d’exploitations loin d’être à leur avantage. Ces gouvernements n’auraient pas pu d’eux-mêmes développer ces filières puisque leur système économique n’aurait pu le supporter. Ils ont donc dû faire appel à des compagnies étrangères. Les retombées économiques des pays hôtes sont relativement faibles.

Le fait que les prélèvements sont sévères et que l’exploitation a été longtemps anarchique (prélèvement excessifs, quantités dépassant les commandes exigées) a eu des répercussions environnementales. Aucune politique de replantation n’a été mise au point. Les conséquences sont importantes, notons la destruction du patrimoine forestier et le fait de détruire le couvercle forestier, ce qui engendre aussi d’autres problèmes, comme l’accroissement de l’érosion du sol par lessivage, qui amène alors une pollution des rivières. La matière en suspension va être amenée dans les rivières puis transportée alors dans les lagons ; la pellicule de terre « étouffera » le récif corallien, et provoquera une destruction de l’environnement lagonaire. Les conséquences au niveau écologique sont donc grandes. Les ressources sont donc enlevées des populations locales. Plus de pêche, plus de chasse.

Face à cette situation, on a eu un soulèvement du fait que de nombreux OMG ont vu le jour, tel la WWF. Ils se soulèvent contre ces pratiques désastreuses, ils ont imposés un contrôle et les quotas. Ils imposent des limites aux exploitations forestières. Ils obligent parfois les compagnies étrangères à traiter le bois sur place. Ils permettent de fixer des familles afin d’éviter l’exode rurale, de récupérer des dividendes sur l’impôt pour la fiscalité locale, de générer des profits pour lesdites familles etc. De plus, toujours dans cette optique, d’une manière de préservation de la forêt. Il faut voir que depuis l’indépendance, les gouvernements de la PNG et du Vanuatu ont tentés de mettre en œuvre un véritable régime efficace de gestion de la ressource. Mais ces dernières années l’abattage du bois s’est effectué à une allure nettement plus rapide, supérieure que le rythme de régénération naturel des forêts. L’exploitation avait commencé dans les années 60, et depuis, exploitent à un niveau plus que supérieur, les dégâts sur les forêts étant déjà conséquents.

L’exploitation du bois ne pourra plus continuer si on ne prend des mesures exemplaires. Les replantations et les croissances des forêts devraient théoriquement prendre entre trente et quarante ans. Dans la mesure où on a exploité et replanté, la régénération de la forêt prend dans cet intervalle de temps. Dans les zones où les quotas n’ont pas été respectés, la régénération devrait prendre entre quarante-cinq et deux cents ans. Une forêt mal exploitée peut prendre des siècles pour revenir à son état initial. Les conséquences environnementales sont importantes et ne doivent pas être négligées.

Autre exemple remarquable : la disparition du santal en Océanie. En cinquante ans le santalier a pratiquement disparu de la région. Aux Fidji, l’exploitation à commencé en 1816, puis cette exploitation a commencé à se déplacer au fur et à mesure que celle-ci s’épuisait. Les compagnies se sont donc déplacées dans d’autres archipels pour assouvir leur commerce. Et faute de matière première, le commerce du santal a totalement disparu des années plus tard.

Il faut se rendre compte que les gouvernements locaux sont toujours pris entre deux feux (préservation de l’environnement et développement économique). Pour la protection de l’environnement, si on arrêtait l’abattage des forêts, on aurait une diminution significative de l’économie au niveau national, et souvent malheureusement, ce sont les préoccupations environnementales qui sont sacrifiées au nom des impératifs économiques.

La vente de bois est toujours en Océanie et essentiellement en Mélanésie une ressource importante de mise. Mais, encore une fois, la crise financière (fin des années 90, pratiquement vers 2000), asiatique a engendré une baisse très important du prix des grumes (tronc d’arbre abattu et branché mais non écorché) qui a alors entraîné une grande réduction de production et les ventes de bois ont chutées de quatre vingt pour cent. Lorsque ces principales sources d’activités connaissent une grande chute, c’est toute la production locale qui en subit les conséquences.

