23.02.2009
02 - Stylistique (versification)
Stylistique : Versification.
Dans la prose on peut trouver des vers, car les vers sont des unités rythmées. Pour peu que dans une phrase de prose on trouve un rythme, on pourra considérer la présence de vers.
"Le désert/(3) déroulait/(3) maintenant/(3) devant nous/(3) ces solitudes/(4) démesurées/(4)."
On a un dodécasyllabe (du pointde vue des syllabes), et un tétramètre.
Puis un octosyllabe, du point de vue du rythme est un dimètre. Ce morceau de prose présente donc deux vers.
Dans des morceaux de proses élégants, surtout chez les romantiques tel Chateaubriand, on peut trouver des vers.
Les anglais appellent les vers cachés dans la prose des "blank verse" (des vers blancs).
Petite précision concernant les mètres.
Le type de vers ternaire (à trois accents principaux) le plus prestigieux est celui qu'on nome "trimètre romantique". Exemple : "toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir." (Corneille - Tragédie surénale) Il s'ahit d'un trimètre romantique. Ils en avaient assez de l'alexandrin. Ils ont décidés de privilégier un nouveau dodécasyllabe : ce trimètre romantique, qui se décompose en trois mesures principales de quatre syllabes. On a aucune césure et aucune hémistiche.
Hugo : "J'ai/ disloqué/ ce grand niais/ d'Alexandrin/." C'est un dodécasyllabe qui n'est pas un alexandrin mais un trimètre romantique.
On peut avoir plus de trois accents dans un dodécasyllabe. A deux, il s'agit d'un alexandrin (six & six, donc une seule césure; éventuellement, deux troisdeux trois, etc). Si on n'a pas d'accent sur la syllabe six et la syllabe douze ce n'est pas un alexandrin.
Exemple avec ce pentamètre : "Saignant/, morne/, il songeait/ à Moscou/ qui brûla/." De Victor Hugo, décrivant la défaite de la Russie. On a un premier hémistiche de trois plus trois, deux fois. Ce vers est donc un alexandrin.
Vers de Hugo : "Fuyards/, blessés/, mourants/, caissons/, brancards/, civières/." Il s'agit d'un alexandrin composé de deux hémistiches de six syllabes. Généralement, les alexandrins sont des dimètres, trimètres ou tétramètres. On ne peut pas trouver plus de trois groupes par membres. Les heptamètres n'existent pas car on ne peut pas trouver de vers à plus de six accents. Si on se retrouve avec sept accents dans un vers, c'est logiquement que l'on a deux vers.
Ce qui spécifie un vers n'est pas le contenu ni la forme, ni ce qu'il évoque avec plus ou moins d'élégance ou de prestige, mais son rythme ; voyons ceci avec deux exemples de vers.
Le premier est tiré du Bourgeois Gentilhomme de Molière:
"Nicole/, apportez-moi/ mes pantoufles/
Et me donnez/ mon bonnet de nuit/."
Le deuxième exemple est tiré de l'Art poétique de Verlaine :
"De la musique/ avant toute chose/,
(Et pour cela préfère l'impaire)
Plus vague/ et plus solu/ble dans l'air/
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose."
Le statut métrique d'un énoncé ne dépend absolument pas d'un contenu. Sur le plan du rythme, les vers étudiés précdemment sont tous deux très beaux, mais l'un est trivial, l'autre est noble. Il existe des énoncés en vers libres, dans lequel on a des vers qui s'affichent comme étant de la poésie et qui ne sont pas versifiés au sens où l'on aurait un retour à la ligne à chaque fois, des rythmes, etc. Qui ne respectent pas la contrainte de la rime, de l'isométrie.
Exemple tiré de l'oeuvre de Claudel, et qui correspond à une sous-catégorie de vers libres, sans rythme ni retour. On appelle cette sous-catégorie, les versets.
"Mon Dieu/(2), qui au commencement/(6) || avait séparé/(5) les eaux supérieures/(5) des eaux inférieures/(5) ?" On l'apelle un verset car c'est un bloc autonome qui utilise une longue phrase, mais il s'affiche comme étant poétique.
Soit on considère un vers de quinze syllabe car nous sommes en vers libres, soit on considère qu'on a trois décasyllabes flottants.
(On ne peut pas avor des strophes avec des vers de quinze syllabes.)
Pour résumer tout ceci, ce qui permet au mètre et au rythme de se définir l'un par rapport à l'autre, c'est l'aptitude qu'ont les syllabes accentuées à s'allonger pour s'opposer aux autres dans un système de syllabes longues et brèves. C'est parce que la syllabe est maléable que le rythme existe. Dans la langue française, on parle de vers syllabiques (système de vers français). Car on compte les syllabes (unité de base) et ce sont elles qui créent le rythme en fonction de leur allongement et de son raccourcissement.
Quatres règles à respecter. Pour la prosodie (manière dont en appréhende la "e" muet).
1) Un "e" muet en fin de vers suivit ou non d'une consomne ne compte jamais.
2) Un "e" muet devant une voyelle n'est jamais compté même si les deux mots en contact sont séparés par une ponctuation.
3) Un "e" muet devant une consomne est toujours compté.
4) Un "e" muet après voyelle et devant une consomne est interdit dans le vers classique.
Exemple de cette dernière règle :
*"Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne." Il s'agit d'un vers d'Appolinnaire qui ne respecte pas les règles de la prosodie. Du point de vue de nos règles, cet énoncé est interdit car il présente un hiatus. Or le hiatus est prohibé dans la poésie car il est considéré come étant laid pour des raisons mimiques ; prononcer un hiatus obligeait d'ouvrir la bouche longtemps, ce qui était inconcevable aux temps de la poésie clasique.
"J'admire tout et de rien ne me chaut
Je me délace, et puis je me relie." (Ronsard)
05:56 Publié dans Fac - Stylistique. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



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