12.02.2009

Le dragon d'argent.

Majestueux sous ses écailles d’argent, son museau aux deux narines béantes était encore tâché du sang de la dernière créature dévorée. Au dessus de son cou, reliant ses orifices sonores, son collier de chair d’éventail blanc surplombait ses yeux perçants, tous deux plus grands qu’une orange. Son corps s’allongeait en de millions d’écailles argentées tel un lézard aux dimensions extraordinaires, le soleil s’y reflétait, s’y semblant en des milliers de miroirs. Sa queue, énorme, gigantesque, imposante, lourde, dangereuse, magnifique était ornée de pics tous plus destructeurs les uns que les autres ; le membre terminait en une pointe terrible dont les écailles reluisaient de sang, frais, séché, d’hier et d’avant. Il dominait les plaines arides, sous sa gueule aux centaines de dents pointues craquaient les os d’innombrables créatures imprudentes. Ses pattes étaient ornées de griffes ressemblant davantage à des crochets déchiqueteurs de viande, et semblaient usées par le temps et la terreur qu’elles infligeaient au quotidien. Ses ailes longues et déployées augmentaient à sa noblesse ; elles s’étendaient vers les cieux, prêtes à soulever la masse gargantuesque. Seigneur des lieux, rien ne lui résistait, la terre se courbait sous son pas et sa faim n’avait pour seule limite l’étendue de son existence.

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