L’Australie et la Nouvelle-Zélande font parties des géants mondiaux de la production agricole. L’Aussie et la NZ font parties des pays les plus puissants de la planète dans le domaine de l’élevage, ils tirent un grand profit substantiel des activités agricoles. L’Aussie est un pays immense mais nous avons de grandes étendues de ce pays qui demeurent inexploitables pour cause de climats arides, ce qui rend l’agriculture très difficile. On va surtout trouver de l’agriculture de manière expansive. Une ferme d’élevage de moutons en Aussie s’étend sur des plusieurs milliers de kilomètres carrés, pour une seule station d’élevage. On parle donc d’élevage extensif. On peut dénombrer notamment un mouton pour deux cent hectares.

L’économie australienne repose donc sur l’élevage ovin, avec cent trente millions de têtes (donnée de 95). Ils servent principalement à la production de laine. Cent trente millions de moutons, c’est à peu près six fois plus que la population nationale. On note aussi vingt quatre millions de têtes de bovins ; l’Aussie arrive au deuxième rang mondial pour l’exportation de viande bovine. Le troisième pilier, c’est la céréaliculture. Elle arrive dans le top dix dans producteurs de blé. Mais en cas de sécheresse, la production de blé s’effondre.

Ces trois piliers de l’agriculture australienne connaissent tout de même des difficultés, par les périodes de sécheresse parfois fréquente, qui peuvent provoquer de terribles incendies, comme celui de Melbourne (2009).

L’économie asiatique investit dans la production de tissu synthétique, entrant alors en concurrence avec la laine de mouton australienne, entraînant la mort de millier de têtes de moutons.

Ces transformations économiques ont permis de l’ouvrir à de nouvelles activités, développant entre autres, le tabac, l’huile d’arachide, mais aussi des fruits tropicaux (papayes, mangues, bananes etc). Autre formes de produit qui permet de diversifier leur culture, sur les marges océaniques et méditerranéennes : la vigne. Aujourd’hui, c’est un pays grand producteur de vin, septième mondial. Au sommet se trouve l’Italie, la France et l’Espagne. On a eu un décollage de la production de vin en Austra lie, mais qui reste derrière les trois majors de la Vigne.

Malgré la superficie assez faible de la NZ, c’est le quatrième état producteur mondial dans le domaine de l’élevage. Pendant longtemps, c’est cet élevage qui a constitué la majeure partie de son économie, et aujourd’hui encore, en constitue cinquante pour cent de ses exportations. Cet élevage est surtout basé sur le mouton, on a compté cinquante millions de têtes de moutons (le cheptel), quantité qui a diminué à cause de l’abattage de nombreuses bêtes en raison de la concurrence asiatique. L’élevage ovin le place au troisième rang mondial de cette production, derrière la Chine et l’Australie. Par contre, c’est le premier exportateur mondial de viande d’agneau et de mouton. Cette filière « viande » étant très développée. Le deuxième pilier est aussi le bovin, avec plus de sept millions de têtes de vaches. La production étant essentiellement laitière.

On a ici deux géants où l’économie est basée sur l’élevage.

L’exploitation des ressources de la mer.

Les activités de pêche relèvent deux aspects. Nous avons la pêche artisanale qualifiable de traditionnelle et la pêche industrielle qui est, encore en Océanie, peu développée, qui n’a en aucune mesure une ressemblance avec celle que l’on peut trouver où cette activité est développée comme au Japon (grand consommateur des produits de la mer).

Au niveau de la pêche artisanale, cette dernière est avant tout une pêché vivrière : les gens pêchent pour manger, on parle d’autosubsistance. Généralement, cette pêche peut être pratiquée à partir du rivage, à la main, à la ligne, ou encore avec des cannes à pêche sophistication de l’outil), ou des éperviers (pêché à pieds). On a aussi la pêché côtière, ou lagonaire, qui se pratique à partir d’un petit canot (une plate) le long des côtés ou dans le lagon. On y inclue la pêche coutumière au gros (capture des espèces réservées à la coutume). La pêche à la tortue est interdite, mais des dérogations par les tribus sont faites pour leurs traditions coutumières.

