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18.04.2008

Biographie : John George Haigh

 

John George Haigh
Biographie d’un tueur en série britannique


Enfance

JOHN GEORGE HAIGH fut mis au monde le 24 juillet 1909. Peu d’informations
Concernant son éducation ou le milieu social nous somme encore parvenus. Mais nous pouvons supposer qu’il n’était pas issu d’un milieu très aisé, mais plutôt d’une famille de modestes bourgeois.
Tout commença un jour de 1919, il avait donc 10 ans. John, qui utilisait une broche métallique, se blessa un doigt. Il porta machinalement son membre blessé à sa bouche. L’effet fut immédiat : John George Haigh ressenti, pour la première fois, l’étrange goût du sang. Goût qu’il désirera, malheureusement, retrouver plus tard.
C’est à compter de ce fait que sa passion pour le sang l’envahi. La nuit, il fut la proie à d’horribles cauchemars où il titubait dans une forêt de crucifix. Du sang. Tout autour de lui était recouvert de sang. Une coupe à la main, il tentait de s’en emparer afin de s’en délecter mais ne parvenait jamais. C’est alors qu’il se réveillait, la gorge enflammée, et afin d’apaiser sa douleur, devait rapidement trouver… Une victime.
Cette origine de cette passion et du goût pour le sang fut découverte grâce aux mémoires rédigé en prison par John.

Modus Operandi

Le but de Haigh était d’apaiser sa soif. Pour cela, il devait donc trouver quelqu’un qui lui fournirait le précieux liquide.
Toutes les victimes de Haigh étaient de proches ami(e)s ou diverses connaissances. Il les mettait en confiance et les emmenait sur le lieu où John pourrait amener à bien son maléfique dessein. Il commençait par leurs donnés à boire, en ayant au préalable, versé un puissant narcotique, une substance agissant sur le système nerveux, provoquant chez celui qui en absorbe, des troubles du comportement. Rappelons que la narcose provoque, entre autres, une euphorie, un retournement sur soi, des discours intérieur sur l’individu, des troubles de la vision (où le consommateur est sujet à l’ « effet tunnel », où il voit des choses au loin), la disparition de la notion de durée, une sensation de solitude, des retards de réaction ou de signes répétitifs. Ainsi, la victime n’est plus en état de se sauver, se défendre, et comprend tardivement qu’il est entre les mains d’un machiavélique tueur en série.


Cette étape est la première du modus operandi de Haigh : attirer la victime chez lui, dans sa « boutique », et le drogué.
L’étape suivante consiste en la mort de la victime. Selon diverses sources, John George Haigh procédait de deux façons possibles :
- Soit, pendant que la victime était drogué, il l'égorgait. Propre et net, aucune difficulté.
- Mais il avait aussi un revolver sur lui, un Webley de calibre .38, qu’il gardait caché et utilisait au moment où besoin est.
Dans les deux cas, John cherché à ne faire aucun effort de sa part dans la mort de sa victime. C’est ce qui le différencie de nombre de tueurs en série qui préfèrent entretenir une « relation intime» entre le tueur et sa victime, en lui ôtant le vie souvent de ses propres mains.
Cela permets de mieux sentir cet être en sa possession, de la savoir rien qu’à lui, et d’en faire ce qu’il veut (rappelons que Ted Bundy, un des plus éminents tueurs en série des USA, parlait de posséder ses victimes comme « posséder une voiture »).


Après avoir tué la pauvre personne, John buvait le sang de sa victime. Pour ce faire, il utilisait un moyen des plus... incongrus. Il plantait une paille dans la veine jugulaire de sa victime et buvait son sang. Boire, se délecter du sang de sa victime lui permettait d’apaiser sa soif, dont il devait souffrir quotidiennement.

L’abreuvement du sang du mort est-il un acte qu’on peut qualifier de cannibalisme ? Ou plutôt, de nécrophagie ? Il est à noter que le terme « nécrophagie » désigne les êtres mangeant les cadavres d’autres espèces. Dans le cas de John George Haigh, on peut parler, bien que ce terme semble inapproprié de cannibalisme animal. Mais le cannibalisme consiste à manger le cadavre, or ici, le corps n’a rien, juste le liquide vital. On peut alors qualifier les actes de John comme du vampirisme. John était un vampire, dans une société moderne du XXe siècle. C’est ce qui lui valu d’être surnommé, « le vampire de Londres » en Angleterre. Surnom encore dans les mémoires...

