10.02.2009
01 - Histoire de la littérature française du XIXe siècle.
Histoire de la littérature française du XIXe siècle.
Après la révolution française de 1789 – et ainsi donc l’exécution sur place publique de Louis XVI -, vint une Monarchie, en 1814, dont, paradoxalement, les frères du feu roi prirent le pouvoir. Il s’agissait de Louis XVIII et Charles X.
La restauration de l’ancien régime 1814-1830 va elle-même subir une seconde révolution en 1830 qui va donner lieu à l’apparition d’une nouvelle monarchie constitutionnelle jusqu’en 1848. Les républicains veulent que la République s’installe, mais conduit à une nouvelle révolution jusqu’en 1851. Le neveu de Napoléon, Napoléon III, le fils d’un des frères de Napoléon, intervient au pouvoir.
On note ainsi donc l’apparition du Second Empire de 1851 à 1870. Après une défaite contre les Allemands, l’Empire est éliminé ; s’ensuit alors une nouvelle révolution qui va donner lieux à la IIIe République.
Le XIXe siècle est politiquement instable, mais on retrouve toujours les mêmes systèmes qui réapparaissent : révolution, Empire…
La littérature s’en ressent fortement. Elle est chaotique et reprend la violence de l’Histoire. Les écoles littéraires sont surtout liées à tel ou tel parti politique, les romans en parlent, le sujet est d’actualité majeure partout.
Autour de Napoléon.
Madame de Staël.
Très jeune, elle épousa un ambassadeur de Suède – mariage non fait par amour, on l’aura compris. Son père est un ministre de Louis XVI : le ministre Necker. Elle a occupé, après la révolution, le devant de la scène littéraire. Son œuvre obéit au principe de la liberté, d’amour de la vie et de l’existence. Elle critiquera la politique de Napoléon au travers certaines œuvres.
Son père fut un banquier doué en son domaine, ce qui lui valut, plus tard, le titre de ministre des finances du Roi.
Sa mère possédait un salon de discussion privé qui recevait de grands philosophes tels Voltaire, Diderot, ou encore celui qui influença grandement Germaine de Staël, Rousseau. Il a fécondé l’œuvre de Staël et de Chateaubriand.
Malgré son mari ambassadeur, elle avait pour amant Benjamain Constant. Après la révolution, elle essaie à son tour d’ouvrir son salon afin d’influencer la politique du moment – c’est-à-dire celle de Napoléon. Non bien vu pas ses amis, son caractère turbulent provoquera toujours des conflits entre elle et le pouvoir en place. Elle avait par ailleurs déjà essayé de se rapprocher de Napoléon. Mais celui-ci l’exilera à quarante lieux de Paris. Elle vivra les quinze années de sa vie à voyager en Europe, par exemple, en Italie.
Elle est l’initiatrice de la littérature composée. Elle possède un tempérament qualifiable de marxiste – car en possède certains points, bien que le marxisme ne soit pas vraiment d’actualité - et pense que la littérature influence des périodes de l’histoire à de nombreux niveaux : politique, économique… Elle écrit beaucoup que le social tout en rédigeant de nombreux romans assez volage car emplis d’une certaine liberté d’expression. Afin de compter les péripéties vécus de ses années d’exil de Paris, elle écrit « Dix années d’exile ». Elle réunissait tous les grands esprits qui s’insurgeaient contre leur temps, dans le château familial laissé pour héritage à Coppet. On considère souvent que c’est une des plus grandes théoriciennes du Romantisme autant qu’une héritière des Lumières, avec un goût sur la politique animé de la volonté de convaincre de ses convictions.
Benjamain Constant.
Né en 1767 et décédé en 1830, d’origine suisse, on lui connaît une attitude fougueuse dans son enfance tumultueuse. Coureur de femmes, joueur, il se marie plusieurs fois et voyage plus que de raison.
