« 2008-04 | Page d'accueil
| 2008-06 »
28.05.2008
Blaise
Maudit sois-tu, Temps.
Je vais survivre avec tout le travail que j’ai, et mes albums de Noir Désir.
Maudit sois-tu, Temps. Tu as fait s’écouler trop rapidement une journée comme celle-ci. Car ou, aujourd’hui, petite fondue au chocolat avec des gens que je ne hais point. (Vous noterez l’euphémisme référence). Eh puis bon, Dieu, la prochaine fois, je t’en prie, ne noie pas mes morceau de pommes et de bananes dans la fondue… Hum hum…
Enfin bref, un bon après-midi. Où l’imagination était omniprésente et où le JdR était sujet de discussion.
Tiens, en parlant de JdR, je projette d’organiser une murder-party après les examens. Histoire de s’amuser un peu. Enfin, ça dépend aussi si je trouve le moyen de partir en Bretagne. S’agit pas d’rater l’avion la première fois que je pourrais aussi.
Un truc qui va sûrement me frapper, c’est le regard du peuple de la zoreillie une fois que j’y serais, et lorsque je parlerais de mon bon caldôche de naissance. Parce que bon, soit c’est distingué, soit c’est local. Pas de médiumnité.
Bon, j’ai écrit ça à la va-vite, un air de Noir Désir dans la tête. Je ne sais pas trop ce que ça donne, d’autant plus que je ne l’ai absolument pas retravaillé. Je le dédie à Bracken, rien que pour me faire haïr. ,D (Moi aussi je t’aime ma grande.)
Elles sont comme les lettres
D’un cahier à la volée
Eh moi je n’en suis qu’un autre
Une page pas mieux que les autres
Elles se ressemblent et elles s’achèvent
Sont comme la coulée de la sève
Je n’en peux plus je suis à bout
Maintenant c’est fini je suis absous.
Elles volent légère les hirondelles
Loin de la pagaille de nos cervelles
Effleure-moi encore une fois
Lancinant et purs, tes doigts
Sont comme la braise
Sur du coton à ma joue
Je m’appelle Blaise et je suis fou
Je ne veux plus de cette absence
De ce manque de ces violences ;
Alors prends-moi encore une fois
Par les hanches ou par la main
Dansons encore une dernière fois
Avant que ton souvenir
S’efface
S’efface de nos pensées
Coquilles vides
Coquillages de mer
Goût amer dans ma bouche
Ou sur mes lèvres le manque
De te croiser de te voir
Mon voile noire
Masquant les Cieux
De tout ça ne règne
Que les Adieux
On en est bien malheureux
Par-dessus la ville
Et la folie de ces îles
Je t’emmènerai au dessus des vents
Parler à Dieu comme d’antan
Alors viens accorde-moi ta main
Sous une arche nous marierons
Nos croyances à notre sang
Morbide et blanche sera l’alliance
Notre symbole de l’espérance
Et puis enfin on sourira
A la mort comme à une amie
Elle viendra sonner trois gonds
Et en silence… nous dormirons…
14:28 Publié dans Lyrisme des saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blaise
27.05.2008
Extrait Divine Comédie (Dante)
La fatigue est mon dû pour m’être couché à trois heures du matin. Cinq heures de sommeil, ce n’est pas cher payé pour de longues heures de discussions en inepties de toutes sortes avec Miranda.
Les révisions continuent et à chaque jour qui passe, la terminaison de mon livre, le bac, et les rencontres tant attendues se rapprochent.
Je vais annihiler la planète. Je n’ai plus de piles, ni de chocolat.
Avouons que cela n’est pas nécessaire à ma survie…
« Quand j'étais au milieu du cours de notre vie
je me vis entouré d'une sombre forêt
après avoir perdu le chemin le plus droit.
Ah ! qu'elle est difficile à peindre avec des mots,
cette forêt sauvage, impénétrable et drue
dont le seul souvenir renouvelle ma peur !
À peine si la mort me semble plus amère.
Mais, pour traiter du bien qui m'y fut découvert,
il me faut raconter les choses que j'ai vues.
Je ne sais plus comment je m'y suis engagé,
car j'étais engourdi par un pesant sommeil,
lorsque je m'écartai du sentier véritable. »
Dante. Divine Comédie, L’enfer : extrait du Chant 1.
