27.02.2009

Assurément, assurément, frères de ténèbres.

Cette situation à un petit quelque chose qualifiable de... Exaspérant ? Au cours de la soirée, elle vient encore une fois de me l'affirmer. Voie à sens-unique. Vous êtes en contre-sens, veuillez faire demi-tour et circulez.

Mais impossible. Quelle déprime, le pire étant que plus je m'en rends compte, et plus je persiste dans le fait. Ca me rappelle un passage du livre d'Amélie Nothomb : "Le fait du prince". "Si je ne l'avais pas aimé, je serais tombé amoureux d'elle rien qu'à cette phrase." Ou quelque chose dans ce style, car la demoiselle en question avait fait une remarque bien noire. Si mes souvenirs sont exacts, il s'agissait de "Se faire belle avant de mourir, n'est-ce pas magnifique ?" Ah, la persistance humaine est si belle. On est conscient de notre acte - parfois même conscient de notre bêtise - mais nous y persistons. Si ce n'est malheureux. Oh, ce n'est pas par dépit, colère, haine, mais plutôt par tristesse provoquée par moi-même, d'être toujours confronté au même fait persistant. Elle le refuse, et lui le sait. Quoi de plus frustrant ? Evidemment, j'établis des plans, des schémas techniques psychosociaux afin de percer la résistance de l'ennemi et d'y implanter une succursalle. Mais soit, c'est bien plus difficile qu'il n'y paraît. Mais bref, peut-être devrais-je relire le Secret, histoire de. Peut-être, oui, peut-être cela m'aidera pour me sortir de ma mauvaise passe. Comme je me hais dans cet état d'esprit. Comme je l'aime, ma contradiction. Je voudrais pouvoir rêver librement de tous ces désirs qui me hantent sans avoir à m'en vouloir et à prendre davantge conscience de la non-réalité du fait.

Mais je serais patient. Très certainement, cela me récompensera. Peut-être y aura-t-il d'autres chapitres à mon histoire. Mais de tout ce que je pourrais vivre au cours de ma vie, celle-ci sera toujours la plus ardente.

True story.

En vrai, je suis un gentil. Si, si.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mais ne le dites à personne.

26.02.2009

03 - Méthodologie disciplinaire (Les Misérables)

Méthodologie disciplinaire (séance trois)


Etude du texte de Victor Hugo, Les misérables (1862), IV, La mort de Javert.
Il s'agit d'un extrait des Misérables publié en 62. C'est son roman le plus connu qui a obtenu un succès populaire et qui a été très largement lu et étudié dans les écoles. Sous la IIIe République, notamment. Nous sommes dans la cinquième et dernière partie des Misérables qui s'intitule Jean Valjean, c'est un extrait du livre quatrième qui porte le sous-titre : « Javert déraillé ».
Javert était le fils d'un gardien du bagne de Toulon, il a connu Jean Valjean quand celui-ci était bagnard à Toulon. Il avait été frappé par le fait que Jean Valjean avait réussi à sauver un camarade en soulevant une charrette. Il possédait une force colossale. Lorsque Javert deviendra policier, Valjean sera libéré et changera d'identité. Dans la nouvelle ville où il vivra, Javert voit le maire soulever à nouveau une charrette : il retrouve sa proie. 
Aura lieu à Paris une émeute, et Jean Valjean sauvera Javert, il lui sera donc redevable. Comme il aura une dette vis-à-vis de lui, quand Javert pourra mettre la main sur lui, il aura un problème de conscience et ne pourra l'attraper. Conflit de devoir d'individu et de devoir professionnel. Il se débrouille pour qu'il s'enfuit et, ne supportant pas la faute de trahir son devoir de policier, il se jette dans les flots de la Seine, mettant fin à sa vie.


Commentaire composé du texte.
Nous sommes en pleine nuit. L'écume provoque des bruits de clapotements, pétillants, imperceptibles. La lumière se reflète sur les vagues, elle scintille telle une couleuvre sur les éclats de l'eau. « L'immensité » à valeur métaphysique de l'au-delà, de la mort. « Du gouffre » modifie l'emploi du mot « gouffre », créant une nouvelle entité indisecable. C'est valeur de vide. 
« Le mur du quai » est « confus », à cause de l'absence de lumière.
Un escarpement est un chemin irrégulier, « escarpement de l'infini ».
« L'odeur fade » : contradiction.


On a un texte qui se présente du début à la fin comme la description d'une scène nocturne. Cette obscurité permet dans en second temps l'étrange. Dans le domaine de la création artistique, on la désignerais plus par le fantastique. Ce fantastique est condionné par l'obscurité. 
La mort de Javert est aussi présentée. On a une sorte d'écrin qui présente la mort avec une certaine solennité, une certaine noblesse, emphase, et en même temps, une certaine sobriété. On a ici quelque chose de retenu.
On a donc :
1.L'obscurité
2.Le fantastique
3.La mort