Cette pêche est assez difficile à mesurer au niveau économique, nous n’avons pas de statistiques précises puisqu’elle sert à nourrir la population. Evidemment, cette production de cette pêche artisanale est largement autoconsommée ou elle peut être aussi vendue. Elle est vendue dans des petits marchés municipaux au profit local. On a affaire à une activité informelle : on a du mal à mesurer cette production. Le commerce passe après, la vente est le fruit d’une activité d’appoint. C’est un point important car c’est l’une des raisons qui explique le peu d’engouement pour les polynésiens à pratiquer une forme de pêche industrielle. Cette pêche relève d’une autre démarche qui n’est pas dans la mentalité traditionnelle, car c’est de partir plusieurs jours en mer, de s’inscrire dans une logique de profit et de s’intégrer dans des circuits commerciaux qui ont leurs exigences. On pêche plus pour nourrir sa famille que pour se nourrir, d’où le peu développement de l’industrie de la pêche.

On retrouve en Océanie les mêmes types de pêches artisanales : pêches côtières, pêches lagonaires, et pêches hauturières (pêche au large, dans les hautes mers). Elle se fait dans les Dispositifs de Concentration de Poissons (C.D.P). Ca consiste à couler un corps mort dans l’eau qui attirera des poissons de petites tailles qui attireront de plus grands qui en attireront des plus grands encore ; on assiste à une réaction en chaîne qui profite aux pêcheurs industriels. Les CDP sont des points de profits.

Dans tous les pays océaniens on relève la présence de l’aquaculture : l’élevage des ressources de la mer. Une aquaculture c’est la creviticulture, la pissiculture (poissons), culture de bénitiers, etc, tout est faisable.

Au niveau de la pêche industrielle, ce que l’on peut dire c’est que certains pays d’Océanie intertropical se sont lancés dans cette activité et obtiennent des résultats tangibles. On citera deux exemples de réussite : Fidji et les Samoa (Américaines). Tous les pays océaniens pratiquent la pêche artisanale, car le poisson constitue en Polynésie comme en Micronésie, une des seules sources de protéines pour la population locale.

Fidji a développé une importante base de pêche sur l’île de Levoka située entre les deux grandes îles principales. Cette base de pêche a été permise grâce à des capitaux et à une association avec le Japon.

L’exemple des Samoa est intéressant car c’est surtout là que la pêche industrielle prend toute sa dimension, notamment grâce au développement du port de Pago-pago.

Quels ont été les éléments qui ont permis le développement du port de Pago-pago ? Sa situation est unique. Les Samoa Américaine existent pour conserverie des produits marins pour le marché américain. Le facteur initial est venu par une décision prise par les douanes des USA, elle fut prise en 53. Cette décision était de permettre l’entrée sur le territoire fédéral sans taxes, sans quotas, des produits de transformations qui viendraient des Samoa américaines. C’est une situation unique car les Samoa sont associés aux USA, on est dans une association des formes juridiques. Tout le poisson transformé peut rentrer sans taxes.

A partir de cet avantage, on a deux conserveries américaines qui viennent s’installer à ce port. Cette activité de mise en conserve est favorisée par plusieurs choses. On a des flottes nombreuses et une main d’œuvre abondante des bons marchés. Ils vont tirer rapidement un maximum de profit de la situation juridique. Dès 70, les conserveries américaines couvrent 10% du marché intérieur des USA. On a à Pago-pago le développement d’une grande plate-forme industrielle. On passe de huit cent employés à plus de cinq milles entre plusieurs décennies. Elle est composée d’une cinquantaine de thonières-congélateurs (?)

Cet exemple est remarquable et d’autant plus intéressant que dans le même temps les tentatives pour développer l’industrie de la pêche ont échoués en NC, à Tonga, Tuvalu… Même si la pêche industrielle est encore dans ses balbutiements dans l’Océanie, il faut se rendre compte que les exportations de poissons représentent une source de revenus croissants pour un grand nombre d’états d’Océanie. L’exploitation commerciale de ses richesses marines est de fait en pleine croissance et vient désormais compléter les autres ressources « renouvelables » de la région.

Les exportations de poissons constituent une ressource non-négligeable. L’exemple des EFM (Etats Fédérés de Micronésie) est important puisqu’elle montre que l’exportation a une grande importance : 35 millions d’export, 85% de l’économie exportée. La somme est pourtant faible : trente cinq millions de dollars pour 85%.