Vivre est mensonge. Survivre est notre réalité.
05:18 Publié dans L'art d'exercer l'art comme un fantôme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : divine comédie, dante
26.05.2008
En attendant la suite...
Note brouillon. Alors pourquoi l’écrire ? J’en sais rien.
J’ai du mal à écrire en ce moment d’ailleurs. Frustrant. Surtout que j’ai enfin le temps de prendre quelques heures tous les jours pour terminer mon livre. Il le faut, si je veux atteindre la Bretagne et voir Miranda. Bon Dieu vivement Décembre…
Les révisions fusent et le concert approche. En attendant, j’ai retrouvé un petit quelque chose parmi feuilles et classeurs.
« Il y avait ces pluies diluviennes
Par delà mes persiennes,
Un souffle glacé venait
De tes lèvres ensorcelées ;
Ma nuque criait au vent :
« Nous sommes seuls, à présent ».
Il fut un temps où notre amour
Brisait le silence qui nous hantait chaque jour ;
D’un regard perçant
Sombrait l’instant,
Noyant le présent,
Jusqu’à ce qu’on redoute
Le silence amer,
L’habitude nécessaire,
De ce que l’on craint,
De tout ce qui se crie,
De tout ce qui a une fin. »
08:58 Publié dans Lyrisme des saisons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.05.2008
Bonheur déjeuner
Je suis revenu vers midi de la soirée. Huit potes. Boissons. Pizza. Musique. Que du bonheur. Et on a rit, effacé nos soucis, encore et encore, au fond d’un verre ou dans une part de pizza. Puis on a joué aussi, au 15, pas évident pour tout le monde, le 15. Mais bon, bien de l’amusement en tout cas. Et c’est lors de cette soirée que deux phrases ont atteints le statut de « culte » dans notre cercle. La première étant : « J’t’encule c’est plus sportif » (pardonnez la familiarité de ce langage) et la deuxième, pire : « J’te prend, j’te baise, j’te retourne et j’t’encule » (veuillez, encore une fois, pardonnez la familiarité présente, nous allons nous assurer que le propriétaire de cette phrase recevra une sentence de cinq coups de fouets).
Quoi de mieux qu’un petit déjeuner entre amis, près d’une piscine, et du café qui coule à flots ? Parfait. C’a le don de vous donner une humeur joviale et à aimer plus que d’ordinaire.
Surtout avec deux grosses tasses de cafés, des saos, et des conneries à dire.
A part ça, les vacances commencent. Ce qui est signe d’une petite période de révisions régulières histoire de monter un peu le niveau et de montrer que l’on peut trouver la motivation lorsqu’on nous laisse tranquille.
Lui a recommencé à me parler. Deux fois dans la même journée. Et, de plus, je crois que Lui est celui qui me dicte quoi écrire, et que nombre de phrases rédigées sous ma main sont de Lui, au lieu de moi. Surtout la phrase « J’appréhende vraiment l’instant où je pourrais enfin quitter ce monde. » Sachez que je ne prête aucune attention au suicide, que je suis contre ça (enfin, sauf dans Sunshine) et que même si je suis curieux de connaître l’autre côté, il serait stupide de s’y laisser aller.
Autre chose de troublant que j’ai retrouvé tout à l’heure en fouillant de vieux documents, trouvant de vieilles histoires, des bribes d’écritures, de poésie, ou d’histoires… J’ai trouvé la phrase : « Je hais l’humanité, ce qui me rend plus altruiste. » Or, je ne comprends pas cette phrase, je ne sais pas dans quelles conditions je l’ai écrite, ni quelles étaient les circonstances. C’est assez étrange, je crois que Lui essaye de me dire quelque chose, mais je suis comme dans une sphère noire à la recherche d’un brin de lumière.
Entre la Haine et l’Amour, il y a plutôt un gouffre.
08:18 Publié dans Ambiance Entracte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.05.2008
Sans projets, pas d'ambition.
Il faut dire que prendre en décision le prochain projet littéraire à monter, ce n’est pas quelque chose de léger ! J’ai ainsi donc décidé de me mettre, enfin, à réfléchir sérieusement à l’écriture de la pièce de théâtre que je projette de faire depuis… Bien longtemps déjà. Quant au sujet… Ah ah ! Ca, c’est ce dont nous discuterons, elle et moi. Oui, car j’ai récemment fait la connaissance d’une charmante parisienne passionnée de théâtre. Je crois que ce fut l’élément déclencheur de ma motivation pour l’écrire. D’ailleurs, je l’appellerais Mademoiselle R.