On peut rappeller que l'inspecteur Javert dont la reconnaissance l'a contraint de laisser partir Jean Valjean, ne supporte pas d'avoir commis une faute professionnel, il a donc décidé de se tuer. 
Annonce du plan :
Dans ce texte, Hugo nous présente une scène tragique en créant une atmosphère singulière. D'abord il nous plonge dans l'obscurité. Il nous présente le texte de façon aussi limpide. Cette obscurité étant par définition propice aux fantasmes, Hugo peut nous communiquer une sorte de frisson surnaturel, et sur ce fond obscur et fantastique se déroule alors le drame proprement dit où l'évocation du suicide se fait à la fois de manière dépouillé et noble. 
1.L'obscurité.
Tout d'abord, on a un effet de profondeur, l'impression d'être nous-mêmes penchés en même temps que Javert vers l'eau noire du fleuve, car le pronom « on » choisit par l'auteur nous met aux premières loges du drame. Nous sommes plongés dans la nuit et cette nuit s'approfondie, elle prend du volume grâce aux bruits du fleuve et grâce à la lueur fugitive. Par instant, une lueur apparaissait. 
On a une perte des repères qui crée une sorte de vertige. En effet, l'obscurité noie les reliefs, dissout les points de repères et empêche l'esprit de s'arrêter, de se distraire sur un objet quelqu'il soit. Donc le gouffre prend un caractère fascinant, se transforme en ouverture, en au-delà, et le gouffre suscite l'idée d'une chute ; effet de vertige grâce aux idées vertigineuses et à l'ouverture aux ténèbres, auquel s'ajoute l'idée de la chute mentalement anticipée. (Le vertige est provoquée par l'imagination qui nous place en position de chute, provoquant l'étourdissement.)
On a un lexique surchargé. Quelques éléments du décor apparaissent mais ils sont tout de suite dérobés (mur du quai, arche du pont) ; mais d'autres parts on a énormément d'indications qui soulignent les ténèbres de façon emphatique, pléthorique. On a : « tout était noir », « on ne voyait pas la rivière », « on ne distinguait rien », « tout redevenait indisctinct », « ce vide sombre », « toute cette ombre », « cette ouverture de ténèbres », « l'ombre fut dans le secret », « cette forme obscure ». On a bien une douzaine d'occurences qui suggèrent les ténèbres. On a ici une surcharge relative à l'ombre.

Cette nuit implacable qui noie toutes les formes permet en même temps de libérer l'imagination. Ce simple pont sur la scène devient un décor fantastique, une scène de théâtre où va se jouer un drame.

II.Au moment où le drame se précise, Hugo adapte le texte, la description, les ressources littéraires employées, au thème, soulignant le caractère lugubre de la scène.
On a beaucoup de retenue, de pudeur, le ton n'est ni pathétique ni déclamatoire, ce qui permet de traduire solennellement ce suicide. Cette pudeur va finir par créer une ambiance un peu fantastique. De très nombreuses phrases sont courtes comme si l'on avait besoin d'évoquer le silence pour pouvoir reprendre haleine, ou comme si le narrateur voulait que se prolonge l'émotion de nombreuses fois après chaque phrase. On peut observer que le ton un peu spécial est obtenu car les mots importants sont placés à des endroits stratégiques. Ils ont une valeur sémantique forte, ils sont généralement placés en tête de phrase ou bien en position finale, devant des point-virgules ou des points. Ce qui leur donne un relief particulier, permet d'augmenter leur valeur propre. Parmi tous ces mots qui relaient bien l'ambiance du fantastique nous avons : « couleuvre », « immensité », « gouffre », « infini », « abîme », « horreur », « ténèbres » devant un point-virgule. On trouve aussi dans ce lexique des mots comme « fantôme » ou « invisible » qui complètent l'évocation de l'atmosphère surnaturelle. D'une certaine manière nous ne sommes plus vraiment dans un paysage parisien, plus plutôt devant un gouffre insondable, devant l'entrée des enfers, au bord d'un puis infini qui mène à l'inconnu. Quand il se suicide, Javert semble entrer dans une autre dimension, un tourbillon du néant, une sorte de Maëlstrom, qui n'a plus rien à voir avec le décor parisien. Ce phénomène est évoqué de façon subtile mais tout à fait repérable. L'eau est devenue gouffre ; la vie à la mort.
La vie sourde des éléments. Hugo semble communiquer aux éléments du décor (l'eau, la pierre, l'air), une vie intrinsèque, un peu menaçante, comme une sorte de conscience. On observe que le décor n'est pas totalement impassible, il a l'air obscurement animé. Par exemple, l'eau est doué de puissance. Elle est alchimiste, elle change la lumière en couleuvre. On parle de la froideur de l'eau, or, on pourrait aussi parler de celle de l'individu. C'est un terme qui est aussi moral. On dit que « l'eau est hostile », là encore, c'est un terme moral. « Farouche » aussi est signe de personnification, qui relève d'un caractère, d'une conscience. Les arches du pont sont lugubres et font parties d'un décor qui semble leur conférer un caractère psychique. Plus loin encore : « l'ombre est dans le secret », « le flot chuchotte ».
Le point de vue adopté par Hugo, la nature des phrases, le ton, la place des termes, l'animisme, tout ceci contribue à la création d'un climat à la fois tragique et fantastique naturellement complice à l'accomplissement du geste suprême : le suicide de Javert.

