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10.06.2008
9 secondes (Par Marie)
Par Marie
9 secondes
Dans un souffle toujours plus chaud et menaçant, Alceste s'approchait de moi, les pointes de ses dents luisant dans la nuit. Je respirais plus fort, encore plus fort. Mais... Mais j'aimais ça.
Le plaisir était mien.
Oh, bien sur je ne le faisais pas ressentir, ça ne serait plus divertissant.
Je respirais.
Ma poitrine se soulevait au fur et à mesure.
Il était là, sa bouche à quelques millimètres de mon cou.
Je gémissais.
Un râle, un long râle qui se prolongeait dans la nuit et puis... Je me suis souvenu.
Je n'ai jamais souhaitée mourir, soyons d'accord. J'aime juste profondément le danger. Jouer avec le feu, vous savez ? Et, il se trouve qu'Alceste représente... Oui, il représente la forme de danger que je désirais : cruel, immonde, horrible, d'une beauté extravagante. J'ai jouée, jouée un rôle avec lui jusqu'au bout. La jeune fille innocente, pure, ingénue, sotte et niaise. Mais en réalité, j'ai juste aimée, oui, éprouver un énorme plaisir. Je me suis servie de lui à mes fins.
Intéressante expérience. Léthargie sentimentale.
C'était ce matin, je visitais alors une exposition d'art basée sur le thème des Vampires. Pourquoi étais-je là ? Vous le devinez très bien.
Et lui était là.
Affreusement beau. S'en était presque pathétique.
Grand, squelettique, le teint livide et des cernes violettes ; des lèvres charnues, un long cou. Il portait un grand manteau noir, et un pantalon rouge moulant un peu déchiré. De longues chaussures vernies, noires. L’élégance était sienne.
Je me suis donc approchée de lui ; il n'avait même pas daigné me regarder. Il avait juste froncé les sourcils, comme si le fait que j'ose marcher sur le même… Territoire que lui ne le dérange. Le tableau que l'on observait tous deux représentait une femme, complètement nue. Elle arborait une longue crinière rousse et flamboyante cascadant de parts et d’autres de sa nuque et ses seins. Elle était allongée sur l'herbe, incandescente.
Magnificence artistique.
Le peintre était un Maître.
Un homme se tenait debout, et la regardait d'un air satisfait. Comme un Roi à un sujet. C'était renversant.
Je m'étais permise un commentaire, un gentil et simple commentaire sur ce tableau. Il avait tourné la tête lentement, très lentement vers moi. Son regard affichait clairement de la haine.
Cela m'avait plu.
Et il n'avait pas répondu, il m'avait juste toisé, de haut en bas. J'avais frissonné puis avais repris. J'ai décris le tableau, j'ai décris ce que j'en ressentais. Il n'en pouvait plus, ça se voyait.
Je racontais n'importe quoi mais c'était le seul moyen de gagner son attention.
"Le roux de ses cheveux s'accordent avec la peau pâle de l'homme. Il semble satisfait qu'elle soit morte, si elle l'est bien sûr. Ou satisfait de lui faire du mal, la faire souffrir. Oui, satisfait, c'est le mot. Et puis elle... Son expression, prospère et calme. C'est apaisant de la regarder. Elle souffre, on se doute bien qu'elle souffre mais son visage reste calme, et lorsqu'on la regarde on ne peut pas lire ses émotions, elle se cache derrière ce voile de prospérité. C'est étonnant, l'artiste a réussi à laisser couler le mystère dans nos veines."
Au fur et à mesure que je parlais, ses traits s’étaient adoucis. Il s'était calmé, et a susurré un "Chut".
Sa voix était mélodieuse, elle résonnait dans mes oreilles comme une musique qui transportait tout à chacun.
Hallucinant.
Et j'avais gagnée, il m'avait remarqué.
Sans un mot nous nous étions rendus à son domicile, tout simplement. Nous deux avions compris ce que l'un attendait de l'autre...
Sauf que je jouais. Se croyant le prédateur le plus génial, il était juste un pion de mon propre échiquier du plaisir.
Oh, et il était cruel, je me dois le préciser.
Il n'a cessé de me montrer qu'il était le meilleur, le plus fort et le plus beau. Un dieu, en quelque sorte. Sa demeure était un immense manoir, sombre comme il le fallait. Splendide. Les pièces étaient gigantesques ; de splendides tableaux décoraient les murs.
Nous avons un peu parlé, de littérature et d'art, de musique classique et des peintures. Ensuite il m'a posé pléthore de questions sur moi, ma vie, ma fade et sans saveur vie humaine. Etrangement, il semblait réellement captivé aux propos si peu intéressant que je débitais. Cela commençait à m'ennuyer.
Le jeu a donc commencé.
Tout d'abord il m'avait crié que j'allais mourir. J'avais fait mine d'être horrifiée.
J'avais couru, couru dans tout les sens.
C'était bon.
Il riait tellement fort, son rire résonnait tandis que peu à peu je m'essoufflais. Il avait vite fait de me rattraper. Alors je commençais à gémir, à implorer sa pitié, et mon coeur semblait vouloir exploser de plaisir.
Je frissonnais.
Ne sentant plus mes jambes, je me réfugiais dans une petite pièce, et me cachais dans l'ombre. L'horreur et la jouissance semblaient fusionnelles, ne faisant qu'un.
Sentiment puissant qui me renversais.
Je distinguais un lit, et une fenêtre, une immense fenêtre. Je regardais la lune et les étoiles, la nuit, si belle nuit.
J'entendais les pas qui se rapprochaient. Il arrivait d'une démarche gracieuse et assurée. Il riait doucement. Enfin, il entrait et chuchotait tout bas "La voilà..."
Je reculais, en tremblant.
Simplement, je tremblais de plaisir, mais lui pensait que j'étais affolée.
Il me jetait sur le lit d'une force incroyable.
Il se tenait au dessus de moi, sa main glissant dans mon cou et ses ongles me lacérant la peau.
"Ah..."
Ce gémissement m'avait échappé, mais il ne semblait pas déplaire à Alceste. Il plongeait ses yeux rouges vif dans les miens et déposa un tendre baiser sur mes lèvres.
Surprise, je tentais de me débattre pour pimenter la chose.
Il grogna et me griffa les bras je lui donnais de violents coup de pieds.
Il s’allongea sur mon corps frêle. Là, je ne pu rien faire, je fus prise au piège.
Un râle émana de sa george.
Il approcha ses lèvres de mon cou et ses dents s'enfoncèrent dans une douleur lancinante.
Et c’est à cet instant que je vécu ma mort comme le plus sensuel et vivant des instants de ma triste vie.
13:11 Publié dans Ombres & Lumières, Nouvelles à lire... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note



Commentaires
Mouahahahaha *fière*
Yé souis diabolique!
Merci de l'avoir rendu touuuut-beau touuuuut-bien !
Il est bien mieux comme ça ^_^
Bravo à toi ô cher Ali Baba.
Bisouuus
Ecrit par : Marie | 10.06.2008
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