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28.06.2008
Apocalypse
Le sang qui coulait dans mes veines semblait se sublimer sous l’effet de la température corporelle. Certes, c’était beau, la sublimation, mais sentir de l’acide sulfurique à la place de notre si rouge fluide vital était bien plus que déconcertant : cela me procurait un effroi absolu. Je courais. Le plus simplement du monde, je courais – si c’était sans compter les centaines de muscles stimulés pour la course. Le long d’une route parsemée de pierres au fin fond d’une forêt. Les piaillements d’oiseaux étaient inexistants, le ciel était noir, et malgré l’absence de soleil, je voyais autour de moi les gargantuesques titans végétaux qui, menaçants, semblaient prêt à me fondre dessus. Alors je fuyais ces arbres, fuyait cette forêt, cette absence de lumière, mais surtout, je fuyais le passé.
Car ce monde n’était plus un monde : « enfer » était l’adéquat terme qui le qualifierait.
La crainte encrée en moi comme l’était la solitude, ma course folle à travers l’inconnu ne parvenait point à rayer de mon esprit l’horrible et détestable vérité qui ne cessait de susurrer à mon ouïe que l’Apocalypse était présente. En effet : le ciel était obscur, mes semblables humains se détruisaient, le royaume végétal laissait naître dans ses rangs des êtres difformes et gigantesques, noir d’écorce et sang de sève.
C’était les arbres de l’Apocalypse. Les prophètes de la fin. Plus terribles encore que le terrifiant Mothman.
Nous devons tous mourir un jour. Mais nous ne quittons ce monde que dans une certitude dont son existence nous parvient dès la conscience de notre vanité : notre mort s’exécutera dans la solitude.
Cette règle a changé. Et, cette fois, c’est l’ensemble de notre espèce qui s’éteindra à la vie.
Le mot « Apocalypse » trône encore, victorieux, sur mes lèvres tremblantes.
Ceci est notre vérité.
L’Apocalypse est notre présent.
03:44 Publié dans Ombres & Lumières, Nouvelles à lire... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : apocalypse



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