III.Le drame
Cet homme qui a longtemps contemplé l'obscurité et auquel nous avons été associé et qui a ressenti l'aspiration du gouffre basculera dans le vide. Or, Victor Hugo n'utilise absolument pas le pathétique pour le décrire. Au contraire, il utilise la litote, la pudeur, la discrétion. Donc, ce refus du pathétique se voit dans les périphrases par les convulsions du suicidé. C'est un terme un peu décalé qui ne décrit pas l'agonie du condamné. Tout se passe en dehors de notre vue. L'ombre seule fut dans le secret. Deuxième élément : on peut observer une certaine admiration de Victor Hugo pour son personnage est obtenu parce que le personnage se comporte à la fois avec détermination et une certaine grandeur. En effet, celui qui se jette dans le fleuve est celui qui reste jusqu'au bout un agent de l'état scellé, déterminé, il ne cède absolument pas à la panique, il reste maître de lui-même jusqu'au bout. On observe que sur le plan des verbes, on a un passage de l'imparfait au passé simple. « Il considérait », « apparut », « redressa ». Le passé simple exprime des actions brèves et sèches qui ne durent pas. De plus, on a un homme très maître de lui-même qui se tut, jusqu'à poser son chapeau sur le bord du quai avant de se tuer. Il pense au moindre détail, il est méthodique, calme, méticuleux. Quand il se jette dans l'eau, il semble se transformer déjà en un spectre, en une figure haute et noire. Il s'est déjà dématérialisé, il a pris le caractère extraordinaire d'un fantôme. La trajectoire est droite, et pas un cri, juste un clapotement sourd. Il tombe à pic. La véritable agonie de Javert est confié à notre imagination. Le texte est très pudique de ce point de vue là.

Hugo, ici, a réussi à conférer à un fait divers une dimension dramatique. A la base nous avons la mort d'un fonctionnaire de police dont la conscience est torturé. La scène est évoqué dans une ambiance fantastique, évoquant les puissances de la nuit, suggérant une animation des choses mais en bridant cette évocation grâce à l'inexistence du pathétique et de l'éloquence, ce qui le rend sobre. Cela permet alors de transfigurer Javert, le policier certes efficace et légaliste, mais il met une telle animosité traquer Jean Valjean qui est pourtant un modèle de réinserton sociale, qu'il semble transcendé par la bonne volonté de Jean.


Les misérables est un roman en cinq volumes baptisé le « Poème de la conscience humaine » qui tient de la fresque historique, sociale, avec des descriptions assez forte du social humain, garni d'analyses psychologiques bien réalisées. La structures du roman est complexe, s'entrecroisent les destins personnels, les forces de la société et les mouvements de l'histoire. Les personnages du roman ont souvent une valeur stable, ils incarnent une idée. Jean Valjean est le symbole de l'énergie morale. Monseigneur Myriel lui, incarne la grandeur spirituelle. Jean Valjean a été libéré du bagne, mais est aussi soumis à une indexation : tout est mis en oeuvre pour le faire plonger à nouveau. Il traîne en Provence et est accueilli par Myriel l'êveque. Mais pousser par une pulsion satanique, Jean part en volant des couverts en argent. Il est par la suite attrapé par la gendarmerie et ils découvrent les couverts en argent. L'êveque mentira alors, et offrira par suite deux autres chandeliers. Il lui faisait confiance, à été trahi, mais quand Valjean revient, au lieu de le punir, il redouble les compliments, il le gratifie comme s'il s'était bien conduit, ce qui rend la dette de Valjean encore plus forte, c'est une manière de l'aliéné au bien. A partir de là, il va devenir bon, il luttera contre les tentations et choisira toujours la voie du bien, ce qui le conduira à devenir le maire d'une petite ville.
Les Ténardiers incarnent la misère sociale. 
On a pas encore reprocher à Hugo de présenter une vision des choses trop manichéenne, un peu naïve. Il y a évocation de grands tableaux historiques, exemples : la bataille de Waterloo, un tableau sur l'année 1817, un sur les barricades. Les Misérables est un réservoir de passages symboliques qui ont été transmis et retransmis dans la tradition scolaire et littéraire. Arriver à produire un roman qui contient des images qui deviennent des clichés culturels tient du génie propre.

23.02.2009

Alerte.

Bande de moules, vos cours sont arrivés.

 

Qu'est-ce que je peux me faire chier à voir des gens en ce moment. Mis à part ceux en qui j'accorde une réelle importance (et encore heureux qu'il n'y ait que que je cotoie), voir tous des individus déprimants et stupides, ces animaux imbéciles et ahuris s'essayer à apprendre et à faire quelque chose de leur misérable existence perd de son amusement. Mon caractère misanhropique ressort sûrement lorsque des probblèmes surgissent ou bien que je ne suis pas dans un état d'esprit très réceptif, mais soit, certaines réalités difficiles à accepter ressurgissent. Comme tous ces types que j'analyse, que j'aide, que je réconforte, presque tous, le sont-ils au moins redevables ? Pour la plupart ils semblent oublier ce que j'ai fait pour eux ; ils m'oublient, ne daigne pas m'aider en cas de besoin. Je cherche donc, inlassablement, sans trouver de véritable voix, de quelqu'un avec un minimum de bon sens ou d'esprit. Ils le voient pourtant, et tous, mais ils ne font rien, ils n'agissent pas. L'empathie pour eux ne signifie rien. Ils éprouvent de la compassion - quel pitoyable sentiment - ou encore parlent de façon pédante pour s'exciter à leur intelligence et sembler éprouver quelques sensations agréables de plénitudes mentale. Pauvres fous. Soit. Tant pis. Au moins, je sais maintenant vers qui me tourner lorsque les aléas sont contre moi.

Mais désormais, ce sera différence. J'ai pris conscience de mes capacités, du pouvoir que j'ai et ce dont je suis capable. Je vais maintenant la Façonner jusqu'à ce que j'y arrive. Je peux y arriver, ce ne sera pas si difficile, il me suffit d'un peu de volonté, mais dans tous les cas, y arriver est parfaitement possible. J'ai un objectif, je peux le faire, je peux l'accomplir. Je peux l'obtenir. Rien n'est plus fort que la volonté. Si ce n'est l'amour que l'on peut éprouver pour la volonté de réussir. C'est à nous. Tous.