Il est auteur de brochures remarquables, intelligemment écrites, bien qu’acides sur la politique. Il comprend qu’il a tout à gagner à rester proche de Napoléon, c’est de cette attitude d’opportuniste que lui vient le caractère de retourner sa veste rapidement. Ses textes étaient lumineux, dont l’un qui provoqua beaucoup d’émoi, nommé « Adolf » (rédaction en 1806, parution en 1816), l’histoire d’une passion qu’il a eu.
On lui reconnaît aussi le fait d’être polémiste politique, c’est-à-dire de provoquer des débats contradictoires et brûlants sur la politique en place. Quand Napoléon revient en 1815, il lui dédie un texte pro-Napoléon : « L’acte additionnel à la constitution de l’Empire », tout aussi remarquablement réalisé que son texte anti-Napoléon : « De l’esprit de conquête », paru en 1814.
Lui aussi est très influencé par Rousseau, en particulier par l’impermanence du « moi » s’interrogeant sur la personnalité. Comment les conflits sentimentaux interviennent sur la maîtrise de soi ? Le vecteur principal est l’idée de liberté. Les sentiments doivent évoluer librement. Ce qui compte pour lui, c’est l’évolution de l’individu sans tutelle ou lois dictatoriales. Il a laissé un journal très important qui parle de la seule aliénation dont il était conscient et qu’il s’autorisait : être esclave de son désir de liberté.
François-René Chateaubriand.
Né sous Louis XV en 1768 et mort sous la IIIe République en 1848, il a mis en scène sa vie par rapport aux individus importants de son époque.
Breton de St. Malo, sa mère a déjà accouché neuf fois, mais nombre de frères et sœurs étaient déjà décédés avant sa naissance – la dixième de sa mère, donc. Sa famille est d’une petite noblesse. Plus tard, il réalise des études modestes et se tourne vers l’art militaire et devient officier du roi. C’est un esprit fantasque dont les loisirs campagnards étaient multipliés pendant sa jeunesse à Combourg. Il noue des relations très solides et favorables dans le milieu parisien. Il reste huit ans en Angleterre où il vit de petits métiers. Il accumule de nombreuses pages sur une de ses œuvres : « Le génie du christianisme ».
Il cherche à faire une belle carrière dans la diplomatie, ce qui lui vaudra d’être envoyé à Rome par Napoléon. Pendant dix ans il sera marginal par rapport à l’empereur. Il rédigera plus tard une épopée sur les martyrs chrétiens.
A la chute de Napoléon, il réintègrera les cercles de pouvoir en tant qu’ambassadeur. Il considèrera que la monarchie constitutionnelle de Louis-Philippe est une traîtrise, et démissionnera de son poste.
A soixante-quinze ans, il écrira la biographie d’un ecclésiastique (« La vie de Rancé »), œuvre pleine de romantisme. Les vingt dernières années de sa vie seront partagées entre Céleste, sa femme légitime, et une amante. Sa femme décèdera en 1847, il lui dédiera ses paroles : « Je dois une tendre et éternelle reconnaissance à ma femme dont l'attachement a été aussi touchant que profond et sincère. Elle a rendu ma vie plus grave, plus noble, plus honorable, en m'inspirant toujours le respect, sinon toujours la force des devoirs. ».
Chateaubriand aura laissé en héritage littéraire une autobiographie commencé en 1811 (ou 1809, on ne connaît pas réellement quand Chateaubriand aura commencé à s’atteler à tel projet), en quatre parties, intitulé « Mémoires d’outre-tombe », et terminé en 1841.
La première partie conte sa jeunesse et ses voyages. La deuxième, sa vie d’écrivain sous la politique de Napoléon. La troisième, la période où il officiait en tant qu’ambassadeur et ministre politique. La quatrième et dernière est un résumé des parties précédentes, dont son voyage en Europe, on y retrouve une certaine inspiration baroque. C’est une partie libre, celle qui correspond le plus à son moment d’écriture, autant que dans un journal.
23:51 Publié dans Journal mémoriel | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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