Un jour.
Donc, Mademoiselle R. et moi-même, à l’écriture d’un projet ambitieux et imaginatif… Pas mal. Voyons voir ce que ça donne…
Parlons un peu d’elle. Je crois que cette rencontre virtuelle fut une excellente chose. Le courant passe bien, et on multiplie les inepties… Ca, c’est parfait. Je suis certain que de grandes choses pourront se faire. Ensemble.
15:02 Publié dans Ambiance Entracte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.05.2008
Dans la lumière ou les ténèbres... L'art subsitera toujours...
Ce monde me saoule. Les gens me saoulent. Même les ceux que je vois tous les jours me saoulent. Et vous savez ce qu’il faut faire dans ce genre de cas ? On accepte sa réalité, on accepte ce monde, on accepte les aléas de la vie comme des fatalités exposées par le Gothisme. On accepte toutes ces putains de choses, et, finalement, ça rend la vie plus agréable (quand l’acceptation est notre dû.)
Récemment, il m’ait été donné de voir le remake d’Hitcher. Remake fort bien mené, d’ailleurs ; il s’agit du second remake que je trouve excellent. On ne nous a pas servis un truc à la sauce Les oiseaux, dont le remaniement du film ais-je trouvé était… Beaucoup, beaucoup moins bien que l’original. Mais Hitcher, lui, a réussi à trouver un descendant noble. Les acteurs jouent bien, le scénario est prenant, et l’action bel et bien présente tout du long. Nous n’avons pas droit à des conneries de films d’horreurs avec des gens qui arrivent à en sauver d’autres à la toute fin, alors que ceux-ci étaient destinés à crever. La fin non-blackout bien lourde... Cette fin-ci reste correcte, réaliste et, à mon goût, crédible.
Tiens, parlons-en de la crédibilité. S’il y en a bien un qui en est totalement dénué, c’est bien Jumper ! Le cinéma est tombé bien bas pour voir sortir dans ses salles une bouse pareille. Un navet marqué 2008. Il ne mérite même pas que j’en fasse une critique tiens.
Je parlerais plutôt du film dont Dieu* tarissait d’éloges à son propos. Sunshine. Mouais. Double-clique sur le fichier vidéo. Une heure quarante plus tard je clique sur la petite croix blanche en haut à droite du lecteur. Waw. Je ne pensais pas dire ça un jour, mais je crois que c’est la première fois qu’un film me plaît autant que Evil Dead II (mon film référence). J’en suis même jaloux tiens, dire qu’il y a des gens pour écrire des scénarios comme ça. A mon goût, ce film frôle une perfection bien rare et très recherchée. Pourquoi n’y en a-t-il pas plus ? Plutôt que de tourner des navets, on devrait laisser Danny Boyle (Sunshine, 28 jours plus tard) aux commandes nous servir d’autres merveilles de ce genre. J’espère fort qu’un jour viendra où je serais capable d’écrire des scénarios comme tels…
Quelque chose qui m’a énormément plu dans Sunshine est sans doute la morale fort gothique : Nous ne sommes que des poussières d’étoiles, nous allons tous mourir un jour, tout est vain, tout ce que nous accomplissons ou désirons accomplir. Vanité, vanité, tout est vanité. D’autant plus qu’au moins, dans ce film, ils ne font pas comme d’autres à mettre en balance la vie de quelques hommes et celles de l’humanité. On emmerde les gens, et on sauve le monde, c’est tout. Que ces cons aillent au Diable, tant pis pour eux, chacun sa merde, qu’ils agissent pour le bien de tous et qu’ils sauvent l’humanité. Qu’est-ce qu’on s’en fout que trois gars quittent ce monde, si c’est pour en sauver six milliards de plus. Et puis bon, ils seront un peu comme des héros dans la mémoire des gens.
Car il ne restera que ça de notre vie. Des souvenirs. On ne mourra véritablement une fois que toute trace de notre existence aura disparu. Autrement, nous continuerons à vivre dans la mémoire des gens, par leurs souvenirs et la grâce de leurs prières.
Pour un peu qu’ils se mettent à prier, pauvres âmes damnées.