02 - Méthodologie disciplinaire (Le Misanthrope)

Méthodologie disciplinaire
Molière : Le Misanthrope (1666)

Au sujet des personnages :
Oronte est un grand seigneur qui se plaît aux mondanités et qui se croît grand poète. Clitandre, lui, est un jeune marquis prétentieux, superficiel, narcissique ; un freluquet de bal. Célimène est la femme dont s'est épris Alceste le misanthrope ; elle possède de nombreux courtisans et se plaît à plaire aux hommes sans pour autant s'offrir à eux.

Quelques remarques au sujet du texte.
« Sort » : par quelle bizzarerie, par quel hasard.
« L'heur » : la chance.
« Fonds »: bases (quelles sont les bases de son mérite ? Qu'est-ce qui lui permet de recueillir son estime ? )
« Vous êtes vous rendue... » : Avez-vous succmbée au mérite.
« Eclatant »: ambigüité de sens.
« Grands canons » : perruquesubstitution phallique.
« Appats de sa vaste rhingrave » : grande veste anglaise.
« En faisant votre esclave » : à la mode féodale, ils se devaient de leur obéir, d'être servil.
« Ou sa façon de rire et son ton de fausset » : féminisation de Clitandre et caricature.

Proposition de commentaire composé concernant le texte étudié.

Introduction.
Lorsque s'ouvre l'acte II du Misanthrope, Alceste a été considérablement échauffé par une discussion avec son ami Philinte ainsi qu'avec la rencontre avec le peudo-poète Oronte qui lui a récité un sonnet abominable. Au début de l'acte II, Célimène fait son entrée dans l pièce et se rend compte que le misanthrope l'aime et reçoit alors une volée de bois vert de la part d'Alceste qui lui reproche de toléter autour d'elle des soupirants et de ne jamais les décourager. On est au coeur de l'invective au sujet d'un petit marquis : Clitandre.
Molière nous offre par le biais de son perso le portrait féroce d'un homme à la mode. On observera que ce portrait n'est point fait par un observateur détaché et objectif. Au contraire, un deuxième portrait se profile en creux : celui d'un homme jaloux. Enfin, il est bien certain que Clitandre n'est pas la seule cible d'Alceste ; ces propos sont aussi prononcés en tant que leçon à sa bien-aimé à qui il reproche d'être coquette.

Le portrait de Clitandre.
Le personnage qui nous apparaît à travers l'évocation d'Alceste est purement et simplement une sorte de mannequin, un porte-manteau. Et si à la fin du portrait n'était évoqué la voix et le rire du personnage on pourrait conclure que Clitandre se résume à quelques caractéristiques liées uniquement à l'apparence et à la parure. Clitandre n'a pas de pronfondeur. Exemple : il porte un ongle long au petit doigt, une perruque blonde, de grands canons, un amas de rubans, une vaste rhingrave. Une fois les détails exposés, on a l'impression qu'il a fait le tour du personnage, et qu'il n'y a plus rien à en dire. A la limite, le rire et le ton de fausset qui devaient donner de la vie en fin de tableau à ce porte-manteau ne font que le transformer en marionnette.
Alceste le présente comme une nullité grâce à un jeu d'opposition. On observe en effet que, à chaque attribut extérieur du courtisant est opposé une qualité ou une notion qui font éclater le caractère grotesque de ce pantin. Exemple : l'ongle long est opposé à l'estime. La perruque blonde, associée au mérite ; les grands canons, au verbe « aimer ». L'amas de ruban, au verbe « charmer » ; la rhingrave, à l'âme. Le ton de fausset, associé au « toucher » (émouvoir). On peut donc conclure que Molière ici fait un portrait-charge de ces prétentieux inutiles qui occupaient le devant de la scène sous Louis XIV.
Alceste paraît bien engagé dans cette satire ; trop, ce misanthrope concentre sa rage contre un rival : Clitandre.

Un jaloux qui s'exprime.
On peut considérer que si le portrait est aussi précis et cruel, c'est sans doute qu'Alceste observe sa victime avec beaucoup d'attention, allant jusqu'à l'ongle du petit doigt. Ce qui trahis évidemment le regard névrotique d'u jaloux. Ensuite sa jalousie se reconnaît du fait de son agresivité qui s'étale avec l'usage d'adjectifs hyperboliques. Exemple : le mérite de la perruque est exposé comme éclatant ; le terme « amas » pour les rubns est manifestement excessif. Donc cette intensité des adjectifs trahis chez Alceste une agressivité sous-jacente. Cette agressivité se repère également dans l'emploi des effets de surprises rhétoriques. Le fait d'antéposer les adjectifs sous des formes introogatives : « Sont-ce ces grands canons » alors qu'on pourrait s'attendre à « mérites ». Deuxième effet de surprise « vaste rhingrave » ; effet de chute cocasse qui induit une certaine agressivité. En employant le ton interrogatif il donne l'impression qu'il s'interroge honnêtement. Il mime une attitude objective, ce qui n'est pas le cas. Enfin, le portrait se termine par une insulte avec l'occurence « esclave », non neutre ; c'est un jugement extrêmement dévalorisant. De même que la stigmatisation du rire et de la voix jette un doute sur la virilité de son rival.
Transition : si c'est un jaloux qui parle, il réserve également quelques pics à la femme aimée.