L’Océanie Pacifique est de nos jours devenue une des grandes zones de pêche de la planète, car c’est l’un des terrains de chasse privilégiés de l’une des plus grandes espèces commerciales de poissons : le thon. Le Pacifique Sud est la plus productive du monde dans ce domaine. Avec des prises annuelles qui s’équivaut à environ un à deux millions de tonnes de thon par an. Qui génèrent plus d’un milliard de francs CFP (pour une tonne de thon). On a plus de mille trois cent navires qui sillonnent cet océan, américains et japonais pour la plupart, et qui disposent des équipements les plus modernes pour chasser ces bancs de thons. Ils sont capturés à la seine (filet disposé en demi-cercle (?)), quatre-vingt pour cent de la pêche est faite de cette manière. On les prend aussi à la canne et à la palongue. Les poissons alors pêchés sont alors conservés au froid et sont dirigés alors vers les usines de transformations (port de Pago-pago) ou même en Thaïlande, en Indonésie, Malaisie, etc. Les plus beaux spécimens de thons sont ce qu’on appelle des thons obèses, les thons d’albacores, pêchés à la palongue. Ils sont de suite vendus sur le marché lucratif japonais. Ces filières sont très exigeantes et sont prêtes à y mettre le prix. Sur le marché japonais, les thons se négocient à plusieurs millions CFP LE thon. Le plus grand prix s’élève à dix-sept millions CFP pour UN thon. Fuck.

Cinquante pour cent de la production mondiale de thon est issue du Pacifique. Le problème de cette pêche industrielle ne profite pas réellement au pays de la région. Les océaniens n’ont pas les moyens techniques pour exploiter eux-mêmes leurs ZEE (Zones Economiques Exclusives). En plus de ne pas avoir les moyens techniques pour les exploiter, ils n’ont ni la connaissance ni la main d’œuvre. Il faut avoir les installations portuaires et de grands navires, ainsi que des usines de conditionnement ou des usines de transformations. Dans ce sens, ce sont les flottilles étrangères qui exploitent les ressources halieutiques (poissons de haut fonds). S’ils le font, c’est par le biais d’accords signés avec les dirigeants de la région pour pouvoir exploiter leur ZEE. Il faut se rendre compte que ces accords ne sont que peu intéressant économiquement parlant pour ces pays insulaires. Ce que rapporte les redevances aux pays insulaires montent à six milliards, une très faible somme face aux soixante milliards de profit de fait. L’Océanie insulaire est donc très modeste pour leur profit.

Au-delà de ce fait, il faut se rendre compte que trop souvent les pays océaniens ont eut et ont encore à lutter contre le pillage de la ressource. Car de nombreux bateaux de pêche vont traverser et exploiter les ZEE sans payer de redevance. On constate aussi un non respect des accords, avec des navires qui pêchent bien plus que les quotas accordés. Malheureusement, si le pillage de la ressource est important, c’est du fait que les pays océaniens n’ont pas les moyens de faire surveiller leur ZEE. La NC est le seul pays d’Océanie qui peut surveiller de façon aérienne les zones de pêches, mais qui reviennent à plus de quarante millions de frais. Tant qu’il n’y a pas de moyen de répression, le pillage des ressources marines se répand. On pêche impunément dans la ZEE vanuataise, par exemple, car elle ne présente aucun moyen technique de surveillance.

Face à cette situation, du fait que ces pays océaniens se trouvent tout de même démunis pour le développement de cette filière pêche, fut créée l’Agence des Pêches du Forum afin de réguler la pêche industrielle. On a affaire à un organisme régionale. Elle regroupe seize pays membres indépendants et semi-indépendants et est responsable de trente deux millions de ZEE d’espaces maritimes. Pour lutter contre le braconnage, les pays du Pacifique sud veulent que les thoniers soient équipés de systèmes de surveillance par satellite. Ces instruments permettent d’identifier les navires, les déplacements, et leur vitesse, afin de vérifier que les navires respectent les termes du permis qui leur a été délivré.

La gestion des pêches de Thon pose des défis particuliers. C’est un secteur encore inexploité et qui est susceptible de faire des offres économiques, s’il est exploité de manière cohérente et gérée, afin d’éviter la sur-pêche et l’effondrement des stocks. Les emplois ayant un lien direct ou indirect avec le thon présentent entre vingt et vingt-et-un mille personnes, soit entre six et huit pour cent de tous les emplois.