La fin de l’acte de vampirisme marque également la fin de sa deuxième étape de son modus operandi.
La troisième, et dernière étape de ce vampire en série est la plus sophistiquée des tueurs de l’époque. Elle consiste à faire disparaître le corps de la victime dans un bain d’acide, afin d’éliminer toute trace de son acte. Seulement, John pensait que le cadavre, s’il faisait un séjour dans les cuves d’acides industriels, ne laisserait plus aucune trace. Tout serait dissous, et il n’existerait plus rien de la victime. Cette ignorance, ou plutôt, cette arrogance de croire ça de sa part provoquera la découverte de dents, d’os, ou certains appareillages internes tels que les dentiers par les experts. Ce qui constituera les premiers indices matériels de l’enquête.
La disparition (incomplète) du corps marque la fin de la dernière étape de la façon de procéder du tueur.

Arrestation

La conviction erronée de John George Haigh, énoncée plus haut (de croire que tout entier le corps disparaissait lors de la dissolution de l’individu) marquera sa perte.
Le « Tueur au bain d’acide », autre surnom donné à cet individu au mode opératoire « délicat », aura vu, au cours d’une de ses lectures les mots latins « Corpus Delicti », qu’on peut traduire par « Corps du délit ». On ignore s’il lut ses mots alors qu’il avait déjà commencé à tué, mais le fait est que John George se prenait pour un juriste. Mais ne connaissant pas le latin, et encore moins le droit, il pensait que ces deux mots latins indiquaient tout simplement le « Corps » physique. Il en fit une déduction erronée : il pensait qu’il n’y avait délit que lorsqu’il y avait un corps, donc qu’il ne pouvait être accusé et jugé que s’il y avait découvert d’un corps tué par lui. Cette conviction le perdra.
En effet, alors que les policiers interrogèrent John pour le meurtre de Mme Durand-Deacon, et qu’il allait être placé en garde-à-vue, grâce aux éléments trouvé sur la scène de crimes (restes de la victime plus objets personnels de John), il avoua l’assassinat sur cette personne, et annonça triomphalement : « Comment pouvez-vous prouver qu'il y a eu meurtre, s'il n'y a pas de corps ? »
Mais John apprendra sur le coup que l’on peut condamner sur la base du moindre indice trouvé, révélant la grande possibilité qu’il soit coupable.


Il est donc arrêté grâce aux progrès de la médecine légale, spécialité de la médecine dont l’autopsie en est un support primordial. Le médecin légiste donne ses conclusions sur les causes de la mort, lors des décès suspects, et d’affaires criminelles. Ici, Haigh doit son arrestation à ce progrès de la médecine.


D’autres preuves furent amenées contre lui : la découverte d’objets appartenant aux victimes dans la résidence de John. C’est ainsi qu’il subvenait à ses besoins : il dépossédait les corps des objets de valeur sur eux tels que les bijoux, ou les montres. Ces effets furent davantage de preuves contre lui.


John affirma : « Je n'ai pas ressenti de remords après avoir tué, car je savais que j'obéissais à une force supérieure. ». On peut ainsi ce questionner : était-il, à l’inverse de Ted Bundy, être d’une grande intelligence, un déséquilibré ? Peut-être que John George Haigh était en proie à des hallucinations qui le poussaient à commettre ses actes de vampirisme ? Peut-être était-ce une voix intérieure ? Son inconscience ? Ça, personne ne pourra réellement diagnostiquer s’il avait un état mental différend des autres, ou était bien sain d’esprit. Serait-il possible qu’il désirait plaindre la folie, afin d’échapper à la pendaison ? Cela n’aura point marché, car John George Haigh fut pendu dans la cour de la prison de Wandsworth de Londres par le bourreau Albert Pierrepoint (qui officia 450 pendaisons). Pour John, c’était le dernier jour de sa sinistre vie. Pour nous, ce n’était que le 10 août 1949.
Encore maintenant, les mémoires ont en souvenir ce tueur en série, le Vampire de Londres, ou Tueur au bain d’acide qui avait terrorisé l’Angleterre.

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