Un procès de Célimène.
D'abord, le ton interrogatif choisit par Alceste montre qu'il se place par rapport à elle en position supérieure : cele du maître qui fait la leçon. En plus des suppositions liées à ces interrogations, celles-si sont assez insultantes. En effet, comment sans être la dernière des sottes, pourrait-elle trouver du mérite pour de grands canons, et se pâmer devant une rhingrave et des rubans ? Être séduite par un ton de fausset ? Cete opposition de l'énonciation ressenti par Célimène et le caractère ridicule de Clitandre est évidemment carcastique.
On observe que Alceste associe Clitandre à Célimène par le recours au pronom personnel et adjetif possessif de deuxième personne ; « Votre Clitantre », « Chez vous », etc. Non seulement Alceste associe les deux dans une sorte de couple verbal, mais en plus l'usage de la deuxième personne montre qu'il s'agit bien d'une sorte de procès de Célimène vu qu'il l'interpelle tout le long de sa tirade.

Conclusion.
Molière nous parle avec humour et férocité de l'un de ses petits marquis qui infestaient la cour de Louis XIV (critique sociologique) mais Moliière ajoute plus ubtilement une analyse psychologique de la jalousie chez l'homme amoureux, de même qu'il égratigne la cruauté des coquettes, se vengeant peut-être des infidélités que l'on prêtait à sa très jeune épouse Armande Béjard.

02 - Histoire de la littérature du XIXe siècle

Histoire littéraire du XIXe siècle (séance deux)

Charles Naudier (1780 – 1844) : il fut un des fondateurs et père spirituel du romantisme. En 1824 il est nommé conservateur d'une grande bibliothèque de l'Arsenal -là où il terminera ses jours -, situé à Paris sur les bords de la Seine.
Avant cela, il a étudié les sciences naturelles, et mènait une vie profesionnelle confuse, travaillant dans des bibliothèques ou touchant à la politique. Il s'essaie à des publicatons qui n'hésitent pas à se moquer du régime de Napoléon, tel quil le fait dans sa satire en vers intitulée : La Napoléone. Il est persécuté par le régime, ce qui était encore assez commun en ces temps là. Il voyage beaucoup jusqu'en 1815, où il rentre au pays lors des fêtes Napoléoniennes. Il se met à écrire des textes importants sous la restauration en particulier des contes comme « Sgobar » (1818), « Smarra » (1821), ou « Tryby » (1822).
Il réunit dans les locaux de la biliothèque des amis qui seront plus ou moins impliqués dans le romantisme. C'est une sorte de salon littéraire où il conte des histoires. On y trouve Lamartine, Dumas, St. Beuve, Musset, Vigny, Nerval. Tous ses contes présentent les caractéristiques du roman noir ou d'ambiance fantastique (créatures féeriques, atmosphère lugubre, vampires, châteaux hantés), mais aussi des noms amusants (Biscotin & Biscotine). La littérature de Naudier est en réacton contre le Siècle des Lumières ou la raison, la logique, la cohérence. Lui propose une littérature étrange, insolite. Le romantisme est une réaction contre une certaine bonne conscience des cultivés où la raison dominerait le monde pour le bien de tous.
Par ailleurs, il fut oratorien, c'est-à-dire membre de l'Oratoire de l'Amour Divin puis avocat au Parlement Besançon. Par l'intermédiaire de son salon il, aura influencé des grands auteurs, tel Hugo ou Musset ; on notera aussi sa participation à la redécouverte de la poésie française du XVIe. Durant sa carrière d'écrivain, il aura mutiplié les contes fantastiques, mais aussi certaines oeuvres attraits à la langue française de façon moins extravagante (dictionnaire, poésie, analyses).


Prospère-Mérimée (1803 – 1870) : entre lui et Naudier se trouve un goût commun pour le fantastique. Le génie propre de Prospère-Mérimée est sans contester celui de la nouvelle comme « Matéo Falcone » (1829), « Le vase étrusque » (1830), « La vénus d'ille » (1837) ou de cours romans comme Carmen (1845).
Ce n'était pas un rebel, il était très respectueux du pouvoir de la cour de Napoléon III. Il s'intéresse à des cultures très différentes ; ses oeuvres se caractérisent par la recherche du pittoresque, et comme Naudier, il s'intéresse beaucoup à la dimension surnaturelle. Il a vécu une jeunesse assez sentimentale et il rencontre des gens importants comme Stendhal ou Madame Ricanier, mais aussi le naturaliste Cuvier (à l'origine de l'anatomie comparée et de la paléontologie), Victor Hugo, Musset, etc. Ses premières oeuvres qui n'ont pas atteint la qualité des dernières, s'illustrent dans le domaine du théâtre. Il baptise théâtre de « Clara-Gazul » en 1825 une série de pièces qu'il a lui même écrites mais qu'il donne pour avoir été produite par une comédienne espagnole.
Ensuite, il produit du théâtre dans le goût historique ; le goût romantique consistait à évoquer le médiéval, les règnes (rois, reines). A la cour de Napoléon III, il avait inventé, pour les distraire, la dictée. Il a été très intégré dans le système, si bien qu'il fut nommé sénateur de 1850 à 1870. Intéressé par l'histoire, les cultures étrangères et par le pouvoir de voyager, il a souvent insérer une dimension surnaturelle dans ses oeuvres (avec un phénomène irrationnel, généralement). Du côté de son style, ses phrases sont souvent courtes, nerveuses, sobres, par usage d'une langue très classique.