L’aquaculture ne s’est que peu implanté en Océanie, préférant les pays pouvant supporter les équipements et techniques nécessaires à son développement. Si on a pu la développer en NC et en Polynésie, c’est grâce aux aides apportées par le biais d’un organisme international néo-français, l’Ifremer. Ce n’est pas une surprise d’enregistrer les meilleurs résultats de pêche dans les territoires d’outre-mer, car en plus de l’aide financière de la métropole, ils pouvaient disposer des connaissances de chercheurs de haut niveau employés par l’Ifremer. On a des réalisations non-négligeables, comme par exemple, des fermes de crevettes et d’écrevisses, mais on a encore des consommations supérieures aux productions. Sauf en NC, où la production de crevette est bien plus grande que la consommation, le reste est exporté.

Le tourisme.

Le Pacifique fait encore et toujours rêver pour ses paysages paradisiaques. Les noms de pays ou de ville sont associés à des stéréotypes de vacances et de pays exotiques parfaits. Par rapport à cette vision, les archipels océaniens disposent de très bons atouts. Evidemment, on peut citer les plages au sable blanc, les mers chaudes, les climats tropicaux, les fonds lagonaires aux ressources multiples, aux poissons colorés, aux paysages intérieurs fascinants, et le fait qu’on trouve en Océanie des populations encore encrées dans des traditions très vivaces dont on a fait un certain folklore, c’est le cas de Tahiti et des danses tahitiennes. C’est le cas des vahinés ou des danses de la PNG. Il est clair que tout ceci répond à la demande actuelle, à la recherche d’aventure. Malgré tous ces atouts, il faut se rendre compte, en excluant les îles les plus fréquentés (Hawaï et Guam), que les destinations vers les îles du Pacifique sont réservées à une clientèle privilégiée et ce malgré la démocratisation des voyages. Le voyageur en quête d’exotisme doit consacrer un grand prix de son budget au prix excessif du voyage, et que c’est alors un frein au tourisme. On trouve des destinations à moindre prix pour les Caraïbes, par exemple. On a des atouts, mais aussi des freins importants. Par conséquent, l’essentiel du flux important en Océanie provient des pays les plus riches de la région. Evidemment la NZ, les USA, L’Australie, ou encore le Japon. Et le fait que la destination océanienne soit prohibitive au niveau financier explique le fait que les occidentaux sont plus rares en Océanie.

Les principaux problèmes intertouristiques sont les suivants : l’éloignement des pays. C’est une contrainte majeure pour le tourisme de masse. Autre frein, au-delà du coût du billet, etc, c’est l’accès difficile des îles. Autre souci, dans une moindre mesure, la rudesse climatique de certaines îles. Notamment mélanésiennes ou micronésiennes balayées régulièrement par des cyclones. Problème plus important : le prix élevé des denrées et de la main d’œuvre. Ce prix élevé s’explique par le fait que la majeure partie des denrées provient de l’importation. Le coût des infrastructures également, difficilement supportable pour les pays le plus souvent à l’économie précaire. La fluctuation et la valeur du dollar fragilise le tourisme dans le Pacifique. La NC a un problème supplémentaire, car nous sommes dans une économie assistée qui génère un coût encore plus élevé. L’industrie du tourisme à Hawai s’élève à plus de sept millions de touristes, par exemple, ce qui est bien supérieur aux cent milles de la NC. Cette expansion est permise pour Hawai par le fait que c’est un état américain où ils retrouvent toutes leurs marques et les stéréotypes connus.

Si on prend le reste de l’Océanie insulaire, la fréquentation touristique insulaire reste faible. Sans compter Guam on a 1,3 millions de touristes dans le Pacifique. Au plan des recettes induites, l’Océanie à généré 1,4 milliards de dollar, une somme dérisoire.

Toutefois le tourisme joue un rôle économique pour tous les états, il assure des emplois, des revenus, et par ailleurs, il permet aussi aux pays du Pacifique de se faire connaître dans le monde entier. L’Océanie est une région qui s’est ouverte récemment. Ca contribue à la diffusion de certains produits fabriqués localement comme le tiaré de Tahiti ou le monoï.