Bon, ma connexion adsl fonctionne fort mal. Pas de discussion avec la métropole ce soir. Malheur. Frustration. Je l’attendais avec impatience moi ce soir… Faut dire que si je passais moins de samedi soir à voir des films, il serait probable que je n’aurais pas été dans cette situation. Je vais aller ruminer dans mes écrits tiens.
* : Seuls quelques personnes comprendront. ,)
08:13 Publié dans Rise of the Geek | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sunshine, jumper, evil dead ii, danny boyle
16.05.2008
Prospérité dérisoire et concert en attente.
Deux grandes nouvelles. La première est qu’un ami professeur en lycée professionnel m’a obtenue un rendez-vous avec une inspectrice littéraire. Rendez-vous qui devrait avoir lieu dans trois semaines ou plus. Rendez-vous qui devrait aussi me permettre un aiguillage vers l’édition de mon roman… Grandiose. Mais à bonheur de chance, contrecoup souffrance : si je veux finaliser mon livre avant ledit rendez-vous, je dois travailler approximativement six pages par jour, tous les jours pendant trois semaines. Wah. Quantité colossale de travail mais… Pas impossible.
Deuxième nouvelle : Nous ne sommes plus qu’à quatorze jour du concert de O.d.D. (à qui j’envoie tous mes encouragements) et de Trias. Concert que je partagerais, je l’espère, avec de très bons ami(e)s (Clo ? Keanjyto ? Sophie ? Christ ? …). Yahoo, depuis le temps que j’attendais cet évènement…
Ensuite, petite balade nocturne, à la recherche d’un endroit où profiter de la brise glacée. Ou bien nous prendrons la route (à pied naturellement) pour rentrer.
Vivement, vivement.
Je précise que mes deux meilleurs compagnons partiront en voyage en Australie la veille du concert…. Ah, que de jours sans eux passés…
« Les êtres humains sont intéressant. Dans un monde peuplé de merveilles, ils ont réussis à créer l’ennui. » La Mort. ( "Les Contes du Disque-Monde" (téléfilms adaptés des romans de Terry Pratchett))
14:03 Publié dans Ambiance Entracte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : o.d.d., trias, terry pratchett
13.05.2008
Parfum Gothique (Partie première)
Note de l'auteur :
Voici la suite de l'histoire. J'ai décidé que cela sera un ROMAN, donc quelque chose de plus de 25 pages au moins. ,D Maintenant, si je posterais tout sur ce blog ou pas est une autre question... Si je trouve un éditeur qui accepte l'oeuvre, ce sera bon. ,) (Enfin ! Je parle comme si j'avais finit alors que je n'ai fait que quatre pages pour l'instant... Persévérance est mot d'ordre !)
- 1 -
Le lendemain matin, alors que le soleil venait de se lever, que les volets s’ouvraient, que les persiennes faisaient de même et que la ville, petit à petit, s’éveillait de sa léthargie nocturne, un petit attroupement de costumes bleus et de gens pressés et excités montraient la capacité d’un être humain à savoir mieux s’intéresser à un cadavre qu’à un vivant. Car ce que tout le monde contemplait là, le corps de jack noir de sang, provoquait, chez eux, non pas de la pitié, mais de la peur et pour d’autres, l’ignorance absolue.
- Mais Grand Dieu, que se passe t-il ici ? pesta Monsieur Holson, professeur d’art dramatique dans un théâtre tout proche du lieu du crime.
Un agent de police fit reculer la foule en criant de grands « Circulez, il n’y a plus rien à voir » et en installant – bien en retard, précisons-le – les cordons de sécurité.
Et l’inévitable se produisit.
Le cops avait été découvert il y a de cela un quart d’heure par un homme du voisinage partit pratiquer son jogging matinal, aux alentours de six heures. Et à l’heure qu’il était, on pouvait entendre les monologues de journalistes assoiffés de reportages, en quête d’informations, plus, encore et encore. Et le meurtre de Jack était un autre moyen pour eux de gagner de l’argent, car en ce monde, même les cadavres coûtaient et rapportaient.
La flicaille repoussait tout le monde, les experts prenaient quelques clichés par-ci par là, d’autres inspectaient la rue à la recherche d’indices, et d’autres s’occupaient à faire foutre le camp aux journalistes trop curieux, et à leurs préjugés stupides.