Stendhal (1783 – 1842) : Stendhal est le pseudonyme d'Henri Beyle.
Il a été officier de cavalerie sous Bonaparte quand celui-ci était à la conquête de l'Italie. A cette époque, c'était encore un général très doué. Le fait d'avoir été dans la cavalerie aura rendu Stendhal amoureux de l'Italie.
On lui doit notamment, concernent ses oeuvres, Le rouge et le noir (1830) et La chartreuse de Parme (1839). Il développe très souvent ses romans à partir d'un fait divers vrai. Il désigne ceci par des « pilotis ». Il avait la réputation de rédiger ses romans très rapidement. Il y avait toujours dans ses oeuvres une part d'analyse psychologique fine, pénétrante et caustique. Il n'était pas vraiment déférent face au pouvoir en place, il critiquait l'arrivisme et l'hypocrisie dans ses romans. Les personnages sont souvent de jeunes gens mûent par un entourage médiocre et de grandes ambitions. Ils sont très souvent narcissiques, égoïstes, tournés vers la gloire d'eux-mêmes. « L'égotisme », tel que le désignait Stendhal.
Henri Beyle était né à grenoble dans le Dauphiné. Ces romans présentent tous l'anti-cléricalisme - même si dans Le rouge et le noir se trouve un curé – car il a été élevé par un précepteur tyrannique : l'abbé Ryan.
Jeune, c'était un excellent mathématicien, mais a délaissé ces sciences exactes au vu de son esprit très dilletante, indépendant. C'était d'ailleurs un théoricien du romantisme vu qu'il a écrit un essai «  Racine et Shakespeare » (1823 et rénové deux ans après) où il oppose le théâtre classique et Elisabéthain. Il écrit de nombreux textes sur la musique, mais par ailleurs surtout sur la psychologie Un premier roman en 1827 (Armans) qui part d'un pilotis. Il publie une sorte d'autobiographie romancée : « Souvenirs d'égotisme ». Plusieurs de ses romans sont publiés très rapidement. « Lucien Leveine » en 1894, ou avant ça, « Lamiel » en 89. Il a été relu et redécouvert cinquante ans après sa mort. Il occupait des postes diplomatiques peu prestigieux en Italie. D'autre part, ses héros étaient souvent fascinés par Napoléon, ce qui est sans doute à rapprocher de son séjour dans la cavalerie.


Balzac (1799 – 1850) :
Il a écrit énormément, ce qui lui vaudrait d'être considéré comme un auteur prométhéen. Il avait programmé cent-trente-sept romans, ce qu'il n'a pas mené à terme mais en a écrit de très nombreux. Il écrivait toutes les nuits pour payer ses dettes. Son oeuvre progressivement se structure en une vaste système de retour des personnages dans une fresque littéraire qu'on désigne par « La comédie humaine ». Il donne les principes de sa Comédie Humaine pour en faire une sociologie de son époque en appréhendant la totalité de son univers. Il y a toujours chez Balzac un avant goût mystérieux. Chez cet auteur industriel se garde une double-vue, un mystère. Il est connu pour écraser ses romans sous de longues descriptions détaillées. Ses personnages se caractérisent par une puissance de vivre colossale. Ce sont des prédateurs sociaux. Il met en jeu des forces de corruption, des personnages qui évaluent sur le dos des autres (tel Vautrin, qui apparaît dans le Père Goriot, par exemple).
On le destinait à la profession d'avocat mais lui choisit la littérature. Il voyagea beaucoup et a eu de nombreuses liaisons, mais sera amoureux d'une femme d'Ukraine qu'il épousera lorsqu'elle sera veuve. Il se consacre des années trente à cinquante à l'écriture ; notons qu'un certain nombre de ses romans concernent la révolution.


Alexandre Dumas (1803 – 1870) : (Alexandre Dumas Père)
Il s'est d'abord lancé dans le théâtre mais devient célèbre par ses romans. Dumas, lui, a signé plus de six cents romans. Ses grands romans lui doivent l'essentiel, comme « Les trois mousquetaires » (44, 45, 50). Il y a d'autres grandes oeuvres, un concernant la Reine Margot, ou encore le fameux conte de Monte-Christo. Pour ses recettes : c'est le recours au tableau historque, le goût du détail pittoresque, une certaine complicité avec le lecteur, une narration rapide. Tout ceci associé à une grande diversité des registres. Alexandre Dumas était richissime mais dépensait beaucoup aussi, à une plus grande vitesse que celle des gains.

02 - Stylistique (versification)

Stylistique : Versification.

 