Pour d’autres pays par contre, par volonté ou par isolement, ou d’absence d’attraits majeurs, il s’agit d’une activité d’appoint. C’est le cas de la PNG, des Salomon. Pour d’autres pays, le tourisme est devenu une activité importante sans pour autant être devenue une activité dominante. Le tourisme aux Fidji n’est qu’une source de revenue au-delà de l’activité de pêche. Certains pays développent peu de tourisme faute de moyens, comme au Vanuatu, ou aux Samoa, Tonga. Pour d’autres pays, le tourisme est devenu un élément essentiel, c’est le cas de Guam, des Mariannes du Nord, des îles Cook. Il faut se rendre compte que le tourisme est une activité tout à fait instable. En janvier 2009, à cause de la crise, de nombreuses régions constatèrent de grandes diminutions de touristes.

En tout cas, il faut voir que l’Océanie marque un triple attrait : le repos balnéaire, l’écotourisme actif et sportif, et un tourisme de découverte par les globe-trotters. Partout en tout cas on peut s’inquiéter de la fragilité du secteur économique qui dépend beaucoup de paramètres que les pays locaux ne maîtrisent pas (cyclones, intempéries…). Autre paramètre : la politique, comme les coups d’état, émeutes (Tahiti, 87, 95) ; ces problèmes détournent les touristes des destinations. Autre problème, les décisions unilatérales de certains investisseurs extérieurs qui décident de se désengager. Il faut rappeler que beaucoup de sociétés îliennes ne ressortent pas indemnes du développement du tourisme. Il permet l’amélioration du niveau de vie mais peut aussi être un élément déstabilisateur, car il met en contact des touristes souvent aisés, avec leurs habitudes, leur modèle de civilisation, et de l’autre côté de ce contact, les populations locales souvent pauvres qui fonctionnent avec d’autres valeurs (coutumes, religions, structures familiales) ; c’est ainsi que des états comme les Salomon sont réticents au tourisme. Il faut prendre conscience que l’économie de certains pays est entre les mains des capitaux des étrangers.

L’exploitation minière et l’industrie en Océanie. (Non interrogé)

L’extraction des minerais va se retrouver principalement, encore une fois, en Mélanésie. La seule richesse minière rencontrée en dehors de la Mélanésie, dans certains atolls surélevés, est le phosphate, sous forme de guano (excréments d’oiseaux accumulés pendant des milliers d’année riches en phosphate). Il y a trois pays qui ont permis, grâce à l’exploitation du phosphate, pu obtenir des revenus substantiels : Banaba (au Kiribati), Maketea (Polynésie Française) et Nauru.

Nauru est une république. C’est une petite île surélevé, un rocher perdu au milieu de l’océan de vingt-et-un kilomètres carrés. Nauru est indépendant depuis 1968, c’est une nation avec un droit de vote équivalent à n’importe quel autre état indépendant (estimation : 10 000 habitants). Les dépôts extrêmement riches de guano ont été découverts au début du siècle. Une industrie minière, Nauru Phosphate Corporation a traité le minerai, allant jusqu’à deux millions de tonnes par année de phosphate extrait de Nauru. Cette exploitation a généré un PIB par habitant faramineux, faisant de Nauru un produit prospère. Les soins médicaux étaient gratuits, l’occupation aussi. Trois décennies plus tard, la grande partie du phosphate a été envoyé à l’étranger, l’exploitation a cessé, et l’économie est en baisse. 80% de l’île est détruite, et l’île présente un immense cratère, ainsi qu’un paysage lunaire. Pour récupérer le terrain, il faudrait concasser les pointes de corail et reboucher le cratère. Des projets faramineux ont été mis au point mais étaient tombés à l’eau (ce qui est le cas de le dire). Le fait d’avoir fait cette excavation dans l’eau, l’eau de pluie tombe directement dans la mer, l’île ne possède plus de ressources, la population importe l’eau potable. Elle n’a plus les moyens de financer la maintenant technique de leur usine de dessalement. C’est également à Nauru qu’on a le plus grand taux de diabète et de cholestérol. On a une situation où l’environnement est détruit, la population en déclin. La nation en elle-même est en état d’apatride.

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