Melvin, qui avait un genou à terre, s’empressa de se relever. Son regard inquisiteur scruta la foule à la recherche de – lui-même n’en savait rien.
Un tueur revient toujours sur les lieux de son crime.
Ou pas.
Et l’inspecteur Melvin brûlait d’arrêter le coupable.
- C’est la troisième victime je crois, n’est-ce pas ?
- Exact, lui affirma un des experts.
- Je sais bien, je disais ça pour la forme, répondit-il, amusé et blasé à la fois. Bon, il est clair que notre homme ne tue pas n’importe qui. On dirait qu’on a affaire à un fanatique…
- Un fanatique, bien trouvé inspecteur, dit le même expert. Et visiblement, ce sont les gothiques qu’il chasse…
- Qu’il chasse ? Vous appelez ça une chasse ? Il a assassiné un homme soul qui ne savait même plus marcher correctement, je ne vois pas où est l’honneur là dedans. Et la prochaine fois que je vous entends prononcer le terme « gothique » en parlant de ces victimes, je m’arrangerais pour que vous obteniez une suspension, le temps de vous documentez sur ce qu’est le gothisme !
L’agent déglutit péniblement, ramassa quelques affaires, et entreprit de couvrir le cadavre de Jack d’un drap blanc.
En dépit de ses allures d’inspecteur, Melvin avait une barbe de trois jours, puait l’alcool, et souffrait de tabagisme maladif. Mais il aurait été stupide de le juger sur cela, alors qu’il était des plus compétents.
Et principalement pour cette affaire.
L’appellation que les agents sous son service devaient utiliser était « Individu vêtu de noir », et surtout pas « gothique ». A maintes reprises il s’était efforcé d’expliquer avec calme que les gothiques étaient ceux qui adhéraient à la philosophie du gothisme, et que ces personnes ne s’habillaient pas forcément de noir. Au vu qu’interroger un cadavre relevait de l’impossible, on ne savait rien des croyances et de la philosophie de ces défunts. Le terme « gothique » était donc fort inapproprié.
Le cadavre de Jack fut placé sur brancard, et transporter dans le fourgon de police. En route pour l’autopsie…
Les deux premières victimes avaient subis exactement le même sort que ce pauvre Jack. Par une nuit bien noire, Todd était allé quérir une autre victime. Il était tombé sur un jeune homme d’une vingtaine d’années, qui correspondait à la dénomination « gothique ». Le pauvre n’avait pas eu le temps de comprendre ce qui se passait : en deux temps trois mouvement, le voila saigné à blanc, de l’eau bénite sur le visage.
Il avait fait de même quelques jours après pour quelqu’un d’autre, une prostituée de vingt-neuf ans.
Et hier soir, c’était Jack qui avait souffert – qui était mort de sa main.
Et Todd était très fier de l’« œuvre divine » qu’il commençait à réaliser.
Tobias Holson marchait tranquillement le long de la rue, sans trop s’inquiéter des récents évènements. Il n’était pas stupide, il savait que le tueur en série qui courait ne prenait pour victimes que ces personnes là. Et lui n’en faisait pas partie.
Il ouvrit la porte de la salle de théâtre pour découvrir ses quelques élèves. Quatre, pour être précis.
Le professeur déposa ses effets sur une chaise, se dévêtit de son manteau gris, et jeta un regard las sur ses quatre compagnons.
- Eh bien, vous voila bien matinal aujourd’hui… Voyons... (Il se mit à désigner du doigt, un par un, chaque élève) John est là, Lucie aussi, Estelle et François. Parfait. Mesdemoiselles et Messieurs, bien le bonjour.
Ils saluèrent Tobias à l’unisson.
- Qu’est-ce qu’on va faire aujourd’hui ? demanda François en étouffant un bâillement témoignant de son enthousiasme débordant.
- J’ai une petite surprise pour vous : une nouvelle pièce de théâtre, ça vous dit ? répondit-il d’un sourire enjoliveur de présentateur télé.
- Bah, ça dépend… De quoi ça parle ? fit Lucie, soudainement intéressée.
- D’une histoire d’amour entre…
- Ah non ! coupa John. Le coup de l’histoire d’amour à l’eau de rose avec des ados attardés, vous nous l’avez déjà fait ! Et ce ne fut PAS concluant du tout !