Dans la prose on peut trouver des vers, car les vers sont des unités rythmées. Pour peu que dans une phrase de prose on trouve un rythme, on pourra considérer la présence de vers.
"Le désert/(3) déroulait/(3) maintenant/(3) devant nous/(3) ces solitudes/(4) démesurées/(4)."
On a un dodécasyllabe (du pointde vue des syllabes), et un tétramètre.
Puis un octosyllabe, du point de vue du rythme est un dimètre. Ce morceau de prose présente donc deux vers.
Dans des morceaux de proses élégants, surtout chez les romantiques tel Chateaubriand, on peut trouver des vers.
Les anglais appellent les vers cachés dans la prose des "blank verse" (des vers blancs).
Petite précision concernant les mètres.
Le type de vers ternaire (à trois accents principaux) le plus prestigieux est celui qu'on nome "trimètre romantique". Exemple : "toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir." (Corneille - Tragédie surénale) Il s'ahit d'un trimètre romantique. Ils en avaient assez de l'alexandrin. Ils ont décidés de privilégier un nouveau dodécasyllabe : ce trimètre romantique, qui se décompose en trois mesures principales de quatre syllabes. On a aucune césure et aucune hémistiche.
Hugo : "J'ai/ disloqué/ ce grand niais/ d'Alexandrin/." C'est un dodécasyllabe qui n'est pas un alexandrin mais un trimètre romantique.
On peut avoir plus de trois accents dans un dodécasyllabe. A deux, il s'agit d'un alexandrin (six & six, donc une seule césure; éventuellement, deux troisdeux trois, etc). Si on n'a pas d'accent sur la syllabe six et la syllabe douze ce n'est pas un alexandrin.
Exemple avec ce pentamètre : "Saignant/, morne/, il songeait/ à Moscou/ qui brûla/." De Victor Hugo, décrivant la défaite de la Russie. On a un premier hémistiche de trois plus trois, deux fois. Ce vers est donc un alexandrin.
Vers de Hugo : "Fuyards/, blessés/, mourants/, caissons/, brancards/, civières/." Il s'agit d'un alexandrin composé de deux hémistiches de six syllabes. Généralement, les alexandrins sont des dimètres, trimètres ou tétramètres. On ne peut pas trouver plus de trois groupes par membres. Les heptamètres n'existent pas car on ne peut pas trouver de vers à plus de six accents. Si on se retrouve avec sept accents dans un vers, c'est logiquement que l'on a deux vers.
Ce qui spécifie un vers n'est pas le contenu ni la forme, ni ce qu'il évoque avec plus ou moins d'élégance ou de prestige, mais son rythme ; voyons ceci avec deux exemples de vers.
Le premier est tiré du Bourgeois Gentilhomme de Molière:
"Nicole/, apportez-moi/ mes pantoufles/
Et me donnez/ mon bonnet de nuit/."
Le deuxième exemple est tiré de l'Art poétique de Verlaine :
"De la musique/ avant toute chose/,
(Et pour cela préfère l'impaire)
Plus vague/ et plus solu/ble dans l'air/
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose."

Le statut métrique d'un énoncé ne dépend absolument pas d'un contenu. Sur le plan du rythme, les vers étudiés précdemment sont tous deux très beaux, mais l'un est trivial, l'autre est noble. Il existe des énoncés en vers libres, dans lequel on a des vers qui s'affichent comme étant de la poésie et qui ne sont pas versifiés au sens où l'on aurait un retour à la ligne à chaque fois, des rythmes, etc. Qui ne respectent pas la contrainte de la rime, de l'isométrie.
Exemple tiré de l'oeuvre de Claudel, et qui correspond à une sous-catégorie de vers libres, sans rythme ni retour. On appelle cette sous-catégorie, les versets.
"Mon Dieu/(2), qui au commencement/(6) || avait séparé/(5) les eaux supérieures/(5) des eaux inférieures/(5) ?" On l'apelle un verset car c'est un bloc autonome qui utilise une longue phrase, mais il s'affiche comme étant poétique.
Soit on considère un vers de quinze syllabe car nous sommes en vers libres, soit on considère qu'on a trois décasyllabes flottants.
(On ne peut pas avor des strophes avec des vers de quinze syllabes.)
Pour résumer tout ceci, ce qui permet au mètre et au rythme de se définir l'un par rapport à l'autre, c'est l'aptitude qu'ont les syllabes accentuées à s'allonger pour s'opposer aux autres dans un système de syllabes longues et brèves. C'est parce que la syllabe est maléable que le rythme existe. Dans la langue française, on parle de vers syllabiques (système de vers français). Car on compte les syllabes (unité de base) et ce sont elles qui créent le rythme en fonction de leur allongement et de son raccourcissement.
Quatres règles à respecter. Pour la prosodie (manière dont en appréhende la "e" muet).
1) Un "e" muet en fin de vers suivit ou non d'une consomne ne compte jamais.
2) Un "e" muet devant une voyelle n'est jamais compté même si les deux mots en contact sont séparés par une ponctuation.
3) Un "e" muet devant une consomne est toujours compté.
4) Un "e" muet après voyelle et devant une consomne est interdit dans le vers classique.
Exemple de cette dernière règle :
*"Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne." Il s'agit d'un vers d'Appolinnaire qui ne respecte pas les règles de la prosodie. Du point de vue de nos règles, cet énoncé est interdit car il présente un hiatus. Or le hiatus est prohibé dans la poésie car il est considéré come étant laid pour des raisons mimiques ; prononcer un hiatus obligeait d'ouvrir la bouche longtemps, ce qui était inconcevable aux temps de la poésie clasique.

"J'admire tout et de rien ne me chaut
Je me délace, et puis je me relie." (Ronsard)

02 - Mythologies comparées

Mythologies comparées (séance deux)

Au sujet de la Bible.
L'occurence « créer » est la mention importante. Par étymologie : créer > creare > crescere = croissance (intransitif). « Creare » induit la notion d' »ex nihilo nihil », c'est-à-dire « faire à partir de rien ».
Le terme « fait » déclare la création de la lumière : le mot fait la chose. Dieu crée le peuple après avoir mis le décor en place. Du point de vue biblique, Dieu est immatériel ; il confère à Adam le pouvoir du libre-arbitre, le pouvoir de choisir.
Avant le péché originel, on est dans un monde qualifiable de végéarien où toute bête se nourrit de végétal. Notons par ailleurs que la notion de déluge revient également. Dieu, malgré son inexistence matérielle est Dieu le Père ; tout ce qu'il crée est masculin.
Avant la Bible existait deux figures féminines : l'une inutileet l'autre péjorative. On ne peut pas confondre le libre-arbitre du créateur et de la créature.

