17.12.2008
Poursuite entre les mondes
Les quais étaient sombres ; une atmosphère de terreur semblait planer. L'eau était noire comme de l'encre et ses clapotis tendaient à augmenter l'ambiance funeste des lieux.
Le jeune homme s'avançait dans l'obscurité, cherchant à se prouver qu'il y avait bien quelqu'un présent ici. Des bruits de chaîne entrechoqués provoquèrent un frisson glacé sur son dos. Sur le qui-vive, Orion se retourna. Sans qu'il puisse expliquer quoi que ce soit, une armure de chevalier que l'on portait très probablement autour du XIIIe siècle se tenait debout, devant lui. Elle était étincelante, comme neuve, et à travers les fentes du casque scintillait une lueur verte.
Courir. Maintenant.
Il se retourna et commença à détaler. Entendant le grondement métallique sonner derrière lui comme les derniers bruits avant la fin de son existence, l'adrénaline, dans son organisme, fusa comme une injection létale, et il couru plus rapidement qu'il n'avait jamais couru de sa vie. Du haut de sa jeunesse sportive, il pensait pouvoir rivaliser avec son adversaire, mais lui ne ressentait aucunement la fatigue, car jamais humain il n'était : âme maléfique dans une armure humanoïde.
Merde, merde, merde ! Où est ce fichu bouquin ?
Dans des gestes désordonnés et pendant sa folle course, à travers les quais, il saisit le petit livre qui pendait à sa taille. Au moment où il l'ouvrit, il se sentit défaillir. Une chute. Brève. Impartiale justice de la gravité, il venait de tomber et c'était dans cette eau noirâtre et sans aucun doute pollué à l'excès avec qui il allait entrer en communion. Comme si le temps freinait sa course, à elle, il leva le livret à la hauteur de ses yeux et lu : "chapitre 04 : la forêt des Elfes blancs".
Au moment même où ses pieds entrèrent en collision avec l'eau, il retomba, masse inerte, sur un sol de mousse verte et de terre fraîche. Autour de lui, plus de quai, plus d'armure, mais des buissons, des arbres, et des chants elfiques qui enchantaient la forêt. Aux cris d'oiseaux et à l'ambiance naturelle se mêla un autre bruit incongru plus connu : les claquements répétés d'une armure qui se relevait lentement...
12:42 Publié dans Microfictions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Ecrire un commentaire