- Voyons mon petit John, j’avoue que je vous ait déçu sur ça, mais là, je tiens quelque chose qui peut vous plaire… Un mélange de comique et de tragédie, une histoire d’amour entre une jeune fille catholique qui a juré de ne jamais succomber dans les méfaits du péché, de deux courtisans qui se battent pour elle, et d’une autre jeune fille, jalouse de la première…
- Dis donc, on dirait que vous avez dégoté ça rien que pour nous ? Vous l’avez fait exprès ? continua le jeune homme.
- Bien sûr, qu’est-ce que je ne ferais pas pour mes élèves favoris !
- Et qui est l’auteur ? demanda Estelle, perplexe.
- Moi-même.
- Vous ? s’étonnèrent les quatre adolescents.
- Moi. Et si nous réussissons à monter cette pièce, nous gagnerons de quoi rénover la salle. Il est même possible que ce projet devienne lucratif pour vous…
Les yeux de ses quatre interlocuteurs avaient changés. Evidemment, dès que l’on parlait d’argent, tout le monde était d’accord.
- Eh bien moi, je marche à fond dedans M’sieur, fit François, un sourire en coin.
- Moi aussi ! éructa Lucie.
- Moi seulement si je peut jouer la jalouse chiante, reprit Estelle.
- Bon eh bien, un pour tous et tous pour un, marmonna John.
- Bien, je savais que vous direz ça ! Voici vos textes (il saisit quelques pages posées sur un siège et les tendit aux élèves), mais avant de commencer, je voudrais que l’on parle de quelque chose de plus important… Cette pièce est écrite sur un fond de religion. Cela ne devrait pas vous poser de problèmes, et sachez qu’il y a absence de critiques ou de remarques négatives à propos du Catholicisme. Je ne voudrais pas m’attirer des ennuis avec la paroisse toute proche ! A vrai dire, cela constituera un petit éloge des vertus, et un blâme des péchés… Et, pour sortir du sujet, avez-vous eut vent de ce qui se passe en ville récemment ?
- Vous voulez parler de ce connard qui tue ceux vêtus de noirs ? répondit François, le plus au courant de l’information et le plus intellect de tous.
- Oui, voila… A votre avis, pourquoi fait-il cela ?
- Hum… Parce qu’il est con et qu’il ne se donne pas la peine d’éprouver de la compréhension pour ces gens ? proposa Lucie, jeune, vive, sainte d’esprit, pleine de joie de vivre et innocente comme la rosée qui s’écoule le long d’un pétale de rose.
- Avant de dire de telles choses Lucie, t’es tu donnée la peine de comprendre ce que pensait le tueur, lui ?
- Euh…
- Voila. Ce que je veux vous faire comprendre, c’est qu’avant de juger les gens pour ce qu’ils font, essayer de comprendre pourquoi ils les font. Et vous verrez que vos jugements s’en trouveront bien vite changés. Maintenant, clôturons cette parenthèse… John, à toi l’honneur, nous allons faire une ronde, commence à lire ton texte et tes partenaires suivront, j’interviendrais lorsqu’il le faudra.
- D’accord. (Il prit de l’inspiration et commença la lecture, lentement, d’un air sain et dégagé : ) « Mélancolie divine », par Tobias Holson…
13:47 Publié dans Parfum Gothique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parfum gothique
10.05.2008
Parfum Gothique (Prologue)
Il était bien connu que trois heures du matin n’était point une heure pour rentrer chez soi. Aussi, Jack – qui venait d’ingurgiter près de quatre virgule trente-sept litres de bière – prenait peine à mettre un pied devant l’autre. Les ombres qui se présentaient à ses yeux – lorsque ceux-ci étaient ouverts - lui apparaissaient comme des monstres difformes qui n’avaient de but que la transformation de Jack en un frugal dîner à croque-mitaine.
Celui-ci ignorait à quel point ces ombres avaient raison.
Quelques – lamentables – pas plus tard, la silhouette d’une personne de très grande taille se dressait devant lui. Par la lumière diffuse du lampadaire, on ne distinguait, dans la rue, qu’une poubelle, deux chats, Jack… Et lui.
Lui.
Lui, c’était Todd.
Todd était insomniaque depuis près de deux semaines. Il ne dormait que par intervalles de temps irréguliers la journée durant.
Todd était vêtu assez légèrement pour une aussi fraîche nuit. Jack, lui, portait un épais manteau.