Le libre-arbitre fut le plus grand cadeau que Dieu fit à Adam. Quand Eve, la femme que Dieu créera pour tenir compagnie à l'homme, péchera, ils quitteront l'Eden. D'un certain point de vue, ils en étaient satisfaits, car ils ne voulaient pas êre heureux : ils aspiraient à devenir heureux. D'après Philippe Val, philosophe de nos temps et auteur du « Traité de savoir-survivre par temps obscurs », Adam et Eve étaient l'incarnation de toute volonté humaine et du souhait commun des hommes : devenir heureux plutôt que de l'être sans agir

12.02.2009

Le dragon d'argent.

Majestueux sous ses écailles d’argent, son museau aux deux narines béantes était encore tâché du sang de la dernière créature dévorée. Au dessus de son cou, reliant ses orifices sonores, son collier de chair d’éventail blanc surplombait ses yeux perçants, tous deux plus grands qu’une orange. Son corps s’allongeait en de millions d’écailles argentées tel un lézard aux dimensions extraordinaires, le soleil s’y reflétait, s’y semblant en des milliers de miroirs. Sa queue, énorme, gigantesque, imposante, lourde, dangereuse, magnifique était ornée de pics tous plus destructeurs les uns que les autres ; le membre terminait en une pointe terrible dont les écailles reluisaient de sang, frais, séché, d’hier et d’avant. Il dominait les plaines arides, sous sa gueule aux centaines de dents pointues craquaient les os d’innombrables créatures imprudentes. Ses pattes étaient ornées de griffes ressemblant davantage à des crochets déchiqueteurs de viande, et semblaient usées par le temps et la terreur qu’elles infligeaient au quotidien. Ses ailes longues et déployées augmentaient à sa noblesse ; elles s’étendaient vers les cieux, prêtes à soulever la masse gargantuesque. Seigneur des lieux, rien ne lui résistait, la terre se courbait sous son pas et sa faim n’avait pour seule limite l’étendue de son existence.

01 - Stylistique - Versification.

Stylistique : Versification.

On ne définit point un vers par le nombre de syllabes, la rime ou la mise en page. Un vers est avant tout un énoncé rythmé.

En poésie, il existe le principe de l’accent tonique, qui régit certaines fonctionnalités du vers. Tout mot français porte un accent sur sa dernière voyelle ; les consommes ont besoin d’une voyelle pour être entendu. Le « e » ne porte jamais d’accent. On accentue la syllabe précédente en cas de « e » prononcé. Le « e » est prononçable mais jamais accentuable.

Quand on a des mots monosyllabiques, ils ont tendance à « s’agglutiner » phonétiquement selon le son, soit avec le mot avant, soit avec le mot après.

On appelle clitiques les mots courts qui s’appuient sur un mot avant (on parle d’an-clitiques) ou après (de pro-clitiques) qui ne portent pas l’accent.

Quand on a un groupe de mots, on a une hiérarchie naturelle qui se crée, celle des accents. L’accent de groupe frappe la dernière voyelle non muette d’une série cohérente.

Au moins un accent par vers quand les vers sont cours, par ailleurs, un vers présente habituellement deux accents. Afin d’obtenir un rythme, il est nécessaire d’avoir un contraste entre unités lexicales et verbales. Dans la chaîne verbale, c’est la répétition des accents toniques qui provoque l’effet de rythme. On peut donc mesurer les intervalles qui séparent les accents de groupe dans une syntaxe. On regarde combien il y a de syllabe non-accentuées avant la syllabe accentuée.

Entre les différentes mesures d’un vers il existe des équivalences et des proportions. Le système du vers français est de nature rythmique. L’unité de mesure de ce rythme est la syllabe.

Exemple : « Et des chansons pour les sirènes. » Ce vers compte deux mesures de quatre syllabes. Deux mesures font un membre. Les chiffres suivants entre parenthèses indiquent le nombre de syllabe de chaque mesure.

Autre exemple : « Les bois (2) à contre-jour (4) sont gorgés (3) de nuit chaude (3). » Quatre mesures. Deux membres. Ces membres composés ne le sont pas de la même manière. Ils sont hétérogènes l’un par rapport à l’autre.

Exemple suivant : « Fantô(2)me laiteux (3) se désespérant (5). » Notons que le nom avant son adjectif garde son accent.

Dans un système binaire, les deux membres sont des hémistiches. Deux mesures font un hémistiche. Les deux hémistiches se trouvent de part et d’autres de la césure. On ne possède qu’une seule césure par vers. Il existe des systèmes ternaires sans césure et hémistiches.

Exemple : « C’est aujourd’hui que le présent est éternel. » On distingue trois membres de quatre syllabes. Ou encore : « Et c’est (2) le soir (2), et c’est (2) la nuit (2), et c’est (2) novembre (2). » Un alexandrin comporte deux hémistiches et une césure.

Dénominations des syllabes.

Ø Une syllabe : monosyllabe.

Ø Deux syllabes : dissyllabe.

Ø Trois : trisyllabe.

Ø Quatre : tétrasyllabe.

Ø Cinq : pentasyllabe.

Ø Six : hexasyllabe.

Ø Sept : heptasyllabe.

Ø Huit : octosyllabe.

Ø Neuf : ennéasyllabe.

Ø Dix : décasyllabe.

Ø Onze : hendécasyllabe.

Ø Douze : dodécasyllabe.

Ø Treize : tridécasyllabe.

A ne pas confondre avec un monogroupe (membre simple, un vers). Ne pas confondre le dimètre et le distique, le tétramètre et le quatrain, le pentamètre et le quintile, l’hexamètre et le sizain.

On désigne par « hétéromètre » un groupe de vers qui entre eux, diffèrent. Isomètre, un groupe de vers uniformément construit.

 

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