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05.07.2008

Christ et l'existence sociale

Christ et l'existence sociale.

 

Il pleuvait. Enfin, ce n'était pas une surprise en cette saison. Christ, affalé de tout son long sur le sofa regardait d'un oeil à demi-clos et d'un esprit ailleurs l'émetteur de lumière par tube cathodique. Il aurait fallu été sot pour croire que le dénommé Christ était un fainéant de première : il pensait. Et penser était sa majeur activité. Qu'y avait-il de plus intelligent que de penser ? Penser, c'était la preuve de notre existence. D'ailleurs, un célèbre philosophe n'a-t-il pas affirmer que "cogito ergo sum" ? "Je pense donc je suis ?"

Christ existait dans son monde intérieur. Enfermé dans les illusions de son esprit, il s'était bâti une vision abjecte du monde qui tendait à l'enfermer chaque jour un peu plus dans son intérieur spirituel, son coffre-fort mental qui le contenait. Il ne s'en plaignait pas, bien au contraire, se couper du monde et apprécier la solitude était d'une importance sans précédent : être seul était mieux que mal accompagné. Bien évidement, il ne pensait pas à des choses futiles tels que le repas du soir, les rendez-vous de demain d'un point de vue cosmétique, et encore moins à la ligne de vêtement qu'il préférait parmi le panthéon divin de la couture. Il pensait à la vie, pensait à sa futilité d'exister, et par dessus-tout, pensait à la vanité de l'existence de tout être humain.

Christ était le misanthrope pensif et déprimé qui ne voulait se lancé dans aucun projet d'aucune sorte. A quoi bon se tuer à la tâche si nous ne pouvons pas profiter de ce qu'on nous avons fait en fin de vie ? Il était vrai que penser à la mort n'était point d'agréables pensées, mais ne valait-il mieux pas passer du temps à l'acceptation de son sort et à une déprime excessive plutôt que d'ignorer la fatalité de l'existence ? Christ ne sourait jamais. Ou seulement intérieurement. Christ était la haine dans l'existence : un vecteur des pulsions haineuses et contrôlables qui faisaient de lui un être amorphe et exsangue de volonté. Et c'était ainsi : il pensait qu'il ne servait à rien.

Seulement, là où Christ avait tort, les autres connaissaient la vérité. Si nous sommes tous voués à la mortelle damnation de la Faucheuse, nous avons un but à accomplir : se procurer autant de plaisir que possible durant cette vie-ci, jusqu'à la prochaine, et ainsi de suite. Lui ignorait que le plaisir était le but premier de la vie. Conséquemment, il passait son temps à déprimé et à rire dans son monde intérieur qui n'existait qu'en son encéphale, plutôt que trouver les plaisirs de la vie et à déprimé dans son confort intérieur. Car la vie était ainsi : on gardait notre mal, et projetait notre bien. C'était là l'ordre de l'existence sociale en sein des Autres : projeter le bien, garder le mal.

Stase

Stase. Quel terme magnifique, ce "Stase". En médecine, on définit la stase comme l'état de stagnation du sang. La stase, c'est l'état du non-mouvement. L'état de repos d'une force brute immobile. L'état selon laquelle rien ne bouge.

Le principe de la stase est contraire au principe général selon lequel "Ce qui n'avance pas recule". Car en état de stase, rien n'avance, et pourtant, rien ne recule. La stase, c'est le contraire des principes universels. La stase est le principe de la perfection : rien ne peut se déplacer en stase. Et pourtant, dans l'univers tout entier, l'état de repos et particulièrement rare et aussi rarement recherché. On ne trouve l'état de stase pas même ne physique - physique quantique - et les sciences de la vie n'y s'y prêtent en rien. En outre, les mathématiques n'y aident pas : on recherche le mouvement, et pas la stase. La stase, c'est l'immobilité, l'inertie. Le fait que rien ne puisse se déplacer, ni émettre le moindre mouvement.

 On peut imaginer la stase comme un objet emprisonné dans une bulle temporelle où le temps s'est arrêté, et lui avec. Il ne peut plus bouger ; de la sorte, c'est comme s'il n'existait pas dans la dimension temporelle : il ne serait que de l'espace dans les dimensions de l'espace sans qu'il puisse être influencé. L'état de stase n'a jamais existé dans l'histoire de l'humanité. Les êtres humains ont toujours évolués et l'évolution continue encore de nos jours. Une unité consciente ne peux être en stase : elle ne cesse de changer continuellement en cours de son existence.

La vie elle-même n'est pas une stase, elle est modifiée en cours de l'existence de celui qui prétend à la vie, et se termine. Hors, dans la stase, le mouvement n'existe pas, donc la mort ne peut exister. Une entité vivante ne peut donc pas être en stase, étant donné que l'on définit le vivant comme pouvant accéder à l'état de mort. Ainsi, la stase ne s'applique pas au royaume du vivant. Pouvons-nous en conclure que la stase est l'état suprême de la mort ? La mort serait donc la stase.

Les religions contredisent cet état de fait, et les sciences occultes aussi. Après tout, que faisons-nous des fantômes dans cette histoire ? Eux ne sont pas en stase. La mort, ce n'est pas entré en état de stase.

La stase est inexistante. Même les pierres ne sont pas en état de stase : et l'érosion ? La stase, c'est le sublime dans l'inexistence : le pouvoir absolu d'être hors temps et d'influencer le monde extérieur sans pouvoir être influencé nous-même. La stase est le pouvoir divin. Dieu est en stase ; depuis la nuit des temps, Dieu veillerait sur notre univers. Il ne serait pas en mouvement et ne ferait absolument rien. Il serait donc dans un état de contemplation réfléchit et continue, sans pouvoir être lui-même influencé par sa propre entité. Il contemple, c'est tout. Et observe et réfléchit. Mais Dieu reste Dieu, et ne peut point changer. 

La Stase, c'est Dieu dans l'inexistence.