L’homme ivre continua à marcher, un pas par-ci, un pas par-là, ne jetant point un regard à l’autre homme qui le fixait intensément de yeux rougis par la haine et le désir morbide.
Todd s’approcha de lui.
A peine eut-il touché l’épaule de Jack que celui-ci se retourna violemment, manqua tomber à la renverse, et tenta de faire face à l’autre. Il avait toutes les peines du monde à tenir debout.
- Tu es lamentable… chuchota Todd, d’une voix métallique.
Jack marmonna quelques mots incompréhensibles. Ses paupières se refermaient contre sa volonté.
Dans son état, il lui aurait été impossible de faire quoi que ce soit. Et ce n’est pas la technique de l’homme saoul du kung-fu qui l’aurait sauvé.
Il ne vit pas la lame blanche contrastant avec la nuit noire comme de l’encre saisit par Todd.
Il ne vit pas ladite lame s’approcher de lui.
Il ne vit pas le rictus mauvais et pourtant délicat de Todd.
Il ne vit pas non plus où la lame allait frapper, et il ne prit pas conscience de la situation dans laquelle il se trouvait.
Par contre, il sentit la lame lui traverser le corps et atteindre le cœur. Comme si une main glacée venait de pénétrer en lui, il crût, l’espace d’une seconde, être redevenu sobre.
La seconde suivante, il s’écroula à terre, sans vie, le visage déformé par l’horreur.
Le tueur rangea sa lame dans la poche intérieure de sa veste puis se saisit d’un flacon d’eau bénite. Il en aspergea quelques gouttes sur le front de l’homme mort, avant de remettre en place son bien.
Todd, satisfait, longea la rue par laquelle il était venu, et rentra chez lui.
Il fallait préciser que Jack portait des vêtements noirs ornés d’un rouge sang très vif.
Il fallait aussi préciser que Jack portait un pentacle autour du cou, et avait les cheveux longs qui cascadaient sur ses épaules.
Et, une dernière fois, il fallait préciser que Jack était ce que l’opinion commune désignait par le terme inapproprié de « Gothique ». Et quand bien même Jack était loin d’être gothique – n’adhérant point à la philosophie du gothisme – il subissait ce que Todd s’était promis de faire.
Précisons que Todd était un fanatique religieux. De sa propre religion. Seule sa conception de Dieu comptait.
Aussi, il haïssait tout ce qui touchait au Diable, et, par là-même, à Satan.
Et son inculture et l’influence que la société avait portée sur lui firent naître sa haine pour les « gothiques ». « Gothiques » qui n’étaient rien d’autre que de pauvres personnes s’habillant d’un genre différent de la « normale ». Mais puisque l’opinion commune les désignaient de ce terme, les préjugés y allait bon fort.
Jack n’était pas un adorateur de Satan.
Le pentacle que Jack portait autour du cou était le symbole de la féminité et de la fertilité. Qui plus est, ce pendentif lui avait été offert par sa mère pour ses quinze ans.
Jack s’habillait en noir bordé d’un peu de rouge car il se trouvait fort élégant ainsi vêtu.
Et pourtant, ces petites choses qui devraient être insignifiantes avaient fait naître les préjugés qui ont conduis à sa mort.
15:37 Publié dans Parfum Gothique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : parfum gothique, jack
Parfum Gothique : présentation
« Parfum Gothique » est le titre de la nouvelle série que je suis actuellement en train de créer. Je posterais chaque nouveau chapitre après écriture, l’un après l’autre.
« Parfum Gothique » parle de la non-acceptation des différences et de l’omniprésence des préjugés dans la société actuelle en prenant un sujet bien précis : les gothiques.
Qu’est-ce qu’un gothique ? Un gothique est avant tout une personne adhérant à la philosophie dite du gothisme. Ce n’est en aucun cas quelqu’un qui s’habille de vêtements sombres, qui a les cheveux longs et qui vénère Satan. Je suis moi-même gothique, et je m’habille chemise-jean-cravatte. Voyez la différence…
En outre, il demeure courant – et ridicule – le fait de montrer du doigt les personnes désignées par le terme de gothique. J’ai alors décidé d’utiliser cet thème pour cette histoire satirique intitulée « Parfum Gothique ».
Bonne lecture.
15:02 Publié dans Parfum Gothique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : parfum gothique


